ADSUM Le 12 RBC affronte les Alpes françaises

12 février 2020 -  Lieutenant Charles Michaud, chef de troupe 23, 12<V>e<V> Régiment blindé du Canada
Depuis quelques années, le 12e Régiment blindé du Canada (12 RBC) et le 4e Régiment de chasseurs (4 RCh) français font annuellement un échange interescadrons. Chaque année, les régiments échangent une trentaine de membres afin de partager leur expertise respective.

L’objectif de cet exercice est de tisser des liens avec nos alliés français, mais aussi de comprendre comment opère un régiment blindé étranger. Malgré le fait que le Canada et la France soient deux membres de l’OTAN, la structure et l’emploi des deux corps blindés diffèrent sur certains aspects.

Le 4 RCh est un régiment blindé basé dans le sud de la France, plus précisément dans la région de Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le régiment fait partie d’une brigade mécanisée alpine. Cela signifie que tous ses membres doivent se spécialiser en combat de montagne, en plus d’accomplir leurs tâches principales. Les militaires du 4 RCh doivent apprendre à exceller en montagne, et ce, autant en combat monté que démonté. C’est donc dans cette optique que les membres de l’escadron B ont pris l’avion en direction des vertigineuses Alpes françaises.

Dès l’arrivée du contingent canadien dans la ville de Gap, le 6e Escadron du 4 RCh n’a pas perdu de temps pour distribuer tout l’équipement de montagne aux troupes du 12 RBC. Les militaires canadiens ont ensuite été guidés jusqu’au chalet du régiment, situé à Saint-Étienne-en-Dévoluy, dans les Alpes françaises.

Les troupes alpines ne se déplacent qu’en skis ou en raquettes, que ce soit pour monter ou descendre les montagnes. Les membres du 12 RBC ont donc troqué leurs bottes à crampons et leurs souliers de marche contre des bottes de ski. Les premières journées en montagne ont été axées sur l’apprentissage de ce nouveau moyen de déplacement qui est relativement rapide et exige beaucoup moins d’efforts que les grandes raquettes canadiennes.
L’entraînement était scindé en deux : une journée où le contingent a peaufiné ses techniques de descente en ski sur le mont Dévoluy, profitant d’une vue spectaculaire sur les Alpes françaises; et une autre où les militaires devaient se déplacer en ski (avec des peaux de phoque sous les lames) et accomplir différentes tâches.

Que ce soit pour de la reconnaissance à pied, la construction d’abris ou encore l’évacuation de blessés, les randonnées en ski étaient d’une distance d’environ cinq kilomètres avec un dénivelé variant entre 150 et 300 mètres. Outre la distance, la nature des tâches et les techniques requises pour les accomplir, c’était plutôt le manque d’oxygène dans les hauteurs des Alpes qui augmentait considérablement la difficulté des montées. Le tout faisait en sorte que chaque objectif semblait nécessiter le double de l’effort habituel. Cette réalité du terrain n’a pas empêché les membres du contingent de se surpasser en montagne et de relever chacun des défis qui leur ont été donnés par l’armée française.

Le point culminant de l’aventure dans les Alpes aura été le 27 janvier. C’est lors de cette froide journée que les membres de l’escadron B ont dû compléter un parcours ascendant de plus de six kilomètres en combattant la montagne avec leurs crampons de métal et leurs bâtons. Ils devaient en même temps composer avec les puissantes rafales de vent qui pouvaient les faire chuter dans les ravins. Cette montée de plus de deux heures aura permis aux membres du 12 RBC d’obtenir un grand sentiment d’accomplissement lorsqu’ils ont atteint le sommet de la Tête de la Cluse, situé à 2682 mètres d’altitude.

L’exercice CHEVALIER TRICOLORE s’est avéré une expérience de vie militaire unique pour les membres du 12 RBC. Cet exercice a permis aux militaires d’acquérir beaucoup de nouvelles connaissances qu’ils pourront appliquer au Canada. Il aura aussi permis aux participants de se dépasser et de vivre des moments mémorables, voire inestimables.

L’amitié entre Français et Canadiens est définitivement le point marquant de cette aventure. Que ce soit pendant les exercices du jour ou les repas en soirée, la complicité entre Canadiens et Français a été palpable dès le premier jour. Elle est le reflet de la fraternité qui existe entre les deux pays depuis des décennies. Nous souhaitons que les liens d’amitié entre le 12 RBC et le 4 RCh perdurent aussi longtemps!
 

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Les membres de l’escadron B et du 6e Escadron de chasseurs alpins au sommet de la Tête de la Cluse, dans les Alpes françaises. (Photo Adjuc Albrand, 4 RCh)