Des femmes au CMR Saint-Jean depuis 40 ans

 
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25 novembre 2020 - Yves BélangerServir  


Il y 40 ans, le Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean) accueillait sa première cohorte féminine. Vingt-et-une femmes ont alors amorcé leurs études au sein de l’établissement militaire, ouvrant la porte aux centaines d’autres qui ont suivi au fil des ans. 

«Vingt d’entre elles ont terminé la première année au sein de l’établissement», rappelle Vincent O’Neill, coordonnateur au Musée du Fort Saint-Jean. Il ajoute qu’au même moment, soit de 1981 à 1985, une femme, la major Marcelle Langlois, a été nommée au poste de directrice de l’administration du CMR Saint-Jean. «C’était la première fois qu’une femme occupait un tel poste au sein de l’établissement.» En 1985, les huit premières femmes officiers ont obtenu leur diplôme d’études universitaires du CMR Saint-Jean.


Les 20 premières femmes officiers à obtenir leur diplôme du Collège militaire royal de Saint-Jean en 1985. / The first 20 female officers to graduate from the Royal Military College Saint-Jean in 1985. (Photo : courtoisie)

Carolyn Hug, qui est aujourd’hui présidente du Chapitre du Fort Saint-Jean du Club national des Anciens et de la Fondation des collèges militaires royaux du Canada, est au nombre de ces premières femmes officiers à obtenir leur diplôme de l’établissement. Elle y a commencé ses études en 1983. Elle avoue s’être sentie à sa place dès son arrivée. «Les femmes de la toute première cohorte ont été des pionnières et ont fait un excellent travail d’intégration. Elles ont tracé le chemin et je les en remercie.»

Le leadership au féminin


Quarante ans après avoir accueilli les premières femmes, le Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean) compte aujourd’hui plusieurs leaders féminines au sein de son établissement.

La lieutenant-colonel Caroline Chartier est l’une d’entre elles. Depuis quelques mois, elle occupe le poste de commandant adjoint du CMR Saint-Jean. Celle-ci s’est enrôlée au sein des Forces armées canadiennes (FAC) en 1990. Elle étudiait alors à l’Université de Montréal en diététique. À la recherche de défis, elle a opté pour une carrière militaire. «Je ne me voyais vraiment pas travailler dans un hôpital à préparer des menus pour les malades. Je suis une femme qui a toujours aimé l’action.»


La lieutenant-colonel Caroline Chartier, commandant adjoint du Collège militaire royal de Saint-Jean. (Photo : courtoisie)

Sa première affectation a été au CMR Saint-Jean comme officier d’alimentation. Jamais, à ce moment, elle n'aurait pensé occuper un jour le fauteuil du commandant adjoint. «Mais je suis tellement heureuse d’occuper ce poste. Quand j’y ai travaillé il y a 30 ans, je suis littéralement tombée en amour avec cet endroit. J’ai adoré y travailler.»

Femme d’action

Avant d’arriver à Saint-Jean-sur-Richelieu en juillet, Lcol Chartier travaillait à Ottawa, à l’État-major interarmées stratégique. Elle y occupait la plus haute position dans le domaine de la nutrition. Elle adore avoir un rôle de leader au sein des FAC. «Je trouve important que nos équipes soient dirigées par des équipes mixtes. Les hommes ont souvent un regard plus opérationnel alors que les femmes ont plus un regard émotionnel. Les deux se complètent à merveille.»

Avec près de 30 ans de carrière, la militaire avoue avoir vu les rapports hommes/femmes évoluer considérablement. «Quand j’ai commencé, j’étais la seule femme dans les cuisines. Je devais faire attention à ce que je disais ou faisais. Au fil des ans, j’ai vu une grande évolution dans la façon de traiter les femmes au sein des FAC. Les relations de travail sont beaucoup plus harmonieuses.»

