Toi, moi et COVID-19

 
Le journal de la communauté militaire - Garnison Saint-Jean et région de Montréal Contactez-nous    Format PDF

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13 juillet 2020- Lieutenant de vaisseau Alicia Morris

N.D.L.R. En raison de la pandémie de COVID-19, les étudiants de la division canadienne du Détachement Saint-Jean de l’École de langues des Forces canadiennes ont dû quitter la Garnison Saint-Jean. À partir du 23 mars, c’est de leur foyer et grâce aux différentes ressources technologiques que ces militaires ont poursuivi l’apprentissage de leur langue seconde. Au nombre des exercices qu’ils ont eu à réaliser figurait la rédaction d’un article. Au cours des prochains jours, Servir publiera ces textes qui présentent leurs réflexions sur la crise sanitaire. 


Comment vas-tu? Est-ce que vous êtes informé? Restez-vous à la maison? Vous lavez-vous les mains? Suivez-vous les conseils de notre ministre de la Santé et de notre administrateur en chef de la santé publique? Que signifie pour vous être un bon citoyen? Est-ce que vous faites votre liste de fournitures chaque semaine? Achetez-vous uniquement ce dont vous avez besoin? Aidez-vous d'autres personnes qui pourraient être plus confrontées à cette pandémie de COVID-19?



Comme beaucoup d'entre nous, je m'inquiète pour mes amis, les propriétaires de petites entreprises au service de leur communauté, le remboursement des prêts étudiants, ceux qui vivent seuls (ainsi que leur état de santé mentale), les professionnels de la santé (vous êtes des héros!). Certains d’entre nous avons des membres vieillissants dans notre famille dont certains vivent dans des maisons de soins, aux prise avec des problèmes de démence, de mobilité réduite et victimes des effets de l'isolement. 

Ce virus nous a physiquement distancés. Il me semble qu’il serait de mise que l’on accompagne les êtres chers vers leur dernier repos, ce qui est l'un des actes humanitaires qui nous a été enlevé par ce virus. Il y a aussi les défis de beaucoup trop de familles durant cette pandémie.

Je pense aux conjoints qui restent à la maison pendant que leur tendre moitié est absente. Certains sont en déploiement, en mer ou autrement engagés dans la réalisation de missions et d'exercices au nom de notre nation. Une moitié de l’équation domestique doit jongler avec sa propre carrière au foyer, dans cette «nouvelle normalité», tout en étant l'influence stabilisatrice pour les enfants. De nombreuses parties de notre routine, qui nous apportent habituellement constance et réconfort, ont été bousculées au cours des dernières semaines.

J’ai la possibilité de discuter par vidéoconférence avec ma famille à Saskatoon. Mon conjoint et moi avons un toit au-dessus de nos têtes et amplement de nourriture dans notre frigo. Je travaille maintenant à la maison, en essayant désespérément d’apprendre le français grâce à la plateforme disponible en ligne. 

Nous sommes bien, outre l'inquiétude suscitée par nos parents, mes grands-parents, nos amis œuvrant au sein des services essentiels et les membres de la communauté vivant sans assistance adéquate. Même si nous suivons les directives du gouvernement du Canada, du Québec et du chef d’état-major de la Défense, j'ai tout de même un sentiment constant de culpabilité, car je crois que je pourrais faire plus en faisant du bénévolat au service des autres.

Sur une note plus légère, je n'ai aucune inquiétude au sujet de mes collègues. Bien qu'ils réclament des hommages, qu’ils dorment maintenant pendant la journée, qu’ils veulent souvent des collations, qu’ils perdent beaucoup de temps à regarder les écureuils par la fenêtre et qu’il refusent de porter un pantalon, je crois qu'ils réussiront très bien lors de leur prochain examen.

À ce jour, il y a 20 682 cas confirmés de COVID-19 au Canada, et nous avons appris que ce virus ne fait pas de discrimination. Alors que nous progressons collectivement, il est intéressant de voir comment les nations reconstruisent leurs structures sociales et l’économie mondiale.

