ADSUM Une première femme sergent-major au 35 GBC

14 juillet 2021 - Yves Bélanger, journal Servir, région St-Jean/Montréal​        Consultez notre édition complète 
Quand elle s’est enrôlée à 17 ans au sein de la Réserve des communications, au 714e Escadron des communications à Sherbrooke, l’adjudant-chef Line Bachand était loin de penser qu’elle serait un jour sergent-major du 35e Groupe-brigade du Canada (35 GBC). C’est toutefois la position qu’elle occupe depuis le 12 juin.
L’Adjuc Bachand devient la première femme à occuper la position de sergent-major au 35 GBC. «Je suis extrêmement fière du chemin que j’ai accompli et de devenir la première femme au Québec à être nommée à ce poste.» Elle est contente d’ouvrir le chemin pour celles qui suivront ses traces.
Militaire et thanatologue
La militaire compte 36 ans de service au sein des Forces armées canadiennes. Elle ne s’attendait pas à cela lorsqu’elle s’est enrôlée en 1985. «Au départ, je me cherchais juste un emploi pour l’été. Toutefois, j’ai eu la piqûre pour la vie militaire et j’ai décidé de poursuivre.» 
Elle souhaitait devenir coroner. «Malheureusement, j’avais de bonnes notes, mais pas assez pour entreprendre des études en médecine.» Elle s’est alors orientée vers la thanatologie, cours qu’elle a terminé en 1989. «J’ai adoré ce métier que j’ai mené parallèlement à ma carrière militaire. Ce n’est que l’an dernier que j’ai pris ma retraite au civil.»
Au fil du temps, elle s’est fixé comme objectif de devenir sergent. «Lors de ma formation de qualification militaire de base, il y avait une femme sergent qui donnait les cours de drill. Je la trouvais impressionnante et je me suis alors dit qu’un jour, je deviendrais sergent.» Line Bachand est toutefois allée plus loin puisqu’en 1999, elle a obtenu le grade d’adjudant.
Deux ans auparavant, elle mettait au monde des jumelles, Sara-Maude et Jessica Martel. «Il est évident qu’à partir de ce moment, ma carrière militaire a été un peu plus au ralenti. Le père des enfants était militaire dans la Force régulière et il était souvent absent.» 
Un obstacle majeur
Il y a 20 ans, l’Adjuc Bachand apprend une terrible nouvelle : elle est atteinte d’un cancer du sein. «Ce fut un terrible moment. Mon cancer était fulgurant. J’ai été très malade et faible pendant plusieurs mois en raison des traitements.» 
Comme face à chaque obstacle de sa vie, elle n’a pas accepté de plier le genou. «J’ai décidé que cette maladie n’aurait pas le dessus sur moi.»
Un jour, elle reçoit un appel de ses supérieurs. Ils veulent qu’elle soit promue au grade d’adjudant-maître. «Je leur ai alors dit : “Donnez-moi six mois pour me remettre en forme.” Ils ont accepté.»
Le cancer est maintenant chose du passé pour elle. «Je n’ai jamais utilisé le mot rémission, car cela veut dire que le cancer peut revenir. J’ai préféré dire que j’étais guérie et depuis, ma santé est excellente.»
Des femmes inspirantes
L’Adjuc Bachand soutient qu’au cours de sa carrière, deux femmes militaires l’ont beaucoup inspirée, le brigadier-général (à la retraite) Josée Robidoux et le lieutenant-général Jennie Carignan. «Ce sont des femmes de carrière qui sont des modèles à suivre pour les nouvelles militaires.»
Elle se souvient de sa participation au jour du Souvenir à Sherbrooke en compagnie du Bgén Robidoux. «Nous avions débuté notre carrière ensemble et je lui ai dit : "Regarde où nous sommes rendues." Elle a alors réalisé tout le chemin que nous avions parcouru.»
Sergent-major du 35 GBC
Consciente du rôle qu’elle occupe, l’Adjuc Bachand souhaite être une bonne guide pour les sergents-majors des unités du 35 GBC. «Je vais dresser sous peu mes objectifs et en faire part aux troupes. Ce que je sais pour le moment, c’est que j’aimerais qu’on se souvienne de moi comme d’une militaire qui a fait une différence», conclut-elle.
 
PHOTO | L’adjudant-chef Line Bachand est devenue en juin la première femme à occuper la fonction de sergent-major du 35 GBC.
(Photo: Cplc A. Kanani, QG 35 GBC)