ADSUM Le 2 R22eR accueille des alliés français

12 février 2020 - Édouard Dufour, journal Adsum
Du 20 au 30 janvier, une quarantaine de militaires français ont relevé une série de défis avec des membres de la compagnie B du 2e Bataillon, Royal 22e Régiment (2 R22eR).

L’exercice CASTOR TRICOLORE s’est déroulé dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier. Les Français, membres du 13e Bataillon de chasseurs alpins (13 BCA), en étaient pour la plupart à une première expérience de partenariat selon le capitaine Marc, officier adjoint à la première compagnie de combat du 13 BCA. «Il y a quatre mois, bon nombre d’entre eux ont participé à l’opération HARPIE, une mission intérieure française contre l’orpaillage illégal en Amazonie. Avec leur actuelle présence au Canada, ils passent donc du climat de l’Amérique centrale à celui de l’Amérique du Nord!»

Le Capt Marc se dit ravi de l’accueil des militaires canadiens. «Ils ont toujours le sourire, mais sont aussi très rigoureux. (…) Le professionnalisme des Canadiens nous donne envie de travailler avec eux.» Il ajoute que les chasseurs alpins français ont été agréablement surpris par la qualité des instructions menées par les Canadiens, qui leur a permis de progresser rapidement.

CASTOR TRICOLORE prévoyait une série d’apprentissages reliés à la guerre en hiver. L’insertion en hélicoptère, le combat urbain dans les villages de simulation de la Base Valcartier, les techniques hivernales de survie et l’instruction de tir figuraient au programme de cet exercice conjoint.

Le Capt Marc explique que les températures ressenties de -28 degrés Celsius ont favorisé l’aguerrissement des chasseurs alpins, puisque ceux-ci ne sont pas confrontés à de pareilles conditions hivernales en sol français. «Nous avons également l’occasion de tester de l’équipement que nous laissons normalement au fond de notre sac!», commente le Capt Marc. Les membres de son unité ont beaucoup aimé de pouvoir descendre d’un hélicoptère en rappel, une compétence spécifiquement réservée à certains membres de l’Armée française.

Combattre en montagne

Les membres du 13 BCA se spécialisent dans le combat en montagne. Ils ont d’ailleurs accueilli des militaires du 2 R22eR, dans les Alpes françaises, à l’automne. «Notre objectif est de maîtriser notre milieu avant de pouvoir y manœuvrer. L’environnement montagneux comporte des conditions extrêmes qui appliquent une tyrannie sur la logistique et les troupes. Il faut alors préparer les corps et les esprits de nos membres à un effort maximal!» mentionne le Capt Marc. «C’est le milieu qui dirige notre manœuvre. Même si nous contrôlons le col d’une montagne, nous devons prendre en considération que les renforts et la logistique mettront un certain temps avant d’arriver. Cela nous oblige à avoir des troupes bien entraînées et des sergents autonomes qui peuvent prendre les bonnes décisions, au bon moment, afin d’éviter de mettre en danger la troupe et pour garder la suprématie sur l’adversaire», relate l’officier français. Selon lui, l’importance d’une préparation complète avant une mission et l’autonomie des troupes sont deux éléments primordiaux que l’on retrouve autant dans l’armée canadienne que dans l’armée française. «Il serait intéressant de maintenir ce type de partenariat. Je crois que plus on le développera, plus nous pourrons aller dans les détails et raffiner l’instruction», conclut le Capt Marc.
 

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Les chasseurs alpins français mènent l’assaut d’un village de simulation de la Base Valcartier. (Photo Cpl Marc-André Leclerc, Imagerie Valcartier)