L’agrile du frêne : un adversaire de taille

 
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05 juin 2019, Édouard Dufour, Adsum

Malgré sa petitesse, l’agrile du frêne est un insecte qui cause des ravages irréparables aux frênes. En mai, le Centre de foresterie des Laurentides, en collaboration avec le Service de conservation des ressources et l’Unité des opérations immobilières, ont installé une douzaine de pièges sur le territoire de la Base Valcartier afin de statuer sur la possible présence de cette menace ailée.

Philippe Labrie, technicien forestier pour Ressource naturel Canada,
et Stéphane Paquet, officier de l’environnement pour les opérations
immobilières, ont installé des pièges à agrile du frêne afin de
détecter la possible présence d’insectes nuisibles sur les frênes
de la Base Valcartier.
(Photo : Mat 1 Marilou Villeneuve-Last, Imagerie Valcartier)


Stéphan Paquet est officier d’environnement à la Base Valcartier. Il affirme que l’installation des pièges, de larges entonnoirs verts fixés au sommet des frênes, permettront à un entomologiste de Ressources naturelles Canada de dresser un relevé de la propagation de l’agrile du frêne à l’échelle de la province. Cette étude s’échelonnera sur une période de trois ans. 

«Les pièges contiennent des phéromones avec l’odeur des femelles pour attirer les mâles. Ceux-ci tombent au fond des entonnoirs et se noient dans du glycol», explique M. Paquet au sujet du sort funeste réservé à cet indésirable.

Le spécialiste stipule que l’agrile du frêne s’infiltre dans la zone appelée «le cambium», entre l’arbre et son écorce, afin de pondre des larves à partir de la cime de chaque arbre. Cette méthode insidieuse d’infestation rend la détection des insectes extrêmement difficile.

On retrouve plus de 500 frênes à la Base Valcartier. Aucune infection de ces feuillus n’a été rapportée pour l’instant. Lorsqu’un arbre est contaminé par l’agrile du frêne, son feuillage pâlit de manière progressive. 

M. Paquet estime que les coûts associés à la coupe d’un arbre en raison de l’agrile du frêne peuvent atteindre 6000 $. Un procédé rigoureux d’abattage et l’enfouissement méthodique des restes de l’arbre dans un site accrédité expliquent ces frais considérables. Les scientifiques du Service canadien des forêts (SCF) estiment que les coûts des traitements, d’enlèvement et de remplacement des arbres affectés par l’agrile du frêne dans les municipalités canadiennes pourraient atteindre deux milliards de dollars sur une période de 30 ans.

Stéphan Paquet rappelle que le frêne, à partir de la décennie 1980, a été de facto inclus en bordure de la plupart des bâtiments nouvellement construits à la Base Valcartier, en raison de sa «résistance, de sa croissance rapide et de son faible besoin d’entretien». L’officier d’environnement indique que la présence potentielle de l’agrile du frêne incite maintenant les décideurs à inclure plusieurs variétés d’arbres comme le chêne rouge et l’érable à sucre près des nouvelles constructions.


Un colonisateur venu d’ailleurs
Selon le site Web de Ressources naturelles Canada, l’agrile du frêne a été détecté pour la première fois en Amérique du Nord en 2002. On peut y lire que «ce coléoptère originaire de l’Asie s’est révélé hautement destructeur. Depuis son arrivée, il a détruit des millions de frênes et continue de se propager dans de nouvelles régions, causant des dommages économiques et écologiques considérables. Les importants impacts écologiques de la mortalité des frênes sur les organismes aquatiques, les oiseaux et la végétation du sous-bois attendus sont présentement à l'étude.

En Amérique du Nord, l’agrile du frêne a peu d’ennemis naturels importants et les espèces indigènes de frênes ont une résistance limitée contre ses attaques. Les recensements ont démontré que l’agrile du frêne endommage et tue les peuplements de frênes un an ou quatre après l’infestation. En général, six ans après le début d’une infestation, 99 % des frênes d’une terre à bois ont été tués. Cette mortalité élevée augmente la probabilité d’invasion de plantes envahissantes dans les forêts, en plus de poser un important défi aux agglomérations urbaines affectées.»
Source : www.rncan.gc.ca

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