Tant que nous aurons l’amour…

 
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10 août 2020- 
Padre (capitaine) David Castonguay - Aumônier, Services au personnel, Groupe de soutien de la 2e Division du Canada


L’année 2020 est loin d’être terminée et pourtant, nous pouvons déjà la décrire comme une année éprouvante, à bien des égards. Comment ne pas penser à la pandémie qui nous affecte tous collectivement, tout en reconnaissant que certaines personnes sont frappées plus durement que d’autres par celle-ci. Il y a aussi toutes sortes de drames et d’injustices sociales, dont la mort tragique de Georges Floyd, à Minneapolis, qui ont été porté à notre attention, sur le fil de l’actualité, qui ne peuvent pas nous laisser indifférent.

Non, ce n’est pas un rêve


Plusieurs d’entre nous aimerions probablement pouvoir se réveillez et constater que tout n’était, en fait, qu’un cauchemar. Mais malheureusement, cela semble être bel et bien réel. Cependant, si nous pouvons nous désoler de tout ce qui arrive actuellement, il ne faudrait pas non plus ignorer tous les gestes d’espoir qui ont été généré en réponse à cette crise mondiale ainsi qu’à toutes ces injustices sociales.    


Le caporal-chef Peter Crowley, fantassin, The Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada, auprès d'une résidente du Centre d’hébergement Saint-Andrew, dans le cadre de l’opération LASER, en mai dernier. (Photo : Aviateur Zamir Muminiar, Imagerie Saint-Jean)

Par exemple, il est important de souligner que plusieurs civils et militaires ont répondu «présent» lorsqu’on leur a demandé d’aller prêter main-forte au personnel des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Ce genre de renonciation de soi n’est pas quelque chose de nouveau pour les militaires, qui sont souvent appelés à se rendre là où normalement on éviterait d’aller. Cependant, l’habitude ne diminue en rien la beauté de cet engagement à défendre les intérêts des Canadiens à l’extérieur, tout comme à l’intérieur du pays.

Le travail accompli dans les foyers pour personnes âgées pourrait sûrement être décrit par les valeurs des Forces armées canadiennes, telles que «le devoir» ou même «le courage», mais l’implication collective des militaires, ainsi que des civils qui se sont montrés volontaires, illustre aussi très bien ce qu’est, ultimement, l’amour pour son prochain. Certes, quand on parle d’amour, on pense généralement à une émotion ou à un sentiment que l’on ressent pour l’autre, mais dans ce cas-ci, il s’agit plutôt d’un engagement à traiter autrui avec bonté, simplement parce qu’on reconnait en elle ou en lui une valeur inhérente. C’est ce qu’on appelle l’amour inconditionnel.  

En ce qui concerne le racisme et les abus, visant malheureusement en très grande proportion les femmes, il n’y a certainement rien de réjouissant dans tout cela. Par contre, on peut se réjouir du fait qu’on en parle. En effet, en plus des médias traditionnels qui traitent quotidiennement des injustices sociales et des abus dans toutes leurs formes, il y a beaucoup d’excellents articles et de conférences en ligne qui permettent de donner la parole aux victimes et, par le fait même, de nous sensibiliser à leurs réalités. 

Y-a-t-il une solution? 

Trouver un remède pour enrayer le racisme et toutes formes d’abus envers les femmes et les gens les plus vulnérables de notre société semble être beaucoup plus complexe que de trouver un vaccin pour contrer la COVID-19, si on se fie aux échéanciers serrés que se sont fixés les compagnies pharmaceutiques actuellement dans la course. Il serait donc présomptueux de tenter de présenter une solution simpliste à des problématiques qui sont loin de l’être. Toutefois, peut-être que l’écoute serait un bon point de départ.

Est-ce que de mettre l’autre, ses blessures et ses préoccupations au-devant de soi n’est pas aussi une belle manière de démontrer l’amour? Bref, au risque de reprendre un slogan un peu réducteur, tant qu’il y aura l’amour, ça va bien aller!  


Vous aimeriez lire Servir dans son intégralité ? Cliquez sur ce lien pour accéder à la version PDF. Il s'agit de la dernière édition publiée avant la crise de la Covid-19.

As long as we have love… 


Padre (Captain) David Castonguay – Chaplain, Personnel Services, 2nd Canadian Division Support Group

The year 2020 is far from being over but we can already describe it as a trying one, on so many levels. How to avoid thinking about the pandemic which affects all of us collectively, although we have to admit that some people have been hit more seriously by it than others. There is also all kinds of drama and social injustices that were brought to our attention in the news, including the tragic death of Georges Floyd, in Minneapolis, that we can’t ignore.

No, you are not dreaming 


Many among us would probably like to wake up and realize that everything was only a nightmare but unfortunately, it all seems to be real. However, we may feel sorry about what is actually happening to us but we shouldn’t pass over all the gestures of hope which came as a response to the international crisis and also to all the social injustices.   


Master Corporal Peter Crowley, an infantryman from The Black Watch (Royal Highland Regiment) of Canada, with a resident from Saint Andrew Residential Centre in Montreal, Québec during Operation LASER on May 29, 2020.  (Photo : Aviateur Zamir Muminiar, Imagerie Saint-Jean)

For example, it’s important to highlight the fact that many civilians and military members showed up when they were asked to give a hand to the personnel, in the seniors residences (“CHSLD”). That kind of self-denial isn’t something new for the military, who are often called to go to places where we would normally avoid going. Nevertheless, the fact that we can expect it, doesn’t make their commitment to defend the Canadians’interests outside as inside the country less significant.

The work accomplished in the long-term care centers could probably be described by the Canadian Armed Forces values like ‘duty’ or ‘courage’, but the collective effort also illustrates very well what it means to love your neighbour. Indeed, when we speak of love, we generally think about an emotion or a feeling that we may have for someone, but in this case, it’s about a commitment to treat the other kindly, simply because we recognize in him or her an intrinsic value. It’s what we call unconditional love.                

Concerning racism and abuses, which unfortunately concern women in a greater proportion, there isn’t anything to rejoice about, but we may confirm the fact that at least we are now talking about it. Indeed, in addition to the traditional Medias, which address the social injustices and the abuses in their different forms, there are also a lot of excellent articles and conferences online that gives a voice to the victims and bring awareness to the population, about their lived realities.      

Is there a solution? 

Finding a solution to eradicate racism and all the abuses towards women and also against the most vulnerable of our society seems much more difficult than finding a vaccine to stop COVID-19. So it would be presumptuous to attempt to propose a simplistic solution to problems which are far from being simple, but maybe listening could be a good place to start.

Isn’t it better to see the person and their needs who stands in front of us? Without sounding simplistic is it not true that if we have love for each other things are better and will work themselves out?


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