De plus il faut se questionner à savoir quel sera l'héritage de cette pause dans le temps et l’espace lorsque nous serons de retour en société. Allons-nous tous être dans le même bateau, dans un monde post-Corona, ou tenterons-nous de retourner promptement à notre mode de vie pré-COVID-19? Assisterons-nous à un changement de paradigme et à une réévaluation de nos valeurs?

Soyez bon avec vous-mêmes et votre entourage. Soyez près de vos familles. Installez une plateforme de communication qui vous permet, d'un océan à l’autre, de rester en contact. Nous avons tous besoin d'un peu de légèreté dans tout cela. Faites de l'exercice, prenez soin de vous et, comme toujours, restez «Prêt Oui Prêt!».


Vous aimeriez lire Servir dans son intégralité ? Cliquez sur ce lien pour accéder à la version PDF. Il s'agit de la dernière édition publiée avant la crise de la Covid-19.
 

You, me, and COVID-19


Lieutenant (Navy) Alicia Morris

Editor’s note: As a result of the COVID-19 pandemic, students from the Canadian division of the Canadian Forces Language School – Saint-Jean Detachment had to leave Saint-Jean Garrison. From March 23, from their home and thanks to the various technological resources, these soldiers continued to learn their second language. One of the exercises they had to do was writing an article. Over the next few days, Servir will publish these texts which present their reflections on the health crisis.


How are you? Are you keeping informed: are you staying at home; washing your hands, heeding the advice of our Minister of Health, and our Chief Public Health Officer? What does the act of being a good citizen mean to you – is it making your supply list weekly, purchasing only what you need, and perhaps helping others who might be more challenged in this COVID-19 pandemic? 



Like so many of us, I am concerned for my friends: small business owners serving their communities, and paying off student loans; those who live alone (and their mental health state); are in the profession of health care (you all ROCK); have ageing family members, and especially our folks in care homes living with dementia, limited mobility, and isolation. This virus has physically distanced us. It seems to me that (if able) one last act of care is to be with a loved one who is exiting this world on to their next journey. That is one of the humanizing acts that has been taken away by this virus and added to the ache of far too many families during this pandemic.

I think of the partners at home while their spouses are away. As they are on deployment, at sea or otherwise engaged in carrying out missions and exercises on behalf of our Nation. The other half of a domestic equation juggle their own careers from home, in this “new normal” while being the stabilizing influence to their children as so many constant, comforting routines have been blasted down range in the past few weeks. 

I am able to video chat with my family back in Saskatoon, my partner and I have a roof over our heads and food in the fridge. I am working at home desperately trying to bash French into my brain online. 

We are OK besides the worry over our parents, my grandparents, our essential services friends, and community members living without adequate assistance. Although we are following the guidelines as per the Government of Canada, Government of Quebec, and the Chief of the Defence Staff, I have a constant feeling of guilt that I could be doing more by volunteering in greater service to others.  

On a lighter note, I have no concerns at all about my co-workers – although they require immediate praise, sleep during the day, often demand snacks, waste copious time looking outside the window at the squirrels, and refuse to wear pants, I believe they will do most excellently on their next evaluation. 

To date there are 20,682 confirmed cases of COVID-19 in Canada, and we have learned this virus does not discriminate. As we collectively pull through this, it will be interesting to see how nations rebuild social structures and economies. 

Moreover, what will the legacy of this time and space after we have stepped back out into society? Will we all “be in this together” in a post Corona world or easily return to pre-COVID-19 lifestyles? Will we witness shift in paradigm and re-evaluate values?

Be good to yourself, check in on your people, set up a coast-to-coast chat, exercise, practise self care, and as always stay “Ready Aye Ready!”.

Would you like to read Servir in its entirety? Click here to access the PDF (last publication before the Covid-19 crisis).