Au cours de sa carrière militaire, la LCol Chartier a participé à cinq missions à l’étranger. Elle souligne qu’au sein des FAC, les femmes militaires ont une place enviable, même s’il reste du travail à faire. «Au sein du CMR Saint-Jean, nous avons actuellement une représentation féminine de 25 %. C’est encore peu, mais je me console quand je nous compare à d’autres pays. Au cours de mes déploiements, j’ai vu des femmes militaires d’autres pays dont la principale fonction était de servir le café.»

De mère en fille

Carolyn Hug, présidente Chapitre du Fort Saint-Jean, du Club national des Anciens et de la Fondation des collèges militaires royaux du Canada, est une autre leader qui gravite autour du CMR Saint-Jean. Après y avoir étudié de 1983 à 1988, elle a fait carrière comme officier de police militaire. 

En 1995, après la naissance de son troisième enfant, elle a décidé de quitter les FAC. «Jamais je n’aurais pensé faire ça. Toutefois, avec trois enfants, je ne me voyais plus être en mesure de partir en mission à l’étranger.» Elle a toutefois gardé un lien avec la vie militaire en faisant du bénévolat, entre autres, au sein du Chapitre du Fort Saint-Jean, du Club national des Anciens et de la Fondation des collèges militaires royaux du Canada. 


Carolyn Hug est au nombre des premières femmes ayant étudié au Collège militaire royal de Saint-Jean. (Photo : courtoisie)

En 2011, sa fille, Marie-Claire Pharand, a suivi ses traces et a commencé ses études au CMR Saint-Jean. Elle est aujourd’hui capitaine et travaille comme aide de camp du brigadier-général Gervais Carpentier, commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées du Canada. «Je suis très fière d’elle.»

Mme Hug dit avoir beaucoup de plaisir à discuter avec sa fille de la vie militaire et de la place des femmes au sein de l’organisation. «Je constate qu’il y a des choses similaires à ce que j’ai vécu, mais qu’il y  aussi beaucoup d’améliorations.»
L’une des choses qui perdure est l’esprit de camaraderie qui se développe entre les élèves-officiers et aspirants de marine des différentes cohortes. «Aujourd’hui, je suis encore en contact avec la majorité des gens qui ont étudié avec moi au CMR Saint-Jean. Ces liens sont très forts et je crois qu’on ne retrouve cela nulle part ailleurs.»

Les mentalités qui changent


Annick Girard est la doyenne des enseignants au Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean). Elle a commencé à y travailler à temps partiel en 1997. Depuis 2002, elle y enseigne la littérature française sur une base permanente. Au fil des ans, elle a vu les mentalités évoluer au sein des groupes d’élèves-officiers et d’aspirants de marine.

Elle soutient qu’à ses débuts, elle entendait souvent des commentaires de la part des élèves-officiers à propos des jeunes femmes qui étaient meilleures au niveau académique, mais que les gars étaient meilleurs dans les sports. «Heureusement, on n’entend plus ce genre de commentaires. Au cours des années, les jeunes filles ont aussi démontré qu’elles pouvaient être très performantes au niveau physique.»

L’enseignante mentionne que, même si elles sont minoritaires au CMR Saint-Jean, les femmes y ont une place très pertinente. «Cela donne un tout autre visage à notre institution. J’ai beaucoup de plaisir à voir les garçons apprendre à échanger leurs idées avec les filles en classe.»


Annick Girard. (Photo : courtoisie)

Elle se dit choyée de travailler sans un tel environnement. «C’est bien, car nous accueillons les élèves-officiers et aspirants de marine alors qu’ils ont à peine 17 ans. Ces jeunes ont un sens de l’engagement hors du commun. Nous avons ensuite le privilège de les voir évoluer, car nous les recroisons souvent au fils des ans. Le CMR Saint-Jean est l’une des dernières écoles où les professeurs connaissent autant leurs étudiants.»

Régulièrement aussi, les enseignants ont la chance de revoir leurs anciens étudiants lorsque ceux-ci viennent travailler au sein de l’établissement. «Les femmes officiers que j’ai revu me parlent des excellents souvenirs qu’elles conservent de leur passage ici.»

