ADSUM Aguerrissement des troupes par le froid

11 mars 2021 - Édouard Dufour, journal Adsum        | Consultez notre édition complète |
C’est dans le cadre de l’exercice GUERRIER NORDIQUE qu’une trentaine de membres du 34e et du 35e Groupes-brigades du Canada étaient réunis sur la surface gelée du lac Hayes, à la Base Valcartier, au début mars. Les courageux participants ont alors bravé la morsure de l’eau froide en s’y immergeant de la tête aux pieds.

Les membres des Forces armées canadiennes, plus particulièrement ceux qui sont déployés au sein du Groupe-compagnie d’intervention dans l’Arctique, doivent se préparer à toute éventualité. «L’activité d’aujourd’hui a comme objectif d’entraîner les gens pour qu’ils ressentent l’effet de tomber dans l’eau froide en hiver et qu’ils apprennent à s’en extraire sans aide et le plus rapidement possible», explique le major Simon Turmel, instructeur principal de la formation. 
Avant l’immersion, les participants ont écouté attentivement les consignes de sécurité et se sont fait expliquer les réactions possibles de leur corps au contact de l’eau glacée. Le Maj Turmel souligne qu’une personne plongée dans l’eau froide pour une durée prolongée traverse plusieurs phases pendant lesquelles sont état se dégrade. 
Si une personne est dans l’eau glacée pendant une minute ou moins, elle expérimentera un choc initial. Elle aura le souffle court, mais il n’y aura pas de danger imminent pour sa vie. Entre cinq et quinze minutes dans l’eau froide, elle perdra peu à peu sa capacité de raisonnement, la coordination de ses mouvements et l’usage de ses membres. Après trente minutes passées à se débattre dans l’eau glaciale, la victime commencera à souffrir d’hypothermie et pourrait perdre conscience. 
Selon le Maj Turmel, de récentes recherches ont démontré que les personnes en situation de détresse dans l’eau froide pendant une longue période de temps sont à risque de mourir d’un infarctus pendant leur sauvetage. «Le corps des victimes se met en mode survie. Lorsqu’elles ont la certitude que les secours arrivent, on observe une relaxation mentale. Les hormones du stress diminuent dans le corps et la pression sanguine baisse. C’est à ce moment précis que plusieurs personnes décèdent d’un arrêt cardiaque», indique-t-il.
Sécurité avant tout
Pendant l’exercice d’immersion en eau froide, chaque participant était assisté d’un collègue. Celui-ci était responsable de récupérer les effets personnels de ceux qui sautaient dans l’eau et de demeurer disponible pour les aider à enfiler en vitesse des vêtements chauds. En plus des habitacles fermés prévus pour que les militaires détrempés puissent se changer, une large tente chauffée a été montée à proximité du site de l’activité. 
Du personnel médical et une ambulance étaient aussi sur place. Tous les participants immergés étaient attachés à une corde par mesure de sécurité et portaient des gants afin d’éviter de se blesser les mains en s’agrippant aux rebords glacés du trou d’eau. 
Après avoir énuméré à haute voix les numéros de leur matricule, les militaires pouvaient s’extirper de l’eau. Ils devaient ensuite se rouler dans la neige. La capacité de la neige à absorber instantanément l’eau imbibée dans les vêtements contribue à accélérer leur séchage. 
Le Maj Turmel signale que les militaires qui doivent traverser un cours d’eau gelé peuvent utiliser un pic à glace et même des bâtons de ski de fond pour se sortir de l’eau froide en cas de chute. «L’important est de rester calme en tout temps», conseille-t-il.
Pour communiquer avec Édouard, lui envoyer un courriel à dufour.edouard@sbmfc.com.

PHOTO | «On m’avait prévenu que je risquais de perdre le souffle au contact de l’eau et c’est exactement ce qui est arrivé! Je me suis ensuite dépêché de me rendre à la tente où des vêtements chauds m’attendaient», a raconté le caporal Tobby Simard, un membre des Voltigeurs de Québec. (Photo : courtoisie)