ADSUM Se préparer au pire

29 janvier 2020 - Édouard Dufour, journal Adsum

L’exercice annuel BASTION VERROUILLÉ s’est tenu le 15 janvier à la Base Valcartier. Cette simulation à grande échelle s’est amorcée en trombe lorsqu’un appel de détresse a été logé à la centrale d’urgence de la base. En pleine heure de pointe matinale, un tireur actif (simulé) venait de semer le chaos au cœur d’un hangar appartenant à la 5e Ambulance de campagne (5 Amb C).

En quelques instants, les gyrophares bien visibles, des autopatrouilles déployées d’urgence ont délimité un large périmètre de sécurité autour du bâtiment ciblé par l’attaque. Se servant de leur véhicule de service comme barricade, quatre policiers militaires équipés de plaques balistiques, de mitrailleuses C8 et de pistolets ont rapidement coordonné leur incursion dans le bâtiment. Pendant ce temps, l’ensemble des employés de la base recevaient une alerte par courriel les sommant d’amorcer un confinement barricadé.

En avançant à pas feutrés et en communiquant à voix basse, le quatuor policier a ouvert avec précaution une porte située sur le flanc du bâtiment. Les intervenants ont alors découvert plusieurs membres de la 5 Amb C en difficulté. On y trouvait des blessés graves par balles, d’autres en état de choc, ainsi qu’une militaire inerte gisant sur le sol.

Confrontés à cette scène dramatique, les policiers ont toutefois rapidement concentré leurs efforts afin de neutraliser le suspect. Celui-ci, personnifié pour l’occasion par l’adjudant-maître Stéphane Cloutier, était dissimulé parmi plusieurs véhicules d’urgence garés dans le hangar. Le tireur vociférait des insultes aux agents et ses propos étaient décousus. Au moment où la poigne de la justice se rapprochait de son collet, l’assaillant a renversé une table avant de se replier prestement en empruntant un étroit passage menant au sous-sol du bâtiment.

La tension était à son comble lorsque les policiers ont finalement fait irruption dans la pièce tamisée où se cachait le suspect. L’incitant vigoureusement à déposer son arme, les policiers militaires ont finalement été en mesure de lui faire entendre raison. C’est les menottes aux poignets et sous escorte policière que le suspect a finalement émergé du bâtiment de la 5 Amb C.

«Les responsables de chaque unité notent le travail et la réaction de leurs membres. Tout le personnel de la base est donc évalué en même temps que les policiers militaires qui participent à la simulation!» détaille le major Jules Vaillancourt, coordonnateur de la Base Valcartier et l’un des principaux architectes de la simulation. «Nous pourrons bonifier nos systèmes de communication et d’alerte à la lumière des résultats de BASTION VERRROUILLÉ», ajoute le Maj Vaillancourt.

Expérience unique

«Il s’agissait de ma première participation à ce genre d’exercice comme menace active. Je considère que les policiers militaires ont effectué un excellent travail! Tout au long de leur intervention, j’ai senti la pression qu’ils exerçaient pour restreindre mes déplacements», explique pour sa part l’Adjum Cloutier. «J’ai tenté d’ouvrir une porte menant vers l’extérieur du bâtiment lors de ma fuite. Quelqu’un qui ne connaissait pas le scénario a alors refusé de me laisser passer. Cette personne a pris une sage décision! Elle aurait pu mettre sa vie en danger en ouvrant la porte!», ajoute le militaire interprétant la menace.

«J’ai pleine confiance en notre équipe de policiers et je suis fier de leur performance aujourd’hui!», souligne pour sa part le capitaine Abdelhalim El Haddouti, commandant du détachement de police militaire de la Base Valcartier. Il stipule que les policiers militaires sont formés à l’académie de police afin d’intervenir lors de situations d’urgence et que leurs compétences en la matière se doivent d’être reconfirmées chaque année. «Les policiers vivent un certain stress lors d’une opération de ce genre. Il y a cependant toujours une confiance mutuelle inébranlable entre chacun d’eux au moment d’intervenir!», mentionne le Capt El Haddouti.

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C’est aux aguets et avec grande précaution que les policiers militaires se sont dirigés vers l’endroit où se cachait un tireur actif (simulé). (Photo Édouard Dufour, journal Adsum)