Op PRESENCE : des membres du 430 ETAH se déploient au Mali

 
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17 janvier 2019, Édouard Dufour, Adsum
 
Une centaine de membres du 430e Escadron tactique d’hélicoptères (430 ETAH) quittent la Base Valcartier ce mois-ci afin de prendre part à la mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA). L’Adsum s’est entretenu avec le commandant du 430 ETAH, lieutenant-colonel Mike Babin. Celui-ci sera aux commandes du Bataillon canadien d’aviation au Mali pour les six prochains mois.

«La responsabilité première du Canada au Mali est l’évacuation médicale par hélicoptère. Il s’agit d’un soutien critique aux forces sur le terrain et d’une capacité très spécialisée», explique le Lcol Babin, à quelques jours de la relève planifiée de l’escadron 408 d’Edmonton par le 430 ETAH au Mali.



Le major-général Christian Drouin, commandant de la 1re Division aérienne du Canada, est venu saluer les membres du 430 ETAH sur le point de s’envoler vers le Mali. Photo : Cpl François Charest, photographe 430 ETAH

L’opération PRESENCE au Mali comporte deux volets. L’objectif primaire des militaires canadiens est l’évacuation médicale d’alliés de la coalition et de civils maliens. Selon le Lcol Babin, ce mandat est ininterrompu «24 heures par jour, sept jours par semaine». Le volet secondaire de l’op PRESENCE consiste à assurer le transport des troupes et de matériel.
Au total, c’est une force de près de 250 soldats canadiens, ainsi que plusieurs hélicoptères Chinook et CH-146 Griffon, qui œuvrent depuis 2018 en sol malien. «L’évacuation médicale par hélicoptère est un rôle intéressant et une toute nouvelle capacité qui est confiée au Canada. Nous avons développé cette capacité au printemps 2018», précise le Lcol Babin.
Lorsqu’un blessé a été identifié et que le temps presse, c’est une équipe chevronnée composée de 13 personnes, dont un médecin, un infirmier, deux techniciens médicaux, quatre fantassins responsables de la protection et plusieurs membres d’équipage qui prennent place dans un hélicoptère de type Chinook pour porter secours à la victime.
«Peu importe l’heure du jour ou de la nuit, tout ce personnel peut être prêt en 15 minutes!», affirme le Lcol Babin. L’hélicoptère se transforme prestement en salle de réanimation ambulante à la réception de chaque blessé. «Nous stabilisons à peu près n’importe quel type de blessure. On peut par exemple ouvrir une poitrine et masser un cœur en plein vol», confie le Lcol Babin. L’équipe médicale aérienne du Canada peut traiter jusqu’à six patients en même temps (deux allongés sur des civières et quatre ambulants).
En 2018, une délégation de militaires de l’Aviation royale canadienne a fait le voyage jusqu’au Royaume-Uni et en Hollande, afin de bénéficier de l’expertise et des conseils de ces deux pays alliés du Canada, dans l’optique de se doter de la capacité aéromédicale la plus solide qui soit. Un exercice de coordination à Petawawa a finalement peaufiné la préparation des Canadiens à l’approche de la mission au Mali.
Défis
«La mission d’effectuer un vol du point A au point B est assez simple pour des aviateurs d’expérience. Les choses se compliquent cependant lorsqu’il faut le faire très rapidement et dans un environnement complexe», explique le Lcol Babin. Les chaleurs extrêmes, la poussière et les tempêtes de sable sont quelques-uns des défis que peut réserver le désert malien. Il ajoute que la capacité aérienne du Canada permet à certaines régions du Mali d’être jointes par les forces de la coalition, et ce, pour la première fois depuis le début de la MINUSMA, en 2012.
«Il n’y a aucune route terrestre à plusieurs endroits. Ce n’est pas comme lors des déploiements passés en Afghanistan où nous pouvions ravitailler nos hélicoptères grâce à plusieurs campements différents. Nous devons calculer avec précision nos besoins de carburant avant chaque départ», atteste le Lcol Babin.
Les troupes canadiennes sont appelées à intervenir dans une zone au nord-est du Mali. Celle-ci s’étend sur près de 500 kilomètres. «Nous sommes les seuls à détenir la capacité pour ce genre d’opération de sauvetage. Si nous ne pouvons pas y aller, personne ne le peut», relate le Lcol Babin. «Nos troupes sauvent des vies. La population canadienne peut en être fière», stipule le commandant du 430 ETAH.
Contexte et atouts
La MINUSMA tente d’assurer la paix au Mali depuis maintenant plus de sept ans. «Il y a beaucoup de développements. La situation évolue et la coalition a réussi à contrôler certaines parties du pays. Des casques bleus sont maintenant déployés dans certaines régions où il n’y en avait pas auparavant et un sentiment de plus grande sécurité se développe», décrit le Lcol Babin. Selon lui, le fait qu’un grand nombre de membres du 430 ETAH soient francophones jouera un rôle crucial afin d’améliorer les communications avec les alliés francophones de l’Union africaine et la population malienne. «Le français n’est pas toujours leur langue primaire, mais ils le parlent et c’est un gros avantage», souligne le Lcol Babin. Il ajoute que la qualité de l’entraînement et de l’équipement des troupes canadiennes se compare avantageusement à ceux de certains pays. «Les militaires canadiens sont toujours appréciés sur les différentes bases de la coalition. Nous sommes un pays relativement jeune qui n’a jamais envahi personne.»
Indispensable Chinook
Le Canada s’est récemment doté d’une quinzaine d’hélicoptères Chinook neufs, dont trois sont présentement utilisés au Mali. «Ces appareils sont présentement à la fine pointe de la technologie en matière d’aviation. Nous les avons modifiés pour qu’ils soient adaptés aux opérations dans le Grand Nord canadien. L’autonomie de vol de nos Chinook est beaucoup plus grande que le modèle standard puisque les réservoirs d’essence sont gigantesques», soutient le Lcol Babin. «L’avionique et les systèmes de contremesure sont aussi hyper performants. Les risques d’opérer dans le désert sont grandement diminués grâce au Chinook. Il peut atterrir de manière complètement automatisée dans le désert et sa capacité de chargement est aussi très grande!», conclut le Lcol Mike Babin.