Centre de décompression : un répit salutaire au retour d’une mission

 
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25 septembre 2019, Édouard Dufour, Adsum

Partir en mission pendant plusieurs mois dans un environnement stressant, loin des siens, peut causer une fatigue physique et mentale. Depuis juillet, les Forces armées canadiennes (FAC) accueillent dans un «centre de décompression», à Cologne en Allemagne, les militaires canadiens qui reviennent tout juste de l’opération PRESENCE, au Mali.

Le Cpl Frédéric Palmer, policier militaire, Martin Juneau, gestionnaire
des loisirs communautaires de la Base Valcartier et le Capc
Sophie Charest, travailleuse sociale, veillent au bon déroulement
du séjour des militaires canadiens au centre de décompression de Cologne.
(Photo : Courtoisie)


«Les militaires arrivent fatigués. Ils ont hâte de retourner chez eux, mais ils constatent rapidement les bénéfices de leur séjour ici», souligne Martin Juneau, gestionnaire des loisirs communautaires à la Base Valcartier. 

M. Juneau a été affecté pour quelques semaines au centre de décompression de Cologne. Ses collègues sur place et lui doivent s’assurer que les militaires vivent une expérience régénératrice optimale avant de réintégrer leur famille. «Ils quittent l’environnement de haute performance et de grand stress qu’était celui de leur mission. Mon objectif est de leur faire économiser du temps en prévoyant des activités programmées ou libres», explique M. Juneau.
Pour accomplir ce mandat, il est accompagné d’une équipe pluridisciplinaire formée de personnel civil et militaire. Tous logent dans un hôtel à Cologne où sont également hébergés les militaires.

De juillet à septembre, plusieurs vagues d’une cinquantaine de militaires revenant de mission se sont succédé dans ce centre de décompression adapté sur mesure aux besoins des troupes. Tours guidés, activités de détente, dîners au restaurant, visites de musées et activités de karting sont tous des moments de répit organisés pour les militaires par M. Juneau et sa collègue Marjolaine Laveault.

Les militaires qui séjournent au centre de décompression sont membres de plusieurs unités à travers le Canada, dont certaines de la Base Valcartier, comme le 430e Escadron tactique d’hélicoptères, le Royal 22e Régiment et la 5e Ambulance de campagne. «J’adore rencontrer ces gens! L’importance des loisirs prend tout son sens quand on voit les bienfaits qu’ils procurent aux militaires», s’exclame M. Juneau.

Prendre soin de soi
Les militaires qui arrivent à la zone de décompression bénéficient d’une présentation psychoéducative portant sur les défis du retour à la maison, les stratégies pour y faire face, ainsi que les méthodes pour détecter si un collègue ou eux-mêmes devraient demander de l’aide spécialisée. 

Le capitaine de corvette Sophie Charest occupe le poste de travailleuse sociale au centre de décompression de Cologne. Elle tient des rencontres individuelles pour aider les militaires à «ventiler» et à «boucler la boucle» concernant leur récent déploiement. Selon le Capc Charest, «le manque de sommeil, l’hyper vigilance, les pensées intrusives et l’irritabilité» sont toutes des réactions normales qu’un militaire peut expérimenter au retour d’une mission. 

À cela s’ajoutent les défis de réintégrer la routine familiale après une absence prolongée et la renégociation, parfois nécessaire, du rôle de chaque membre de la famille. Le Capc Charest rappelle l’éventail de services offerts aux membres à leur retour au pays tels que «le Centre de la Famille Valcartier, les programmes d’aide aux membres des FAC, le département de santé mentale, les aumôniers et la Promotion de la santé». 

Plusieurs pays alliés du Canada, dont l’Australie, mettent en place des centres de décompression semblables.

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