Keven Martel : à l’assaut d’une traversée historique du Canada

 
Le journal de la communauté militaire - Base Valcartier et région de Québec Contactez-nous    Format PDF

7 mai 2019, Édouard Dufour, Adsum

Après avoir couru 360 kilomètres en six jours et 400 autres en skis de fond, Keven Martel affrontera sous peu son plus grand défi à ce jour : la traversée du Canada, d’est en ouest. Alors qu’il s’affaire aux derniers préparatifs de son expédition, l’aventurier de l’extrême a accordé une entrevue à l’Adsum.

Keven Martel n’hésite pas à affronter des conditions climatiques et des
environnements extrêmes pour repousser ses limites. Photo : courtoisie


Le grand départ de Keven Martel s’effectuera à Terre-Neuve le 1er juin, jour de son 34e anniversaire. S’en suivra un parcours de 10 000 kilomètres, à la marche en grande partie, jusqu’au Yukon. L’athlète prévoit terminer son trajet à l’approche de Noël.
L’ancien du 12e Régiment blindé du Canada accomplit cette traversée du Canada au profit du programme Sans limites qui soutient les militaires blessés et malades. Il pourra compter sur l’aide d’un médecin militaire qu’il a côtoyé de 2012 à 2015 au sein des Forces spéciales, la Deuxième Force opérationnelle interarmées. «Je pourrai toujours compter sur lui! Il comprend bien la réalité militaire et m’aide avec la préparation de mes trousses médicales», explique l’aventurier.
Chaque jour, Keven s’impose un entraînement spartiate composé d’entraînements en salle ainsi que de plusieurs kilomètres de course à pied et de vélo.
Il anticipe déjà plusieurs difficultés à l’horizon, comme la marche en forêt dans le nord de l’Ontario. Le sportif estime que «les mouches et l’orientation» seront les deux défis de cette portion de la traversée. Il devra également se montrer prudent pendant les portions en kayak de son aventure, notamment lors de la traversée du détroit de Belle Isle (situé entre l'île de Terre-Neuve et la péninsule du Labrador).
Selon le terrain sur lequel il se trouvera, il dormira dans une tente ou un hamac. Tout au long de sa route, il aura accès aux différents points de ravitaillement qu’il a prévus d’avance. Entre chaque ravitaillement, il aura toujours une réserve de nourriture de deux jours supplémentaire, en cas d’imprévu.

Se découvrir
«Les gens ne sont pas habitués à être réellement seuls. Ils ont souvent leur réseau mobile et leur téléphone au bout des doigts. Je crois que c’est dans les moments de solitude et par la souffrance physique qu’on peut découvrir qui on est réellement», confie Keven Martel.
Alors qu’il combine à ses expériences des défis à la marche, à la course, en kayak et en skis de fond, l’ancien militaire explique qu’il souhaite toucher à tout pour repousser ses limites et ne pas se complaire dans une zone de confort. «Tu ne peux pas être le meilleur dans tout, ce qui fait que mes défis sont toujours une expérience d’humilité», mentionne Keven Martel en soulignant que tout se passe dans la tête au moment de réussir ou non un défi.
Au retour de sa grande traversée, Keven Martel souhaite rencontrer la population canadienne par le biais de conférences. «Ma mission sera alors d’inspirer et de motiver les gens!», affirme-t-il.

Pas pour la vue
Lorsqu’on lui demande s’il compte photographier les paysages grandioses du Canada qui marqueront son quotidien pendant plusieurs mois, Keven Martel répond rapidement par la négative. «Bien que je respecte les gens qui ont de l’intérêt pour le paysage, ce n’est aucunement mon cas! Ce qui m’intéresse, c’est les gens que je rencontrerai sur mon chemin, les communautés que je traverserai, et la souffrance et les difficultés que je devrai relever. Je dis souvent à la blague que je ferais bien le trajet avec les yeux bandés si je le pouvais!», conclut avec entrain Keven Martel.
Pour suivre la progression de Keven Martel en temps réel, consulter son site web kevenmartel.com. Il possède également un compte Facebook et Instagram.