Une championne de jeu vidéo vient tester la réalité au 1er​ Bataillon

 
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14 août 2019, Édouard Dufour, Adsum

Stéphanie Harvey – connue sous le nom de missharvey par la communauté du jeu vidéo à l’échelle internationale – est cinq fois championne du monde au jeu de tir Counter-Strike. En juillet, elle était de passage à la Base Valcartier afin d’apprendre à tirer avec des armes bien réelles. 

Cette journée passée à Valcartier a été pour missharvey un saut
du virtuel au réel. (Photo : Sdt Marc-André Leclerc, Imagerie Valcartier)


Mme Harvey est conceptrice de jeux vidéo chez Ubisoft Montréal, en plus d’être une joueuse professionnelle très en vue sur les réseaux sociaux. Elle est suivie par 116 000 personnes sur Twitch seulement, une plateforme sur laquelle on peut notamment regarder des diffusions en direct de jeux vidéo.

Pendant sa visite du 19 juillet, missharvey était accompagnée par quatre membres du 1er Bataillon, Royal 22e Régiment. Après avoir enfilé la tenue de combat de l’armée, la jeune femme a été conduite dans les secteurs d’entraînement où elle a pu tester ses habiletés au tir. Elle a ainsi pu s’initier au maniement des mitrailleuses C6, C8 et C9. Elle a aussi fait l’essai d’un pistolet Browning 9 mm et d’un fusil de précision C14 Timberwolf. 

Avec le sourire aux lèvres, tout en étant très attentive aux instructions des militaires, missharvey s’est exercée pendant près d’une heure sous un soleil de plomb. Elle a comparé cette expérience, plutôt physique, à ses entraînements en salle de gym. 

Cette incursion dans le monde militaire n’était pas la première pour la joueuse professionnelle. Il y a quelques semaines, elle a sauté en parachute en compagnie des Skyhawks à la 3e Escadre Bagotville. Elle avait alors souligné la similitude entre le travail d’équipe des militaires et celui des joueurs professionnels de jeux vidéo. 

Le caporal Cédric Sabourin était l’un de ceux qui accompagnait missharvey pendant sa visite à la Base Valcartier. Il raconte qu’elle a fait preuve de dynamisme en posant plusieurs questions. Le Cpl Sabourin note que la joueuse professionnelle a été en mesure d’effectuer des tirs groupés impressionnants au pistolet, un fait rare pour quelqu’un qui débute en la matière. 

Missharvey a finalement eu l’occasion de pratiquer les combats en zone urbaine dans le cadre d’une simulation au bâtiment CSEM-3. Selon le Cpl Sabourin, elle a observé plusieurs parallèles entre les stratégies d’attaques réelles et celles qu’elle préconise dans le jeu vidéo Counter-Strike comme «la surveillance des angles de couverture».

Militante
Stéphanie Harvey milite pour la cause des femmes. Il y a quelques années, elle s’est prononcée contre le sexisme et la discrimination de genre au sein des joueurs professionnels de jeux vidéo. Elle affirme qu’à peine 5 % des joueurs professionnels sont des femmes et déplore les disparités entre les revenus des femmes et ceux des hommes dans ce domaine. Elle a également dénoncé les attaques verbales et le harcèlement sexuel quotidiens perpétrés à l’encontre des femmes adeptes de jeux vidéo.

«J’étais une pionnière dans mon domaine quand j’ai commencé à jouer professionnellement aux jeux vidéo. Ce n’était pas facile. Sur Internet, les gens ne se soucient pas des répercussions d’insulter quelqu’un d’autre. Ils ne voient pas les visages tristes derrière les écrans. J’ai dû me construire une carapace vraiment solide pour pouvoir réussir», a déjà souligné Mme Harvey dans une entrevue. 

En 2016, en collaboration avec d’autres joueuses professionnelles, elle a fondé Missclicks, une communauté en ligne offrant un espace sain ayant pour but de promouvoir la présence de femmes dans la communauté du jeu vidéo professionnel.

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