La compagnie B du 3 R22eR se prépare pour la jungle

 
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12 septembre 2019, Édouard Dufour, Adsum

Du 6 au 28 octobre, une trentaine de membres de la compagnie B du 3e s’aventureront dans la forêt amazonienne afin d’obtenir leur qualification de base en guerre de «jungle». D’ici là, les candidats sont soumis à une préparation rigoureuse à la Base Valcartier.

Ces membres de la compagnie B affronteront un autre type
d’environnement en octobre lorsqu’ils seront au cœur de la jungle amazonienne.
(Photo : Édouard Dufour, journal Adsum)


C’est en 2014 que le Canada s’est engagé à développer une expertise d’opérations dans la jungle. Ce mandat national a alors été octroyé à la compagnie B du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR).

Les membres de la compagnie B sont présentement soumis à un horaire chargé. Leurs instructeurs préparent à leur intention des épreuves physiques au gymnase et à la piscine de la Base Valcartier. «Ils ont gravi aujourd’hui le mont Castor à la course, sous la supervision de Quentin Martin, moniteur [PSP] responsable de leur préparation physique», souligne l’adjudant Philipe Paquin-Bénard, coordonnateur de l’exercice SPARTIATE ÉQUATORIAL qui se tiendra dans la forêt amazonienne. 

En plus de leur préparation physique, les candidats assistent en classe à des formations théoriques concernant les dangers de la jungle, ainsi que l’équipement militaire propre à cet environnement des plus hostiles. «Tous les candidats recevront aussi, au cours des prochaines semaines, des vaccins contre les maladies qu’on retrouve en jungle comme la fièvre jaune», spécifie l’Adj Paquin-Bénard. Les participants à SPARTIATE ÉQUATORIAL devront ingérer chaque jour des comprimés médicamenteux, et ce, dès leur arrivée dans la jungle, afin de se prémunir contre la malaria et ses effets ravageurs.

Moment phare
Depuis 2014, la compagnie B a formé quelques-uns de ses membres, dans le cadre d’exercices internationaux, afin que ceux-ci deviennent instructeurs de guerre de jungle. Plusieurs membres de cette même compagnie auront cette fois l’occasion d’obtenir la qualification militaire de base dans cette spécialité. Il s’agit d’une première pour l’unité qui lui permettra d’accroître grandement son expertise en guerre de jungle. Des trente militaires qui prendront part à l’exercice, on retrouve évidemment des membres de la compagnie B, auxquels se joignent des techniciens médicaux de la 5e Ambulance de campagne et un signaleur du 5e Régiment du génie de combat.

Bienvenue dans la jungle
L’exercice se déroulera cet automne au Centre d’entraînement à la forêt équatoriale, au cœur de l’Amazonie, à cent kilomètres du Brésil. Les membres de la Légion étrangère, l’élite militaire française, veilleront à épauler l’apprentissage des Canadiens sur place, selon un horaire déjà planifié par le 3 R22eR. 

«Les membres de la Légion étrangère détiennent l’expertise et sont fiers de pouvoir aider au développement de la capacité jungle au Canada. Ils aiment aussi beaucoup l’esprit combattif des militaires canadiens!», explique l’Adj Paquin-Bénard qui dresse le portrait de ce qui attend les candidats pendant l’exercice. «Les candidats seront insérés en plein milieu de l’Amazonie. Il y a des arbres au tronc immense, des jaguars, des serpents, des scorpions, des sangsues, des fourmis rouges, des mouches à feu et des abeilles. (…) L’humidité est accablante et on ne voit pas plus qu’une vingtaine de mètres en avant de soi en raison de la forte végétation. À cette période de l’année, les participants peuvent s’attendre à de fortes précipitations chaque jour.» Selon lui, 30 % des arbres de la forêt amazonienne possèdent des mécanismes naturels de défense comme des épines acérées.

En plus des pluies diluviennes et des dangers reliés à la faune et à la flore, les participants devront se méfier des chutes potentiellement mortelles causées par la visibilité réduite et les grands clivages qui caractérisent le relief de la jungle. Ils devront aussi traverser aux moments opportuns des mangroves, des écosystèmes de marais maritimes, incluant un groupement de végétaux ligneux ne se poussant que dans la zone de balancement des marées et à l’embouchure de certains fleuves.

Apprentissages
Dès leur arrivée dans la jungle, les membres de la compagnie B dormiront dans un bivouac. Ils obtiendront de l’instruction sur la chasse, la pêche, le secourisme en forêt, la fabrication de brancards et de nœuds, la navigation en pirogue et la topographie.

Leur séjour se conclura par un exercice final. Ils devront alors briser le contact avec l’ennemi et réagir à un affrontement imminent avec celui-ci. «La jungle favorise les guerres d’embuscade parce qu’il est très difficile de voir l’ennemi en marchant. Les personnes statiques sont souvent favorisées. Les participants devront effectuer des embuscades dans la foulée et effacer constamment leurs traces», indique l’Adj Philipe Paquin-Bénard.

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