Il y a 30 ans, à Châteauguay

 
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28 octobre 2020 - Yves BélangerServir  

Il y a 30 ans, le capitaine (retraité) Yvon Pichette, padre au sein du 3e Bataillon, Royal 22e Régiment (3R22eR)*, était au nombre des soldats des Forces armées canadiennes (FAC) déployés à Châteauguay dans le cadre du conflit avec les Mohawks. Il a partagé avec le journal Servir ses souvenirs de cet événement qui a marqué l’été 1990.


Le vétéran explique que son unité revenait tout juste d’un exercice militaire de trois mois à Gagetown, au Nouveau-Brunswick. «Nous étions heureux de rentrer enfin chez nous.» Alors qu’ils étaient sur le chemin du retour, ils ont appris qu’ils devaient se rendre immédiatement à Châteauguay. «Le pont Mercier avait été fermé par les Mohawks pour appuyer leurs frères de la région d’Oka qui étaient en conflit avec cette municipalité au sujet d’un projet d’agrandissement du terrain de golf. On nous envoyait sur place pour assurer le maintien de la paix.» 


Le padre (capitaine) Yvon Pichette. (Photo : courtoisie)

Sans même retourner chez eux, le Capt Pichette et ses frères d’armes ont pris la direction de Châteauguay. «Cela n’a pas été facile, car nous avions hâte de retrouver nos familles. Ce déploiement a rallongé de trois mois le temps où nous avons été séparés de nos proches.» 

Le rôle des FAC dans ce conflit était de conserver une atmosphère propre à l’établissement de la paix. «Cela nous a apporté une certaine fierté de savoir que nous allions là pour servir les Québécois. La dernière intervention de l’armée canadienne au Québec remontait à la Crise d’octobre en 1970, un moment qui avait brisé des liens entre les FAC et la population québécoise.»

Un rôle important

Dans chaque unité de Réserve ou de la Force régulière, le padre est sans doute la personne la plus connue des militaires. En plus de veiller au bien-être spirituel, il est celui à qui les membres n’hésitent pas à confier leurs états d’âme. Il est également celui qui fait le lien entre la troupe et la chaîne de commandement. «C’est ainsi qu’elle se tient informée sur le moral des militaires en opération.»

Au cours de ce déploiement, le padre Pichette a été fort occupé. «Outre le fait que certains me confiaient leurs problèmes de couple, d’autres étaient inquiets au sujet de cette mission. Il y avait beaucoup de tension dans l’air. Ils craignaient que les FAC finissent par être appelées à attaquer les barricades mohawks. De fausses rumeurs circulaient à ce sujet.» Le Capt Pichette a passé beaucoup de temps à écouter les militaires et à les rassurer au cours de ces trois mois.

30 ans plus tard

Aujourd’hui à la retraite, Yvon Pichette retient principalement de ces événements de l’été 1990 qu’ils ont permis aux FAC de montrer aux Québécois leur réel rôle: celui des gardiens de la paix. «Du côté des militaires du 3R22eR présents sur les lieux, cela a permis de tisser de solides liens entre eux.»

*Le 3e Bataillon est aujourd’hui devenu le 1er Bataillon, Royal 22e Régiment.
 


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30 years ago, in Châteauguay


Yves BélangerServir 

30 years ago, Captain (retired) Yvon Pichette, padre in the 3e Battaillon, Royal 22e Régiment (3R22eR)*, was among the soldiers of the Canadian Armed Forces (CAF) deployed to Châteauguay as part of the conflict with the Mohawks. He shared with Servir newspaper his memories of this event that marked the summer of 1990.


The veteran explains that his unit had just returned from a three-month exercise in Gagetown, New Brunswick. “We were happy to finally come home." While on their way back, they learned that they had to go to Chateauguay immediately. “The Mercier bridge was closed by the Mohawks to support their brothers from the Oka region who were in conflict with this municipality over a golf course expansion project. We were sent there to maintain the peace.”


Padre Yvon Pichette.

Without even returning home, Capt Pichette and his brothers in arms headed for Châteauguay. “It wasn't easy as we couldn't wait to reunite with our families. This deployment extended the time we were separated from our loved ones by three months.”
The role of the CAF in this conflict was to maintain an atmosphere of peacemaking. “It gave us a certain pride in knowing that we were going there to serve Quebecers. The last intervention of the Canadian army in Quebec dated back to the October Crisis of 1970, a time that severed ties between the CAF and the people of Quebec.”

An important role

In every Reserve or Regular Force unit, the padre is arguably the best-known person. In addition to ensuring spiritual well-being, he is the one to whom members do not hesitate to confide their states of mind. He is also the one who makes the link between the troops and the chain of command. “This is how it keeps abreast of the morale of the military in operation.”

During this deployment, Padre Pichette was very busy. “Besides the fact that some confided in me their relationship problems, others were worried about this mission. There was a lot of tension in the air. They feared that the FAC would eventually be called upon to attack the Mohawk barricades. False rumors were circulating on this subject. Capt Pichette spent a lot of time listening to and reassuring CAF members over the course of those three months.

30 years later

Now retired, Yvon Pichette mainly remembers these events of the summer of 1990 that they allowed the CAF to show Quebecers their real role: that of peacekeepers. “On the side of the 3R22eR soldiers present on the scene, this made it possible to forge solid links between them. ”

* The 3R22eR has now become the 1er Bataillon, Royal 22e Régiment