Programme Carcajou : une première édition voit le jour

 
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11 juillet 2019, Édouard Dufour, Adsum

Le programme Carcajou combine la culture et les enseignements autochtones à l’instruction militaire de base des réservistes. Pour sa toute première édition, il se déroule présentement au camp Vimy de la Base Valcartier. Une quinzaine de candidats autochtones participent à cette initiative orchestrée par le Centre d’instruction de la 2e Division du Canada (CI 2 Div CA).

Le programme Carcajou a été créé cette année afin de favoriser le recrutement de jeunes autochtones.
(Édouard Dufour, journal Adsum)


«Les jeunes proviennent d’un peu partout au Québec, plus particulièrement des communautés situées près des grands centres. Nous avons des candidats originaires de la Côte-Nord, de l’Abitibi, du Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Mauricie», détaille le capitaine Jean-Philippe Cyr-Côté, responsable de l’exécution du programme Carcajou, et membre du CI 2 Div CA.

Au cours de leur séjour au Camp Vimy, les candidats ont l’occasion d’acquérir des connaissances en ce qui a trait au maniement des armes de service, à la navigation en forêt, aux premiers soins et aux techniques de survie. Leur horaire comporte également un important volet culturel. En plus de l’enseignement de la mythologie autochtone, celui-ci prévoit la construction de tipis et d’une tente traditionnelle de sudation dans les secteurs d’entraînement de la Base Valcartier. Chaque fin de semaine, les candidats participent à des activités de partage et de découverte culturelle que sont les Pow Wow. Ceux-ci se déroulent dans plusieurs régions du Québec.

Le Capt Cyr-Côté mentionne que les candidats qui complèteront avec succès le programme se verront offrir des opportunités d’emploi au sein de la Force régulière de l’Armée canadienne (AC), des Rangers canadiens ou de la Force de réserve de l’AC. «Plusieurs communautés se situent à plus de 100 kilomètres des unités de réserve les plus proches. On s’attend à ce que certains candidats veuillent poursuivre temporairement des études à l’extérieur de leur communauté. Ils pourront le faire tout en travaillant comme réservistes!», explique le Capt Cyr-Côté.

Le programme Carcajou s’inspire directement de celui de l’Ouest canadien intitulé Bold Eagle. Celui-ci a été initié il y a près de trente ans grâce à un partenariat entre les Forces armées canadiennes (FAC) et les Cris de Saskatchewan. Les quatre divisions canadiennes auront toutes, pour la première fois cette année, un programme semblable grâce à l’addition de Carcajou (Québec) et de Grey Wolf (Ontario).

Soutien efficace
Chaque membre du personnel collaborant au déroulement du programme Carcajou a suivi une formation de sensibilisation aux cultures autochtones. Cette formation inclut des enseignements concernant les premières nations, les métis et les Inuits. Deux conseillers autochtones accompagnent aussi les candidats au cours de leur cheminement. Ils peuvent alors répondre à leurs interrogations, tout en jouant un rôle de mentor. 

«L’éloignement et le changement de mode de vie sont des défis pour les jeunes. Il y a par contre des similitudes avec les premières nations. Le sentiment d’appartenance et les forts liens qui se créés entre les gens sont des choses que l’on retrouve à la fois dans le milieu militaire et au sein des communautés autochtones», souligne Doris Launière, enseignante membre d’une communauté innue du Lac-Saint-Jean et ainée dans le cadre du programme Carcajou. «Les ainés sont importants dans nos communautés. Ils sont porteurs d’histoire et de sagesse. En raison de leur expérience de vie, de leur compétence et de leur savoir, on se réfère à eux lorsqu’on a besoin de conseil», explique Mme Launière.

«Les candidats apprennent à suivre un peloton et à respecter un horaire précis. On peut voir leur fierté de performer. Certains dépassent plusieurs fois leurs limites au cours du programme. C’est gratifiant de voir le rayonnement dans leurs yeux!», précise pour sa part Luc O’Bomsawin, aîné accompagnateur et vétéran des FAC.

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