Pour en finir avec la discrimination raciale

 
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13 mars 2020 - Yves Bélanger, Servir

Dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale qui sera soulignée le 21 mars, le journal Servir a rencontré deux militaires oeuvrant à l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes, le maître de première classe Paul Dionne et le sergent Leland Cheng, qui ont accepté de partager leur vécu.


Le M2 Dionne est né au Canada. Sa mère est afro-antillaise et son père canadien. Il avoue qu’en raison de la couleur de sa peau, il a été plusieurs fois victime de discrimination. « J’ai eu droit régulièrement à de mauvaises blagues, à du profilage policier, à des agressions et des insultes. J'ai toutefois l'impression de le vivre moins personnellement aujourd’hui en raison de mon âge et de mon expérience. Peut-être aussi que je suis devenu engourdi ou immunisé contre certaines blagues et calomnies qui m'ont peut-être bouleversé dans le passé. »


Le maître de première classe Paul Dionne. (Photo : ELRFC)

Quant à lui, le Sgt Cheng est né au Japon, mais est d’origine chinoise. Arrivé au Canada au moment de son adolescence, il dit avoir aussi été victime de mauvaises blagues. « Je ne parlais pas très bien l’anglais, j’avais donc de la difficulté à comprendre ce que les gens disaient, mais je sentais l’hostilité par le ton de leur voix et leur expression faciale. »

Heureusement, les choses ont quand même évolué au cours des dernières décennies. « J’ai vraiment l'impression qu'il y a beaucoup moins de discrimination contre les gens de tous les genres et de toutes les origines de nos jours. Le fait d’en parler plus ouvertement contribue à améliorer les choses », indique le Sgt Cheng.

Le M2 Dionne soutient toutefois que l’ouverture des gens face à la différence demeure fragile. « Cela ne prend pas grand-chose pour que la discrimination refasse surface. On n’a qu’à penser à la réaction des gens envers la communauté asiatique quand les médias ont commencé à parler du coronavirus. Malgré toutes les nouvelles et les informations diffusées, de nombreuses personnes pensent et se comportent de manière irrationnelle dans ce genre de situation. »


Le sergent Leland Cheng. (Photo : ELRFC)

Pour un avenir meilleur

Pour le Sgt Cheng, il est clair que l’éducation est à la base d’une meilleure compréhension des ethnies et des cultures. « Tant qu'il y aura de l'ignorance, les gens éviteront ceux qu'ils ne comprennent pas. Nous ne pouvons réduire la discrimination qu'en augmentant la sensibilisation et l'éducation aux cultures dans le monde. »

Le M2 Dionne estime pour sa part que les leaders doivent encourager l’acceptation de la diversité. « Nous devons voir nos dirigeants s'engager et célébrer la diversité. Imaginez si tout le Canada pouvait vivre la diversité comme au sein des Forces armées canadiennes. Ce serait génial. »

Un peu d’histoire

Le 21 mars 1960, à Sharpeville en Afrique du Sud, la police ouvre le feu et tue 69 personnes lors d'une manifestation pacifique contre les lois de l'apartheid. En 1966, l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 21 mars Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, appelant ainsi la communauté internationale à redoubler d'efforts pour éliminer toutes formes de discrimination raciale.

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