Mme Girard soutient que le fait que les jeunes  femmes soient minoritaires dans un établissement comme le CMR Saint-Jean les rapproche beaucoup. «On sent une grande solidarité entre ces élèves-officiers et celle-ci se poursuit même après qu’elles aient obtenu leur diplôme.»

De nouvelles pionnières


Cette année, le Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean) compte trois nouvelles pionnières: les élèves-officiers Anastasia Ichim, Anne-Sophie Sicotte et Aurélie Godard-Paquette. Elles sont les trois femmes parmi les 14 élèves-officiers qui, au printemps 2021, obtiendront leur baccalauréat en Études internationales.

Rappelons que lors de la réouverture du CMR Saint-Jean en 2008, l’établissement n’offrait que la formation collégiale. C’est en 2018 que le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, y a autorisé le retour des études universitaires. Les trois futurs officiers avouent vivre un certain stress actuellement. «Il y a un côté excitant à l’idée de terminer les études, mais en même temps, c’est de l’inconnu qui nous attend après. C’est un peu stressant», explique l’Élof Ichim.


Les élèves-officiers Anastasia Ichim, Anne-Sophie Sicotte et Aurélie Godard-Paquette. (Photo : CMR Saint-Jean)

La crise sanitaire de la COVID-19 n’aide en rien la situation. En effet, les étudiants ne peuvent en aucun moment sortir de l’enceinte du Collège pour éviter d’être contaminés. Les finissantes ressentent d’ailleurs une certaine inquiétude quant aux cérémonies entourant la fin de leurs études. «Nous espérons qu’au printemps, la situation permettra la tenue des cérémonies de fin d’année. Vivre ça via la plateforme Zoom ne sera pas pareil», lance l’Élof Sicotte.

L’Élof Ichim travaillera en administration des soins de santé et une carrière dans le renseignement attend l’Élof Sicotte. Pour sa part, l’Élof Godard-Paquette effectuera une carrière de pilote.

Les trois femmes ont visiblement adoré leur parcours au CMR Saint-Jean. Elles soutiennent ne pas s’être senties différentes des élèves-officiers masculins. «Les choses ont changé depuis 40 ans. La majorité de nos confrères ne font pas état du genre. L’important, c’est que nous soyons en mesure de faire le travail et ça, on leur a prouvé à maintes reprises au fils des ans», lance l’Élof Sicotte.

L’Élof Godard-Paquette indique que les relations entre les hommes et les femmes au CMR Saint-Jean ne sont pas différentes que dans le reste de la société et se dit lassée que les gens parlent des différences entre hommes et femmes dans les différentes sphères de la société. «J’ai vraiment hâte que l’on voit les gens en fonction de leur grade ou de leur fonction et non en fonction de leur genre.»

À ce sujet, les trois femmes s’entendent pour dire qu’elles ne se voient pas comme les trois premières femmes à obtenir un diplôme universitaire du CMR Saint-Jean. «Nous, on se voit plutôt comme faisant partie des 14 élèves-officiers qui obtiendront leur diplôme. On ne fait pas la différence avec nos confrères masculins», conclut l’Élof Anastasia Ichim.

Favoriser la diversité


Actuellement, 25 % des élèves-officiers inscrits au Collège militaire royal de Saint-Jean (CMR Saint-Jean) sont des femmes. L’établissement espère encore augmenter ce nombre au cours des prochaines années afin de mieux refléter la population canadienne. Diverses actions sont prises pour y arriver.

Parmi celles-ci, la lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot, officier des affaires publiques et officier de la diversité au CMR Saint-Jean, parle entre autres de la création du Comité de la diversité, le COVI, dont elle est la responsable. «En fait, c’est le comité des femmes qui se transforme en comité de la diversité afin d’être plus inclusif et de mieux refléter les réalités du monde dans lequel nous vivons.»

