Buste érigé en l’honneur d’un Canadien récipiendaire de la Croix de Victoria

 
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21 novembre 2018, Édouard Dufour, Adsum

Le 11 novembre, le Club Kaeble a procédé à la présentation du buste du caporal Joseph Kaeble, un héros canadien de la Première Guerre mondiale devant deux nièces et quelques militaires. L’activité s’est tenu 100 ans après les actes courageux posés par le Cpl Kaeble au front. 

Des membres de la famille du caporal Joseph Kaeble, dont deux nièces,
ont fait le voyage jusqu’à la Base Valcartier en cette occasion spéciale.
Photo : Sgt Simon Duchesne, Imagerie Valcartier


Le buste du Cpl Kaeble trônera désormais près de l’entrée du bâtiment qui abrite le Mess des caporaux-chefs et le Mess des soldats et caporaux. 

C’est lors des situations les plus sombres que certains refusent de courber l’échine et de s’avouer vaincus face à l’adversité. Le Cpl Joseph Kaeble était un homme de cette trempe. Il a été le premier Canadien-français à mériter la Croix de Victoria, la plus haute distinction honorifique du Commonwealth, après avoir mis en déroute la menace ennemie, au péril de sa vie.

Trois ans avant les célébrations du 100e anniversaire du Royal 22e Régiment (R22eR) en 2014, le capitaine Daniel Parenteau a amorcé la mise en branle de projets visant à mettre en valeur les accomplissements de militaires canadiens. Le Capt Parenteau a expliqué que le buste du Cpl Kaeble, nouvellement installé à la Base Valcartier, est en fait «une réplique exacte» de celui qui se trouve à la Citadelle de Québec, près de ceux du brigadier-général Paul Triquet et du lieutenant Jean Brillant, également récipiendaires de la Croix de Victoria.
«C’est très rare d’avoir la chance d’honorer un caporal dont les actes héroïques ont été reconnus aux niveaux national et international», souligne le Capt Parenteau, ajoutant du même souffle que Joseph Kaeble est un symbole de fierté pour les soldats et caporaux, mais également pour l’ensemble du R22eR. En effet, le jeune caporal était dans les rangs du 22e Bataillon (canadien-français), ancêtre du Régiment.

Création complexe
Le buste a été réalisé par l’artiste Johanne Fontaine qui s’est inspirée d’une photo du Cpl Kaeble et des récits d’archives l’entourant. «Je suis vraiment contente d’être ici aujourd’hui. (…) J’ai eu beaucoup de plaisir et d’émotions à créer le buste de ce jeune caporal», relate Mme Fontaine. 

Ayant d’abord produit deux bustes en argile, un matériel trop lourd, Mme Fontaine a ensuite utilisé de la plasticine pour la version définitive. Un très délicat processus de transport jusqu’à la fonderie s’en est suivi, selon le Capt Parenteau. Une fois acheminé, le buste a été recouvert de latex qu’on a ensuite retiré pour couler de la cire à l’intérieur de la membrane formée. De l’argile a été mélangée à la cire pour donner un moule capable d’accueillir le bronze en fusion. 

«La création pourra être préservée dans sa forme actuelle pendant des centaines d’années. Il faut l’enduire d’une cire protectrice une fois par an», indique le Capt Parenteau.
Que ce soit la casquette que portait le Cpl Kaeble, les médailles qui lui ont été décernées à titre posthume ou le texte explicatif qui figure à la base du monument, aucun détail n’a été laissé au hasard. Le Capt Parenteau confirme d’ailleurs que les informations gravées sur le buste ont toutes été vérifiées par le département d’histoire et du patrimoine à Ottawa. La parenté du Cpl Kaeble a aussi contribué en fournissant de multiples artefacts concernant leur ancêtre.

Défendre les siens
En 1918, à la suite d’un violent bombardement, le Cpl Kaeble demeura, stoïque, à son poste. Dès que le tir de barrage cessa, une cinquantaine de soldats allemands passèrent à l’attaque. Alors que sa section était hors de combat, le Cpl Kaeble s'élança au-dessus du parapet. Tenant sa mitrailleuse contre sa hanche, il vida ses chargeurs sur l'ennemi. Malgré plusieurs blessures causées par des fragments d'obus, il continua à tirer. Sa détermination lui permit de freiner complètement l'avance de l'ennemi. Enfin, tout en continuant à tirer, il retomba dans la tranchée, blessé mortellement. Couché sur le dos dans la tranchée, il tira ses dernières cartouches au-dessus du parapet, sur les Allemands qu’il venait de faire fuir. Avant de perdre connaissance, il cria à ses camarades blessés gisant autour de lui : «Ne lâchez pas les gars! Ne les laissez pas passer! Il faut les arrêter!»