Conditionnement physique adapté : les petits miracles des PSP

 
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13 février 2019, Édouard Dufour, Adsum

Pour un militaire, le diagnostic d’une blessure grave peut apporter beaucoup d’incertitude quant à l’avenir et des moments d’angoisse. En 2008, les Programmes de soutien au personnel (PSP) ont mis sur pied le programme de Conditionnement physique adapté (CPA). Depuis ce temps, les cas de réhabilitation phénoménale de blessés s’additionnent. Le cas du sergent Guillaume Dupont-Boisvert, membre du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3 R22eR), en est un bon exemple.

Sophie Turcotte, Nadine Gosselin et Véronique Côté forment l’équipe
dynamique qui est responsable de mener à bien les objectifs de réhabilitation du CPA.
Photo par Édouard Dufour, journal Adsum)


C’est en Ontario, en juillet 2015, que le Sgt Dupont-Boisvert a été victime d’un grave accident de parachutsime, lors d’un exercice militaire. Le tibia et le péroné de sa jambe gauche ont été sectionnés à plusieurs endroits lorsque ses jambes ont touché le sol. Les genoux du parachutiste ont également subi de lourds dommages. «Mes os sortaient de mes jambes!» se remémore le Sgt Dupont-Boisvert. 

«Le lendemain de ma chute, j’étais déboussolé. Je me disais que c’était probablement la cerise sur le sundae et que ma carrière venait de se terminer», confie ce militaire passionné des entraînements de type commando. Le fantassin n’en était pourtant pas à sa première épreuve après avoir survécu à la détonation d’un engin explosif au cours de l’un de ses cinq déploiements en Afghanistan.

Mal en point après son accident de parachutisme, il a tout de même décidé de se battre et d’intégrer le programme de CPA piloté par Véronique Côté, gestionnaire du reconditionnement. «C’est un choix personnel, mais l’armée va tout faire pour te garder si tu démontres que tu veux rester dans le système», soutient le militaire du 3 R22eR. 

Les jambes «soudées» grâce à l’installation permanente de tiges de métal, le Sgt Dupont-Boisvert a entamé les trois premiers mois de sa réadaptation en fauteuil roulant. «J’ai tout de suite suivi les étapes du programme et j’allais aussi consulter des physiothérapeutes. Toute l’équipe assurait le suivi quotidien de ma réadaptation. J’étais soutenu de partout!», relate-t-il. 

Des entraînements spécialisés en gymnase et en piscine ont été intégrés à son horaire quotidien. «On ne peut pas demander un meilleur programme et aucun emploi civil ne peut offrir autant de services», ajoute le Sgt Dupont-Boisvert. Celui-ci précise que les exercices du CPA l’on aidé à réadapter sa posture et sa façon de marcher au fil du temps. «Mme Côté et son équipe m’ont rééduqué de A à Z pour que je puisse reprendre mes activités courantes au bataillon, mais aussi avec ma famille», relate cet amateur de randonnées pédestres.


Un an après un grave accident de parachute, le Sgt Dupont-Boisvert,
grâce aux bienfaits du CPA, a pris part à une compétition de calibre
international de patrouille en milieu tropical.


Grand retour
Les sceptiques ont finalement été confondus. Un an plus tard, presque jour pour jour, Guillaume Dupont-Boisvert se tenait fermement sur ses deux jambes et prenait part à une compétition militaire internationale de patrouille au cœur de la forêt amazonienne. «Je ne suis pas revenu à 100 %, mais l’équipe du CPA m’a appris tout ce dont j’avais besoin de savoir pour continuer le métier que j’aime. Je leur dois beaucoup», témoigne aujourd’hui le Sgt Dupont-Boisvert. Depuis son retour au 3 R22eR, il a été déployé à deux reprises en Afrique dans le cadre de l’opération NABERIUS.

Formule éprouvée
«On cherche à favoriser le rétablissement physique, mais aussi la santé mentale et le bien-être. (…) Le sentiment d’accomplissement commence souvent avec nos programmes de notre clientèle parce qu’ils comportent des exercices concrets pour eux», affirme Véronique Côté du CPA. 

En 2018, l’équipe aux commandes du CPA a coordonné la réadaptation de 235 personnes en moyenne. Le taux de réussite du programme est de 90 %. «Notre équipe collabore avec les unités et les chaînes de commandement pour atteindre le plus de militaires possible. On veut continuer de renforcer ce partenariat!», indique Mme Côté. 

En tant que coordonnateur attitré aux blessés, le sergent Simon Paquet, membre du Quartier général et Escadron des transmissions, est la courroie de transmission entre l’équipe des PSP et les membres de son unité assignés au CPA. «Quand on est blessé, souvent, on ne sait pas trop les étapes à suivre. Le CPA donne l’encadrement nécessaire à ceux qui sont moins habitués à l’entraînement physique. (…) Depuis les deux derniers mois, on voit une habitude s’installer chez nos blessés. Le taux d’assiduité de nos membres au CPA frôle le 100 %!», explique-t-il.