ADSUM Une route renommée en mémoire de Léo Major

12 mai 2021 - Édouard Dufour, journal Adsum        Consultez notre édition complète 
En avril, le gouvernement provincial a annoncé qu’un tronçon de la route 371, à Québec, changera bientôt de nom. La route «Léo-Major» rendra honneur au héros québécois du même nom qui s’est courageusement illustré lors de la Deuxième Guerre mondiale et au cours de la guerre de Corée. 

La Commission de toponymie officialisera le nom Route Léo-Major, le 11 novembre prochain, à l’occasion du jour du Souvenir. Cette route est d’une longueur d’environ 3,4 kilomètres et son débit journalier moyen est de 11 200 véhicules. Elle croise également la route de la Bravoure, une artère importante dont le nom rend hommage à l’engagement des militaires. 
Léo Major est un héros canadien de la Deuxième Guerre mondiale et de la guerre de Corée dont les faits d’armes sont prodigieux. Né en 1921 au sein d’une famille québécoise, il grandit dans un quartier dur de Montréal. En 1940, âgé de 19 ans, le jeune homme s’enrôle dans l’Armée canadienne et rejoint le Royal 22e Régiment, pour ensuite recevoir son entraînement militaire à la Base Valcartier. 
En 1941, alors que la Deuxième Guerre mondiale sévit en Europe, Léo Major rejoint le Régiment de la Chaudière, première unité canadienne déployée outre-mer. Le 6 juin 1944, il participe au débarquement de Normandie et contribue à la capture de Juno Beach aux côtés de ses camarades. 
Faits d’armes mémorables 
:C’est par une nuit de l’automne 1944 que Léo Major, alors soldat, commence à forger sa célèbre réputation. Pendant la bataille de l’Escaut, en Hollande, il est en mesure de capturer seul 93 soldats allemands à la pointe de sa mitraillette. 
Moins d’un an plus tard, en avril 1945, Léo Major et les troupes canadiennes arrivent près de Zwolle, en Hollande, une ville de 50 000 habitants sous le joug de l’occupation allemande. Alors qu’une attaque pour libérer la ville se prépare, Léo se porte volontaire pour une mission de reconnaissance nocturne. Seul et en à peine une nuit, il libère alors la population de Zwolle en faisant fuir les forces ennemies à l’aide d’un habile subterfuge laissant croire à une attaque canadienne d’envergure. 
Pour cet exploit, Léo Major a reçu la Médaille de conduite distinguée. Encore aujourd’hui, les habitants de Zwolle le considèrent comme un héros légendaire. Une avenue importante de la ville a même été renommée en son honneur : «Léo Major, premier libérateur canadien de Zwolle». 
Participation à la guerre de Corée 
Après la Deuxième Guerre mondiale, Léo Major quitte l’armée pour s’enrôler à nouveau en 1951. Il participe alors à la guerre de Corée. 
Une nuit, il parvient, avec un peloton de 18 hommes qu’il avait lui-même entraînés, à reprendre une colline qui venait d’être évacuée par des milliers d’Américains. Sous son leadership, le peloton aurait ensuite repoussé sept attaques des troupes chinoises en trois jours, entre autres grâce à une utilisation efficace des mortiers. Cet autre fait d’armes a valu à Léo Major une Médaille de conduite distinguée. 

Armée d’un seul homme 

Léo Major est l’un des trois soldats du Commonwealth et le seul Canadien à avoir reçu deux fois la Médaille du service distingué et le seul à l’avoir reçu dans deux guerres différentes. Il est aussi le seul soldat connu dans le monde à avoir libéré une ville en solo. Cet homme d’une bravoure exceptionnelle est décédé le 12 octobre 2008 à Longueuil, à l’âge de 87 ans. Sources : Commission de toponymie et archives du journal Adsum (jeudi 1er mai 2014). 



PHOTO | Léo Major, véritable monument de l’histoire militaire canadienne, aura bientôt une route à son nom. (Photo : Wikipédia)