Environnement : à la croisée des chemins

 
Le journal de la communauté militaire - Base Valcartier et région de Québec Contactez-nous    Format PDF

7 mai 2019, Édouard Dufour, Adsum

Une centaine d’employés civils et militaires se sont réunis à l’auditorium de la Musique du Royal 22e Régiment, le 25 avril à la Base Valcartier, dans le cadre d’une conférence pour le Jour de la Terre.

En évitant d’offrir une vision pessimiste de l’avenir de la Terre, les conférenciers
de la Fondation David Zuzuki ont préféré dresser un tableau encourageant des
solutions environnementales émergentes. Photo : Sgt Jean-Simon Duchesne, Imagerie Valcartier


Plusieurs kiosques promouvant les énergies renouvelables et abordant les enjeux liés à la santé de notre planète étaient à l’honneur en bordure du bâtiment 85. Diego Creimer et Sylvain Perron, deux conférenciers de la Fondation David Suzuki, ont discuté des menaces environnementales qui guettent la Terre, mais également des initiatives novatrices mises en branle au Québec, afin de préserver l’environnement.
«On entend souvent parler des changements climatiques. Les gens ont tendance à perdre espoir concernant ces événements. Notre fondation fait la promotion des initiatives positives partout au Québec», explique le conférencier Sylvain Perron, en soulignant que cette démarche s’inspire du film français Demain.
Après avoir rappelé la recrudescence des catastrophes naturelles générées par le réchauffement soutenu de la planète, les deux conférenciers ont présenté plusieurs projets québécois dits «verts», tels que la construction d’un stade de soccer en bois à Montréal, la création d’un immense jardin communautaire dans une communauté au nord du Québec, l’énergie solaire, le covoiturage, les voitures électriques, ainsi que la construction de bâtiments écoresponsables et autosuffisants en termes d’énergie.
«On attend souvent que les choses se fassent par elles-mêmes. Il ne suffit cependant que de quelques personnes motivées pour amorcer le changement. Les gens peuvent planter un arbre, nettoyer un fossé ou construire une serre à légumes», suggère Sylvain Perron. «Nous avons la chance d’avoir l’hydroélectricité au Québec. Nos moyens de transport sont cependant une source importante d’émission de gaz à effet de serre (GES). Il faut changer l’aménagement des villes pour avoir moins de véhicules, même si la voiture électrique demeure une bonne option à court terme», ajoute le conférencier. Celui-ci souligne la pertinence des autres sources renouvelables d’énergie. «Contrairement à l’hydroélectricité qui est dispendieuse à acheminer vers les communautés éloignées du Québec, comme celles des Premières Nations, l’énergie éolienne, jumelée à un système de batterie à proximité, est très intéressante», conclut M. Perron.

À la Base Valcartier
Pierre Labrie est gestionnaire de projet au sein de l’Unité des opérations immobilières (UOI) de la Base Valcartier. Il a comme mandat d’y instaurer et de promouvoir des solutions énergétiques responsables. Le 25 avril, il présentait un kiosque entièrement éclairé par une unité d’énergie renouvelable comportant deux panneaux solaires et autant de petites éoliennes.
«Le Canada a acquis deux de ces unités dans le cadre du programme Innovation visant à promouvoir des inventions créées au pays dans un contexte de pré commercialisation. Elles sont utilisées en Afrique pour alimenter de petites stations de pompage d’eau potable!», raconte Pierre Labrie. Il ajoute que ces unités d’énergie renouvelable auront un impact direct à la Base Valcartier cet été en fournissant l’énergie nécessaire aux télécommunications du Camp Vimy. Ces unités permettront d’atteindre l’objectif ambitieux de réduire de 50 % l’utilisation des génératrices sur les sites d’entraînement de la Base.
Toujours à la Base Valcartier, M. Labrie confirme la préparation d’un projet visant à utiliser la biomasse forestière, comme les résidus d’arbres dans les secteurs d’entraînement, afin de créer un gaz de synthèse. «Ce projet, un investissement potentiel de 12 millions de dollars, est à l’étude. Il permettrait de rendre la centrale thermique de la Base carboneutre d’ici 2050», souligne-t-il.
L’électrification des transports est un autre projet qui s’intensifiera dans chacune des différentes bases canadiennes au cours des prochaines années. La Défense souhaite remplacer 80 % de sa flotte de véhicules de transport (non militaires) par des voitures électriques ou hybrides au cours des 20 prochaines années.
Les cibles pour la réduction des GES à la Base Valcartier sont de 17 % en 2020. Grâce à l’équipe de l’UOI, une diminution de 20 % est déjà observable. Selon le plan de la Défense, toutes les nouvelles constructions de bâtiments fédéraux, à partir de 2020, devront produire autant d’énergie qu’elles n’en consomment.

L’heure des choix
«Le Québec est le troisième plus grand consommateur d’énergie per capita au monde. Les tarifs électriques sont tellement peu chers que les gens ne font pas toujours attention. Nous devrons réduire la quantité d’énergie que l’on consomme, sans quoi il nous faudra installer des parcs solaires gigantesques pour desservir tout le monde», note M. Labrie.
«L’efficacité énergétique, l’économie d’énergie et la diminution des GES n’ont pas à aller à l’encontre de la croissance économique. Notre énergie hydroélectrique est verte. Il s’agit d’un levier économique attractif pour les entreprises», fait valoir Pierre Labrie, tout en mentionnant que le gaz naturel et le mazout subviennent encore à 50 % des besoins énergétiques du Québec, et ce, malgré le fort potentiel hydroélectrique de la province.
Les objectifs de réduction des émissions de GES du gouvernement fédéral sont de 40 % d’ici 2030 et de 80 % avant 2050. Au Québec, les deux usines de biométhanisation, une à Québec et l’autre à Saint-Hyacinthe, sont des projets novateurs permettant de créer un gaz renouvelable beaucoup moins polluant que le gaz naturel. Les coûts de cette énergie sont néanmoins, pour l’instant, deux fois plus élevés que ceux du gaz naturel.
«Il faut agir pour nous-mêmes parce que la planète, elle, finira par se remettre de notre passage. C’est un effort collectif mondial. On pompe des ressources de la Terre plus vite que ce qu’elle peut en produire, ce qui est préoccupant», conclut Pierre Labrie.