Op MAISON NETTE : à l’assaut des déchets

 
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05 juin 2019, Édouard Dufour, Adsum

L’opération annuelle MAISON NETTE s’est tenue aux champs de tir et secteurs d’entraînement (CTSE) de la Base Valcartier, en mai, pendant une vingtaine de jours. Voici le portrait de cet effort colossal visant à assurer la sécurité des troupes à l’entraînement et la pérennité de l’environnement.

L’équipe de neutralisation de munitions du 5 Bon Svc avait la
responsabilité de classer avec attention les différents types de
débris récoltés.
(photo : Édouard Dufour, journal Adsum)


Les secteurs 3, 4 et 5 des CTSE, au sud de la rivière Jacques-Cartier, étaient ciblés cette année par l’op MAISON NETTE, un mandat gouvernemental attribué aux CTSE depuis plus de 30 ans. Différentes unités du 5e Groupe-brigade mécanisé du Canada, du 35e Groupe-brigade et du 5e Bataillon des services (5 Bon Svc), un total de près de 140 personnes, ont récupéré avec soin différents types de rebus.

«Nous collectons tout ce que les soldats laissent sur place après leur entraînement comme des douilles, des maillons, des résidus pyrotechniques et des déchets domestiques», mentionne le capitaine Bruno Talbot, officier des opérations des CTSE. 

Munis de gants et d’une large chaudière blanche, les participants sont en mesure de récupérer jusqu’à 2600 kilos de débris par journée de travail. «Nous aurons couvert 10 % de la surface de la Base à la fin de l’opération!», souligne le Capt Talbot.

Tous les militaires engagés dans l’op MAISON NETTE doivent suivre une formation préalable sur l’identification des UXO, les munitions explosives non explosées. Ils doivent également avoir terminé leur qualification de métier.

Sur le terrain, la collecte des débris s’effectue de manière très ordonnée. Les militaires forment d’abord une grande ligne humaine. Celle-ci se déplace ensuite tranquillement vers l’avant en quête de déchets. Lorsqu’un objet potentiellement dangereux est trouvé, les militaires constituant la ligne demandent l’avis d’un des sapeurs de combat présents. Si les sapeurs ne peuvent pas qualifier la menace, les spécialistes en munitions du 5 Bon Svc le feront et l’élimineront à l’aide d’explosifs de type C4. Cette situation n’est pas survenue cette année puisque les secteurs nettoyés n’ont pas été la cible d’obus pendant les entraînements. 

Le dépôt des munitions effectue une vérification finale de tous les débris avant de les vendre à des entreprises qui les refondent ou encore les entreposent de façon sécuritaire. «Les prochaines générations profiteront de ce travail. Nous répertorions tout ce que nous trouvons. Les risques de danger sont donc diminués», estime le Capt Talbot.

Découvertes inusitées
L’op MAISON NETTE a généré son lot de surprises au fil des ans. «Nous avons déjà trouvé un obus de 155 millimètres sans fusée de détonation dans le secteur Impact Liri. L’obus avait donc été tiré sans moyen d’exploser, ce qui est loin d’être conforme!», se remémore le Capt Talbot. Celui-ci ajoute qu’un obus datant de l’époque de la Seconde Guerre mondiale a également été retrouvé dans le champ de tir Athena alors qu’il pointait dans une direction complètement opposée au lieu de détonation habituel.

Projet
Dans la lignée des modifications apportées au cours des dernières années à ses infrastructures, les CTSE revalorisent actuellement le champ de tir Ortana. «On change la butte d’arrêt et tous ses caissons, ce qui nous permettra de récupérer plus efficacement les particules de plomb et de cuivre», indique le Capt Bruno Talbot. Trois pelles mécaniques travaillent à la réalisation de ce projet qui devrait être complété au début de juin.

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