Adsum Guerre de jungle :qualification de base réussie

21 novembre 2019 - Édouard Dufour, journal Adsum

Vingt-neuf membres du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada (5 GBMC) ont été déployés en Guyane française, du 2 au 27 octobre. Supervisés par les combattants élites de la Légion étrangère, les Canadiens ont fait honneur à leur régiment en obtenant leur qualification militaire de base «jungle».
Le groupe comptait 25 militaires de la compagnie B du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), qui est au centre du développement de la capacité jungle de la brigade. Deux membres du 5e Régiment du génie de combat et deux techniciens médicaux de la 5e Ambulance de campagne s’ajoutaient à ce nombre.
À leur arrivée, les militaires canadiens ont bénéficié de quelques jours pour s’adapter au climat tropical. Ils étaient hébergés à Kourou, une ville connue pour son site de lancement de fusées de l’agence spatiale européenne. Alors que les candidats s’acclimataient de leur mieux aux chaleurs écrasantes avoisinant les 36 degrés Celsius et à un taux d’humidité fluctuant entre 60 % et 70 %, les instructeurs français leur ont présenté l’équipement et les dangers relatifs à leur présence dans la jungle.
Membre de la compagnie B du 3 R22eR et adjoint de peloton pendant la formation, le sergent Raymond Demers témoigne des apprentissages des troupes canadiennes. «Nous avons découvert la topographie de ce milieu, les dangers qui s’y cachent et les manières de se déplacer efficacement dans cet environnement», explique-t-il. «Certaines plantes, lorsqu’elles sont attachées avec des lianes, peuvent flotter. On a donc fabriqué des radeaux [avec ces plantes] pouvant soutenir le poids d’une dizaine d’hommes», ajoute le Sgt Demers.
Munis de l’arme de service française, le Famas, et équipés d’un baril étanche, d’un hamac de filet et d’une machette bien aiguisée, les membres de la compagnie B ont été emmenés au cœur de la forêt amazonienne, au Centre d’entraînement en forêt équatoriale (CEFE). Les combattants de la Légion étrangère y forment annuellement plus de 1900 militaires provenant des pays alliés de la France. «Nous étions logés dans ce qui ressemblait à une ancienne prison. Nous dormions dans des alvéoles. C’était assez austère. Il y avait des crapauds et de la vermine là-dedans comme des scarabées rhinocéros», se remémore le Sgt Demers.
L’horaire de la formation a été planifié par l’adjudant Philipe Paquin-Bénard, membre de la compagnie B et instructeur qualifié en guerre de jungle, ainsi que par les membres du Centre de guerre avancée de l’armée canadienne, situé à Trenton, en Ontario. Des épreuves physiques exténuantes comme des montées de cordes verticales et des entraînements de natation étaient légion pendant la formation. Chaque test physique était entrecoupé d’un défi de course à pied mettant à l’épreuve l’endurance cardiovasculaire des participants.
La construction de bivouacs et de radeaux, ainsi que l’exécution d’insertions en pirogues figuraient aussi au programme. L’une des phases de la formation impliquait la traversée d’une large piste à obstacles. Celle-ci était conçue de telle manière que ses obstacles étaient à moitié immergés sous de l’eau boueuse. «Les participants ont tous bien performé sur cette épreuve, malgré le fait qu’un de nos membres s’est ouvert le tibia après avoir trébuché sur une racine. Le blessé a rapidement été recousu et il a été en mesure de poursuivre la formation», raconte le Sgt Demers.
Phase finale
C’est au cours de l’ultime défi de leur formation, une récapitulation globale sous forme de simulation, que les membres de la compagnie B ont puisé dans leurs dernières réserves d’énergie, tout en faisant preuve d’un indéniable esprit de corps. L’objectif des troupes était alors de prendre d’assaut une série de campements contrôlés par de frauduleux orpailleurs personnifiés par des membres de de l’Armée française et de la Légion étrangère du 3e Régiment étranger d’infanterie.
«Les attaques se sont bien déroulées, mais il était extrêmement difficile d’établir une communication radio en raison des montagnes et de l’épaisseur de la canopée végétale nous entourant. Nous avons dû hisser des antennes sur de longues branches pour rétablir notre contact», rapporte le Sgt Demers.
Plusieurs dignitaires, dont un général quatre étoiles français, sont venus assister à l’attaque d’un village par les militaires du 3 R22eR.
Après avoir mené à bien une dernière embuscade, les membres de la compagnie B ont été informés que leur meneur, le lieutenant Gregory Beaulieu, avait été grièvement blessé par l’ennemi (fictivement). Au pas de course, les candidats ont attaché le Lt Beaulieu sur un brancard improvisé afin de le ramener à la base principale du CEFE.
Ce dernier test marquait la fin de la formation pour les membres. Comme le veut la tradition, ils ont hissé le Lt Beaulieu à la verticale, toujours suspendu à un poteau, devant les drapeaux du CEFE

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Pour marquer la fin du cours, un blessé (fictif) évacué sur un brancard de fortune, est hissé à la verticale. (Photo Cplc PJ Létourneau, Caméra de combat des FAC)