L’idée est ressortie lors de diverses tables rondes organisées avec les élèves-officiers pour mieux connaître quels étaient leurs besoins et préoccupations. «Ce comité sera officiellement lancé le 26 novembre», lance fièrement la Ltv Bonnardot.
Elle dit avoir été très surprise par le nombre d’élèves-officiers intéressés à s’impliquer volontairement au sein de ce comité. «50 % d’entre eux ont montré leur intérêt», précise-t-elle.


La lieutenant de vaisseau Delphine Bonnardot, officier des affaires publiques et officier de la diversité. / Lieutenant Navy Delphine Bonnardot, public affairs and diversity officer. (Photo : courtoisie)

Ce comité permettra aux élèves-officiers de s’exprimer et de trouver des moyens pour améliorer encore plus les relations avec leurs pairs, quels que soient leur genre, leur orientation sexuelle, leurs origines, etc. «C’est bien, car les membres du comité auront un accès direct à la chaîne de commandement pour faire valoir leurs points et identifier des enjeux systémiques pour y mettre fin.»

Programme de mentorat féminin

Le CMR Saint-Jean a également créé le Réseau des femmes du CMR Saint-Jean, qui se veut un programme de mentorat. «L’idée est de permettre aux jeunes femmes de rencontrer d’autres femmes qui sont passées par le même chemin qu’elles et qui ont appris à faire leur place au sein des Forces armées canadiennes (FAC) ou sur le marché du travail.»

La Ltv Bonnardot explique qu’autant les militaires que les membres du personnel civil du CMR Saint-Jean sont les bienvenus au sein de ce réseau. «Ce que nous souhaitons, c’est que des femmes puissent en inspirer d’autres grâce à leur expérience de vie et leur carrière.»

Un agent de changement

La Ltv Bonnardot est très fière de travailler au CMR Saint-Jean, un établissement qu’elle considère comme un agent de changement au sein des FAC. « Nous avons ici une très belle représentation de femmes occupant des postes stratégiques et la chaîne de commandement est déterminée à poursuivre sur cette voie.» Pour elle, il est essentiel de mettre les femmes de l’avant et de continuer à avoir un discours inclusif où chacun va se retrouver. Elle est d’ailleurs heureuse de constater la place que les hommes font aux femmes au CMR Saint-Jean. «Il ne faut pas oublier aussi qu’une pleine intégration des femmes passe également par les hommes.»

    


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Women at RMC Saint-Jean for 40 years


Yves BélangerServir  

Fourty years ago, the Royal Military College Saint-Jean (RMC Saint-Jean) welcomed its first female cohort. Twenty-one women then began their studies at the military establishment, opening the door to the hundreds more who followed over the years.

"Twenty of them completed their first year at the institution," recalls Vincent O’Neill, Coordinator at the Fort Saint-Jean museum. He adds that at the same time, from 1981 to 1985, a woman, Major Marcelle Langlois, was appointed to the role of Director of Administration of RMC Saint-Jean. "This was the first time a woman has held such a position at the facility." In 1985, the first eight female officers graduated from RMC Saint-Jean.


The first 20 female officers to graduate from the Royal Military College Saint-Jean in 1985. (Photo : courtoisie)

Carolyn Hug, who is now president of the Fort Saint-Jean Chapter of the National Alumni Club and the Royal Military Colleges of Canada Foundation, was among the first female Officers to graduate from the institution. She began her studies there in 1983. She explains that she felt at her place when she arrived. "The women in the very first cohort were pioneers and did a great job of integration. They have paved the way and I thank them for it." 
 

Female leadership


Forty years after welcoming the first women, the Royal Military College Saint-Jean (CMR Saint-Jean) now has several female leaders within its establishment.

Lieutenant-Colonel Caroline Chartier is one of them. For the past few months, she has held the position of Deputy Commander of RMC Saint-Jean. She enlisted in the Canadian Armed Forces (CAF) in 1990. She was studying dietetics at the University of Montreal at the time. In search of challenges, she opted for a military career. "I really didn't see myself working in a hospital preparing menus for the sick. I am a woman who has always loved acting."


