Une nouvelle mission pour Katia-Isabelle Boivin

 
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12 novembre 2020 - Yves BélangerServir  

Après des années difficiles vécues en raison d’une blessure de stress opérationnel, l’ex-militaire Katia-Isabelle Boivin, s’est trouvé une nouvelle mission, aider ceux et celles qui vivent une situation similaire. Elle raconte son histoire dans le livre Mémoires d’une déjantée, vivre avec un état de stress post-traumatique qu’elle vient tout juste de publier.

Katia-Isabelle Boivin s’est enrôlée dans les Forces armées canadiennes en 1991. Au cours de sa carrière, la caporal retraitée a œuvré au sein de la 5e Ambulance de campagne et du 41e Centre des services de santé des Forces canadiennes – Saint-Jean. Elle a entre autres été déployée au Rwanda et en ex-Yougoslavie. En 2003, après 12 ans de service, elle a repris le chemin de la vie civile. 


La caporal retraitée Katia-Isabelle Boivin a œuvré au sein de la 5e Ambulance de campagne et du 41e Centre des services de santé des Forces canadiennes – Saint-Jean. (Photo : courtoisie)

Tout allait pour le mieux dans la vie de la jeune mère de deux enfants jusqu’en 2008 où un événement traumatisant a fait remonter le passé à la surface. «Un jour, un de mes enfants, mon fils, est passé à deux doigts de la noyade. Un peu plus tard, des feux d’artifice ont commencé. À ce moment, je me suis retrouvée comme au beau milieu d’une fusillade en ex-Yougoslavie.»

À partir de ce moment, des flashbacks se sont mis à l’assaillir à tout moment. «Ç’a été le début de la chute aux enfers.» Toutefois, aucun médecin ne lui parlait de blessure de stress opérationnel. «À ce moment, les spécialistes optaient plutôt pour les troubles panique.»

De crise en crise, la santé mentale de Katia-Isabelle Boivin se dégradait. «Je me sentais tellement incomprise et jugée par mon entourage. Je n’étais pas facile à vivre et je n’étais plus capable de remplir mon rôle de mère.»

En 2009, elle a croisé un ancien confrère d’arme au centre commercial. En lui expliquant l’enfer qu’elle vivait, ce dernier lui a tout de suite parlé de la blessure de stress opérationnel et du fait que celle-ci puisse se réveiller des années après l’événement traumatisant. «J’ai compris que mon corps et mon âme avaient été en mode gel jusqu’à l’été 2008.»

La lumière au bout du tunnel

Un jour, alors qu’elle était sur le point de commettre l’irréparable, une idée a surgi de son esprit. «Je me suis dit que j’allais tout mettre en œuvre pour m’en sortir, pour redevenir une mère pour mes enfants, mais aussi pour aider les gens qui vivent le même type de situation. J’avais enfin trouvé ma nouvelle mission.»

C’est en 2014 qu’elle a amorcé l’écriture de son livre. Bien que cela ait été très thérapeutique, Katia-Isabelle Boivin avoue avoir vécu des moments difficiles. «C’était dur de me mettre ainsi à nu et de me remémorer ce que j’avais vécu.»

Aujourd’hui, l’ex-militaire se porte beaucoup mieux. «Il y a encore des moments difficiles, mais j’ai appris à contrôler mes crises et à vivre avec tout ça.»

En août dernier, Mémoires d’une déjantée, vivre avec un état de stress post-traumatique a vu le jour. «J’espère que mon livre pourra aider à mieux comprendre cette problématique et apporter de l’espoir.» Il est possible de se procurer le livre sur bouquinbec.ca et à la Librairie Moderne, à Saint-Jean-sur-Richelieu.
 


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