L’Opération LASER : la réponse des Rangers canadiens à la COVID-19

 
Le journal de la communauté militaire - Garnison Saint-Jean et région de Montréal Contactez-nous    Format PDF

30 septembre 2020 - Capitaine Marie-Christine De Tilly, Officier des affaires publiques, BEPS - Est

Le 18 août 2020, le Bureau de l’engagement des partenaires stratégique – Est du Canada (BEPS - Est) a organisé une table ronde virtuelle entre trois membres du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC) et deux professeurs spécialisés sur les questions de sûreté, de sécurité et de souveraineté dans les régions polaires. 


La propagation de la COVID-19 dans les communautés éloignées et isolées est une préoccupation pour les universitaires, les autorités civiles et gouvernementales, et ce, depuis l'annonce de la pandémie. La menace d’une deuxième vague ne fait qu’accentuer cette inquiétude. 


La ranger Rowena Osborne et le ranger Terrence Anderson, de la patrouille d'Harrington-Harbour, livrent du bois pour un ancien sergent afin qu'il puisse construire une serre pour les ainés. (Photo : 2 GPRC)

L’objectif de cet échange était de permettre aux Rangers canadiens de partager leur expérience sur le terrain avec les deux chercheurs qui ont beaucoup écrit sur le rôle historique et contemporain des Forces armées canadiennes dans le Nord, les relations entre le Canada et les États-Unis, l'évolution du droit international dans l'Arctique et l'Antarctique, ainsi que sur la recherche, le sauvetage et la gestion des urgences dans la région.

«Les Rangers font partie d’une unité de réserve méconnue, chargée de maintenir une présence militaire dans les régions les moins peuplées du Canada», a expliqué la capitaine Julie Pagé, du 2 GPRC. 

Un nouveau défi

«La pandémie représente un nouveau défi pour les Rangers», ont déclaré la caporal-chef Rowena Osborne et le caporal Merlin Osborne. Si le travail des Rangers comprend généralement des opérations nationales (recherche et sauvetage, combat contre les feux de forêt ou les inondations), aujourd’hui, ils sont confrontés à un ennemi invisible, susceptible de se manifester à tout moment.


(Photo : 2 GPRC)

«Lorsque nous avons reçu l’équipement de protection individuelle, nous avons effectué différentes tâches allant de la sensibilisation au bien-être dans la communauté à l’identification des personnes et des familles à risque. Nous avons porté main-forte aux autorités civiles locales», a expliqué la Cplc Rowana Osborne. «Évidemment, nous avons peur de la COVID-19.
Si le virus devait entrer dans les communautés, ça pourrait avoir un impact énorme.»

Le Cpl Merlin Osborne a ajouté que «même si nous n’avons pas de cas dans notre communauté, nous rappelons à tous qu’ils doivent pratiquer la distanciation physique et rester à la maison autant que possible afin d’être prêts à toute éventualité. Les Rangers sont très respectés dans la communauté et nous tentons d’aider nos gens de toutes les façons possibles.»

Quand les autorités publiques ont eu besoin d’aide pour préparer leur réponse à la pandémie, c’est vers les Rangers qu’elles se sont tournées : ils sont déjà sur place et connaissent parfaitement l’environnement. «Je sais que certains membres de la communauté sont très inquiets. Ils veulent s'assurer qu'ils sont soutenus comme dans le Sud », mentionne la Capt Pagé. «Je crois qu'avec nos Rangers sur le terrain, nous pouvons aider à atténuer le niveau d'anxiété et rassurer les gens. Les Rangers sont bien adaptés à la tâche, car la plupart sont issus des communautés qu'ils servent et ils ont à cœur leur bien-être.» 

Situation exceptionnelle

Depuis le début d’avril, les communautés du Nord se sont barricadées. «C'est certainement éprouvant», estime le Cpl Merlin Osborne. «Personne n'était vraiment préparé à ça, et surtout pas de cette ampleur... Ça ne ressemble à rien d’autre que j’ai pu faire avant, mais nous sommes extrêmement fiers du travail accompli. Nous continuerons de répondre présents pour le bien-être de nos communautés.»

Les chercheurs étaient emballés par cet échange qui a permis d’illustrer les dynamiques relationnelles existant au sein des patrouilles de Rangers canadiens. Celles-ci sont composées de réservistes, en majorité autochtones, et sont un lieu de rencontre entre militaires et Inuits, Premières Nations et Métis. Elles fonctionnent en reposant, notamment et de façon importante, sur des relations équilibrées et respectueuses de la culture locale et unique de chaque communauté. 

Ces relations et cet équilibre permettent, d’après les chercheurs, de renforcer la sécurité humaine des communautés arctiques. Ce renforcement résulte des dynamiques relationnelles et du soutien apporté par les communautés arctiques à ces patrouilles. Le gouvernement canadien, via les patrouilles de Rangers canadiens et le programme des Rangers juniors canadiens, contribue donc indirectement au renforcement de la sécurité humaine de ces communautés arctiques québécoises.

Des détails intéressants

Le 2 GPRC a mobilisé plus de 250 Rangers dans leurs communautés pendant plus de 70 jours d'opération. Il s’agit de la plus longue opération nationale avec la plus grande mobilisation de Rangers depuis sa création en 1947. Vingt-deux des 28 patrouilles du 2 GPRC ont été mobilisées. 

Pendant la pandémie, le 2 GPRC a été appelé 11fois pour mener des opérations de recherche et de sauvetage au sol (RSS), ce qui a permis le retour en toute sécurité de 13 personnes dans leurs communautés. Chaque année, le 2 GPRC reçoit une vingtaine de demandes de RSS. 

Communautés aidées par le 2 GPRC
- 14 au Nunavik 
- 10 sur la Basse-Côte-Nord 
- 2 communautés innues de la Côte-Nord

Vous en voulez-plus ?

 
Pour télécharger le dossier complet «Opération LASER», cliquez sur l'image





Pour télécharger la dernière édition virtuelle du journal Servir, cliquez sur l'image. 





La nouvelle édition du Guide de la communauté militaire 2020-2021
Région Montréal est en ligne. Cliquez sur l'image pour y accéder.





Vous souhaitez être avisé des prochaines parutions du journal Servir ? Inscrivez-vous à notre liste d'abonnés
par courriel à l'adresse suivante : servir@forces.gc.ca