ADSUM Quand une image vaut mille mots

20 janvier 2021 - Édouard Dufour, journal Adsum       | Consultez notre édition complète |
C’est après avoir participé à plusieurs missions outre-mer que le capitaine à la retraite Francis Bérubé a progressivement entrepris de souligner son parcours militaire en additionnant les tatouages sur son corps.
Le Capt (ret) Bérubé compte plus de 28 années de service au sein des Forces armées canadiennes. Ancien membre du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR), il a été déployé au Koweït, en Bosnie, en Croatie et à quatre reprises en Afghanistan.
«J’ai combiné sur mon épaule l’image de soldats fantômes aux paroles traduites en français de la chanson Confusion du groupe Metallica. Dans le vidéoclip de cette chanson, on présente l’histoire d’une militaire aux prises avec les souvenirs douloureux de sa dernière mission au front. En tant qu’ancien militaire, tout ça m’interpellait beaucoup!», explique le vétéran.
Selon le Capt (ret) Bérubé, le tatouage coloré de type «bio organique» qui recouvre sa poitrine, son bras et une partie de son omoplate peut être interprété comme une transcription des images et des mauvais souvenirs reliés à certaines absurdités de la guerre. «Je voulais que ce tatouage représente de manière abstraite l’incompréhension, l’ambiguïté, le chaos, mais aussi les aberrations que l’on voit à la guerre et qui demeurent souvent sans réponse», témoigne l’ancien militaire. Celui-ci confie avoir assisté à des explosions et vu des troupes tomber au combat lors du plus fort de la guerre en Afghanistan. 
Malgré ces souvenirs difficiles, Francis Bérubé précise qu’il a pu constater d’encourageants progrès dans ce pays. «Nous avons créé un lien de confiance avec les représentants des villages locaux. Des écoles ont été construites et des commerces ont pu ouvrir à nouveau leurs portes. La sécurité a augmenté, des puits ont été aménagés et des routes ont aussi été aménagées grâce à la présence canadienne en Afghanistan.» 
En plus de ses autres tatouages, le Capt (ret) Bérubé a décidé de se faire tatouer ses médailles sur son flanc gauche. «Tous ces tatouages permettent de témoigner de mon histoire et de rappeler certaines souvenirs. Je crois que c’est aussi une question de fierté!», conclut avec le sourire Francis Bérubé.

PHOTO | Les tatouages du Capt (ret) Bérubé sont pour lui une manière d’honorer et de ne jamais oublier le sacrifice de plusieurs militaires.
(Cpl Geneviève Beaulieu, Imagerie Valcartier)