Lieutenant-Colonel Caroline Chartier, Deputy Commander of the Royal Military College Saint-Jean. (Photo : courtoisie)

His first posting was at RMC Saint-Jean as a feed officer. At that moment, she would never have thought of occupying the chair of the deputy commander. "But I’m so happy to have this job. When I worked there 30 years ago, I literally fell in love with this place. I loved working there."

Woman of action

Prior to arriving in Saint-Jean-sur-Richelieu in July, LCol Chartier worked in Ottawa at the Strategic Joint Chiefs of Staff. She held the highest position there in the field of nutrition. She loves having a leadership role in the CAF. "I find it important that our teams are led by mixed teams. Men often have a more operational outlook while women have more of an emotional outlook. The two complement each other wonderfully."

With nearly 30 years of career, the military admits to having seen the relationship men / women evolve considerably. "When I started, I was the only woman in the kitchens. I had to be careful what I said or did. Over the years, I have seen a great evolution in the way women are treated in the CAF. Labor relations are much more harmonious."

During its military career, LCol Chartier participated in five missions abroad. She points out that within the CAF, women in the military have an enviable place, even though there is still work to be done. "Within RMC Saint-Jean, we currently have 25% female representation. It’s not much yet, but I take comfort in comparing us to other countries. During my deployments, I have seen military women from other countries whose main function was to serve coffee."

From mother to daughter

Another leader who revolves around RMC Saint-Jean is Carolyn Hug, President of the Fort Saint-Jean Chapter, of the Club national des Anciens and of the Royal Military Colleges of Canada Foundation. After studying there from 1983 to 1988, she made a career as a military police officer.

In 1995, after the birth of her third child, she decided to leave the Forces. "I never thought I would do that. However, with three children, I no longer saw myself being able to go on a mission abroad." However, she kept a connection with military life by volunteering, among others, with the Fort Saint-Jean Chapter, the National Veterans Club and the Royal Military Colleges Foundation of Canada.


Carolyn Hug was among the first women to study at the Royal Military College Saint-Jean. (Photo : courtoisie)

In 2011, her daughter, Marie-Claire Pharand, followed in her footsteps and began her studies at CMR Saint-Jean. She is now captain and works as the aide-de-camp to Brigadier-General Gervais Carpentier, Commander of 2nd Canadian Division and Canadian Joint Task Force (East). "I am very proud of her."

Ms. Hug says she enjoys discussing military life and the place of women in the organization with her daughter. "I see that there are similar things to what I've been through, but there are also a lot of improvements."

One of the things that is ongoing is the spirit of camaraderie that develops between the officer cadets of the different cohorts. "Today, I am still in contact with the majority of the people who studied with me at RMC Saint-Jean. These ties are very strong and I don't think you can find that anywhere else."

Mentalities that are changing


Annick Girard is the Dean of Teachers at the Royal Military College Saint-Jean (RMC Saint-Jean). She started working there part-time in 1997. Since 2002, she has been teaching French literature there on a permanent basis. Over the years, she has seen attitudes change within the officer cadets and naval cadets groups.

She claims that in her early days, she often heard comments from officer cadets about young women who were better academically, but guys were better at sports. "Fortunately, we don't hear those kinds of comments anymore. Over the years, the young girls have also shown that they can perform very well physically."


Annick Girard. (Photo : courtoisie)

The teacher mentions that, even though they are in the minority at RMC Saint-Jean, women have a very relevant place. "This gives our institution a whole new face. I really enjoy watching the boys learn to exchange ideas with the girls in class."

She says she is blessed to work in such an environment. "This is good because we welcome the cadets and navel cadets when they are barely 17 years old. These young people have an extraordinary sense of commitment. We then have the privilege of seeing them evolve, because we often cross paths with them over the years. RMC Saint-Jean is one of the last schools where teachers know their students so well."

Regularly, teachers also have the chance to see their former students when they come to work at the institution. "The women officers I have seen tell me about the fond memories they have of their time here."

Ms. Girard maintains that the fact that young women are in the minority in an establishment like CMR Saint-Jean brings them together. "You can feel a great solidarity between these cadets and it continues even after they graduate."

