Une longue étude qui porte ses fruits

 
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07 juillet 2020- Yves BélangerServir

En mai dernier, le magazine Military Medecine a publié l’article Association Between Musculoskeletal Injuries and the Canadian Armed Forces Physical Employment Stand Proxy in Canadian Military Recruits. Les données qui y sont publiées ont déjà permis à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes d’ajuster l’entrainement des candidats afin de réduire leurs blessures. 

Rédigé par Étienne Chassé, assistant chercheur pour la division de la performance humaine des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (SBMFC), en collaboration avec Marie-Andrée Laroche, spécialiste de l’exercice aux Programmes de soutien du personnel (PSP), docteur François Lalonde, assistant chercheur pour la division de la performance humaine des SBMFC, ainsi que le lieutenant de vaisseau Renaud Guimond et le capitaine Carole-Anne Dufour, tous deux physiothérapeutes au 41e Centre des services de santé des Forces canadiennes, cet article présente les liens entre les blessures musculo-squelettiques et le niveau de condition physique initial défini grâce à l’évaluation FORCE.


Marie-Andrée Laroche, spécialiste de l’exercice aux Programmes de soutien du personnel (PSP).


Fière du résultat final, Marie-Andrée Laroche explique que le cheminement pour publier cet article a été très long et laborieux. « Tout d’abord, il y a l’écriture du protocole éthique, la collecte de données, leur analyse, l’écriture de l’article et les présentations des résultats. » Ces étapes ont nécessité deux ans de travail acharné.

La spécialiste de l’exercice ajoute que ce qui fait la beauté de ce travail est la collaboration entre plusieurs organisations dont l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes (ELRFC), les PSP, les SBMFC, le 41e Centre des services de santé des Forces canadiennes, et l’Agence spatiale canadienne.  « C’est en unissant nos forces qu’on peut être les plus performants. »

Elle est particulièrement fière du travail accompli. « Cela nous a permis de partager nos résultats au sein de la communauté scientifique militaire canadienne et internationale. » Mme Laroche a également eu l’opportunité de présenter ses résultats lors du Congrès international sur la Performance physique des soldats qui a eu lieu en février dernier. « Cela a permis de développer des collaborations avec plusieurs personnes d’intérêt, notamment avec l’armée américaine. »


L'article a été publié en mai dernier par le magazine Military Medecine.

Elle explique que la comparaison des résultats de l’évaluation FORCE entre les candidats sans blessure et ceux ayant été transférés au programme de réintégration à l’entraînement (PRE) est statistiquement significatif. « Lors de l’évaluation FORCE, si un membre militaire met de 46 à 51 secondes pour faire la course précipitée sur 20 mètres, et s’il met entre 3:38 et 5:21 minutes pour faire la course-navette intermittente avec charge, il est 2.69 à 2.74 fois plus à risque de blessures, peu importe son âge, son sexe et la circonférence de sa taille. »  »

Prévention

Marie-Andrée Laroche poursuit en soutenant que la communication des résultats à l’ELRFC a permis de développer une collaboration avec la division B afin d’intervenir en amont. « Un comité de prévention des blessures a été mis sur pied au sein de cette division par le major John Kim. Pour ma part, j’ai aussi eu la chance de collaborer avec les membres de cette division. »

Elle précise qu’en 2018, près de 40 % de tous les candidats transférés au PRE-Phase1 provenaient de la division B. « Avec la mise sur pied du plan de prévention des blessures, c’est maintenant moins de 30 %. Ce n’est pas négligeable ! » 

Avec de tels résultats, la spécialiste de l’exercice avait commencé, avant le début de la crise sanitaire, à rédiger un plan de prévention des blessures destiné à la division A. « Celui-ci permet aux dirigeants de se baser sur les résultats obtenus pour prendre leurs décisions quotidiennes. » 

Elle termine en mentionnant que sa participation au projet a été très enrichissante. « J’ai acquis beaucoup de connaissances sur les SBMFC, les politiques qui s’appliquent aux militaires et l’écriture d’articles scientifiques. J’ai aussi réalisé que je réfléchis de manière très méthodique, rationnelle et analytique, mais que je manque de connaissances en analyse et interprétation de données. » C’est pour cette raison qu’elle s’est inscrite à la maîtrise en kinanthropologie à l’UQAM, profil avec mémoire. « J’ai la chance et l’honneur d’avoir deux directeurs de mémoire fabuleux, soit le Dr. François Lalonde et le Dr. Alain-Steve Comtois. » 

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