Caporal Nédia Coutinho : photographe des profondeurs

 
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13 février 2019, Édouard Dufour, Adsum

La flore et la faune aquatiques fascinent les amateurs de plongée. Le caporal Nédia Coutinho, technicienne en imagerie à la Base Valcartier, est de ces personnes qui aiment explorer les fonds marins pour y découvrir leurs habitats riches et diversifiés. Et elle en revient avec de magnifiques photos.

La vie aquatique dans le viseur du caporal Coutinho.

C’est en 2004 que Nédia Coutinho a commencé à pratiquer la plongée sous-marine en compagnie de son mari, activité à laquelle elle a jumelé son amour de la photographie. De fil en aiguille, ses photos de la vie sous-marine ont attiré l’attention de chercheurs dans le domaine.

«Depuis mon enfance, j’ai toujours voulu explorer les fonds marins. Lorsqu’on voit une étendue d’eau, on ne se doute jamais de ce qu’on peut découvrir en dessous», explique le Cpl Coutinho, membre des Forces armées canadiennes (FAC) depuis 2007. «Deux ans après avoir commencé la plongée, nous avons acquis notre premier caisson sous-marin pour insérer notre caméra», ajoute le Cpl Coutinho. C’est en visionnant les célèbres documentaires du cinéaste Jacques-Yves Cousteau qu’elle s’est éprise de la plongée sous-marine. 

Depuis maintenant plus de dix ans, le couple capture la vie sous-marine à travers le monde en la photographiant et en la filmant. Son mari et elle ont plongé au Mexique, en Australie, au Honduras, en Ontario et en Nouvelle-Écosse. C’est d’ailleurs dans les eaux froides de cette province que le Cpl Coutinho et son conjoint ont fait leur plus grande découverte : un cheval de mer. «C’était exceptionnel de trouver un hippocampe dans une eau aussi froide! J’ai contacté le centre de recherche de l’Université Dalousie, la garde côtière et des océanographes», raconte le Cpl Coutinho. 

Cette découverte a été immortalisée grâce à une captation vidéo du couple. Elle a donné un élan aux recherches de la communauté internationale en matière de changements climatiques et de l’analyse du comportement des espèces, allant même jusqu’à susciter l’intérêt du Dr David Suzuki, généticien canadien connu pour sa promotion des sciences et son militantisme écologiste.

Sous l’eau
La pratique de la plongée sous-marine avec bombonne d’air nécessite une formation spécifique, ainsi qu’une accréditation. «Il faut savoir comment réagir selon les différentes situations. La température et la visibilité peuvent rapidement changer sous l’eau. On plonge aussi avec quelqu’un pour des raisons de sécurité. Il faut bien comprendre la communication par signes et savoir porter secours en cas de problème», affirme le Cpl Coutinho. Celle-ci est équipée d’une montre qui calcule la température et la profondeur de l’eau, ainsi que l’endroit exact où elle se trouve. 

Certains mélanges de gaz injectés dans les bombonnes d’air permettent aux plongeurs d’atteindre des niveaux de profondeurs plus élevés. C’est ainsi que la photographe a pu se rendre sur des sites d’épaves, comme celle reposant au fond du lac Ontario à Kingston. Nédia Coutinho souligne que plusieurs endroits sont propices à la plongée sous-marine à Québec, tels que le lac Beauport et la rivière Montmorency.

Actifs
Par le biais de leur entreprise, UW Distribution, le Cpl Coutinho et son conjoint offrent des services de recherche sous-marine d’objets égarés et de photographie de portraits sous l’eau, en plus d’être distributeurs de caissons hydrofuges pour appareils numériques. Depuis 2012, les photographies du couple sont exposées dans différentes bibliothèques du Québec et de la Nouvelle-Écosse. 

Nédia Coutinho dit apprécier la chance qu’elle a eue de devenir technicienne en imagerie au sein des FAC et de pouvoir ainsi marier sa passion de longue date pour la photo à son travail. «Je voulais initialement devenir artilleur!», se remémore-t-elle avec le sourire.