ADSUM Plus que jamais, Centraide mise sur la solidarité

30 septembre 2020 - Sous-lieutenant Christopher Breault, officier des affaires publiques en FCE
Jamais on n'oserait imaginer le scénario suivant, mais pourtant bien réel. Sous le soleil de septembre, la rentrée scolaire bat son plein, mais en marge de cet événement attendu, on retrouve la détresse d’un militaire, Marc (nom fictif) que l’on peut apercevoir à l’épicerie du coin.


Marc est accompagné de ses deux enfants, en file d’attente à la caisse du Metro. Rien ne laisse présager que Marc vit un précédent dans sa vie familiale. Aujourd’hui, il ne paiera pas la facture avec son argent personnel. Ce père de famille acquittera plutôt ses vivres avec les sous qui lui ont été attribués en provenance d’un organisme bénéficiant de la campagne Centraide, le Fonds de charité de la Base Valcartier. Cette situation pour le moins brise-cœur, loin d’être une exception, est souvent tenue à l’écart des tribunes publiques.
En tant que nouveau coordonnateur de la Base Valcartier, le major Manuel Michaud accueille le mandat de la présidence de la campagne Centraide avec grand honneur, accompagné d’un sentiment de responsabilité : «Être président de la campagne Centraide au sein de la Base Valcartier et de la région de Québec, ça représente pour moi une opportunité d’aider la communauté, de faire une différence directe au soutien que l’on apporte, que ce soit aux militaires ou à la communauté environnante. C’est donc une responsabilité conjointement à mon poste que je considère de la plus haute importance!», mentionne-t-il.
Mais qu’en est-il lorsque le voile est levé, laissant transparaître les épreuves quotidiennes traversées par plusieurs? Fort heureusement, des ressources d’aide existent et peuvent faire la différence, tout comme dans la situation de Marc, mentionnée un peu plus haut dans le texte. Le Maj Michaud est catégorique quant à l’importance de donner : «Le but est d’aider directement les militaires qui pourraient vivre des problématiques quelconques. L’exemple le plus frappant me venant en tête est celui du militaire en difficulté, à la suite de différents événements qui ont cours dans sa vie et créent une situation familiale précaire. Dès lors, le don de fournitures scolaires destinées aux enfants de ce militaire vient mettre un baume sur cette dure réalité», raconte d’un œil attentionné le militaire.
Qui plus est, la pandémie actuelle ne fait que renforcer le niveau de précarité, et les statistiques sont là pour le démontrer. La coordonnatrice administrative aux services prodigués par l’aumônerie de Valcartier, qui est aussi responsable du Fonds de charité de la Base, Josette-Andrée Simard, parle d’une augmentation de la demande pour les services offerts : «En me fiant à la tendance générale, je soupçonne une augmentation cette année des besoins et services, à un point tel qu’il a fallu mettre en place des contenus de sac d’école pour les enfants. L’an passé, nous avons eu 15 demandes. On en compte déjà 26 cette année!» Mme Simard encourage les militaires à exprimer leurs besoins lorsqu’ils traversent une période difficile. Elle mentionne que le meilleur moyen pour obtenir de l’aide est de contacter directement l’aumônier en service de leur unité.
Les exemples de situations difficiles sont variés et les problèmes de vie vécus au quotidien par les militaires sont bien réels : drogue, alcool, dépendance au jeu, violence conjugale, séparation, divorce, etc. Mais attention, cela ne veut pas dire pour autant que les militaires sont aux prises avec plus de problèmes que la moyenne des gens, ils sont tout simplement plus à risque, étant donné la teneur de leur métier. En contrepartie, il se peut que ce genre de problèmes puisse avoir des conséquences sur la santé et la vie des militaires. Josette-Andrée Simard abonde en ce sens : «Une séparation ou un divorce amène son lot de problème. Un militaire en instance de divorce peut avoir énormément de frais d’avocat et des frais de garde élevés. Ce genre de dépenses peuvent rapidement créer un trou dans un budget», relate-t-elle. 
Le Fonds de charité de la Base permet d’aider les militaires et leur famille lors de périodes difficiles exceptionnelles. Personne n’est à l’abri d’une perte d’emploi, d’une maladie grave, d’une séparation. Cette année plus que jamais, les dons récoltés durant la campagne Centraide permettront d’aider plusieurs personnes qui vivent une situation exceptionnelle. Merci pour votre générosité que ce soit pour ce fonds ou une cause qui vous tient à cœur!
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Quelques statistiques

  • À l’échelle du Québec, une personne sur cinq dépend de la Prestation canadienne d’urgence ou de l’assurance-emploi.
  • 38 % des Canadiens ont vu leur revenu diminuer en raison de la pandémie. 27 % de la population pense être incapable de payer toutes ses factures.
  • Le taux de chômage au Québec est passé de 4,9 % avant la crise à 17 % en avril 2020.
  • La détresse psychologique explose : une personne sur 4 au Canada vivrait un état d’anxiété généralisée. Cinq fois plus qu’en temps normal.
  • Les enfants sont davantage exposés au risque de maltraitance. Tous les facteurs de risque de maltraitance sont accentués avec la crise de la COVID-19 : augmentation de la précarité économique, stress des parents, difficultés de conciliation travail-famille dues au télétravail et à la fermeture des écoles et services de garde.

Données issues de consultations auprès d’organismes soutenus par Centraide Québec et Chaudière-Appalaches et d’études menées par des organisations et firmes de sondages professionnelles. 27 mai 2020

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L’image populaire que l’on se fait du militaire est celle d’un homme ou d’une femme en contrôle, bien nanti et généreux, de par la définition même du métier qu’il exerce pour son pays. On a souvent l’impression que les militaires sont exempts de problèmes. (Photo caporal Geneviève Beaulieu, Imagerie Valcartier)