New pioneers


This year, the Royal Military College Saint-Jean (RMC Saint-Jean) has three new pioneers: Officer Cadets Anastasia Ichim, Anne-Sophie Sicotte and Aurélie Godard-Paquette. They are the three women among the 14 officer cadets who will graduate in International Studies in the spring of 2021.

Remember that when RMC Saint-Jean reopened in 2008, the establishment only offered college training. It was in 2018 that the Minister of National Defence, Harjit Sajjan, authorized the return of university studies.



Cadet Officers Anastasia Ichim, Anne-Sophie Sicotte et Aurélie Godard-Paquette. (Photo : CMR Saint-Jean)

The three future Officers admit to being under a lot of stress at the moment. “There's an exciting side to finishing school, but at the same time, it's the unknown that awaits us afterwards. It's a little stressful”, explains OCdt Ishim.

The COVID-19 health crisis is not helping the situation. In fact, students cannot leave the College grounds at any time to avoid being contaminated. The graduates also feel a certain concern about the ceremonies surrounding the end of their studies. “We hope that in the spring the situation will allow for the year-end ceremonies. Experiencing this through the Zoom platform will not be the same”, says OCdt Sicotte.

OCdt Ishim will be working in health care administration and a career in Intelligence awaits OCdt Sicotte. For his part, OCdt Godard-Paquette will pursue a career as a pilot.

The three women obviously loved their journey at RMC Saint-Jean. They say they did not feel different from the male cadets. “Things have changed for 40 years. The majority of our colleagues do not mention the gender. The important thing is that we are able to do the job and that has been proven to them time and time again over the years,” says OCdt Sicotte.

OCdt Godard-Paquette says the relationships between men and women at RMC Saint-Jean are no different than in the rest of society and she said he was a little tired of people talking about the differences between men and women in different spheres of society. “I really look forward to seeing people based on their rank or function and not on their gender.”

In this regard, the three women agree that they do not see themselves as the first three women to graduate from RMC Saint-Jean. “We see ourselves more as one of the 14 officer cadets who will graduate. We don't differentiate from our male colleagues,” concludes OCdt Anastasia Ichim.

Promoting diversity


Currently, 25% of cadets enrolled at the Royal Military College Saint-Jean (CMR Saint-Jean) are women. The establishment still  hopes increase this number over the years to better reflect the Canadian population. Various actions are taken to get there.

Among these, Lieutenant Navy Delphine Bonnardot, public affairs officer at RMC Saint-Jean, talks about the creation of a diversity committee, the COVI, of which she is responsible. "In fact, it's the women’s committee that turns into the diversity committee."


Lieutenant Navy Delphine Bonnardot, public affairs and diversity officer. (Photo : courtoisie)

The idea emerged during various round tables organized with the officer cadets to better understand their needs and concerns. "This committee will be officially launched on November 26," proudly says Lt(N) Bonnardot.

She said she was very surprised by the number of cadets interested in volunteering on this committee. "50% of them showed interest," she says.

This committee will allow officer cadets to express themselves and find ways to further improve relationships with their peers, regardless of gender, sexual orientation, origin, etc. "This is good because committee members will have direct access to the chain of command to make their points."

Female mentoring program

RMC Saint-Jean also created the Women's Network, which is intended to be a mentoring program. "The idea is to allow young women to meet other women who have gone through the same path as them and who have learned to find their place in the Canadian Armed Forces (FAC) or in the workforce."

Lt(N) Bonnardot explains that both military and civilian personnel from RMC Saint-Jean are welcome to join this network. "What we want is for women to be able to inspire others with their life experience and career."

An agent of change

Lt(N) Bonnardot is very proud to work at RMC Saint-Jean, an institution she sees as an agent of change within the CAF. "We have a very good representation of women in strategic positions here and the chain of command is determined to continue on this path." For her, it is essential to put women forward and to continue to have an inclusive approach where everyone will come together. She is also happy to see the place men give to women at RMC Saint-Jean. "We must also not forget that the full integration of women depends above all on men."