Ne plus tolérer les comportements inadéquats

 
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24 octobre 2019 - Yves Bélanger, Servir

Aucune inconduite sexuelle n’est maintenant tolérée au sein des Forces armées canadiennes (FAC). Mais que faire quand on en est témoin ou qu’on y est soi-même confronté ? Parmi les ressources d’aide disponibles, on peut s’adresser aux Services de gestion des conflits et des plaintes. 


Il y a quelques années, les Forces armées canadiennes ont entrepris une démarche visant à mettre des balises claires en ce qui a trait aux inconduites sexuelles. Pour soutenir cette démarche l’Op HONOUR a vu le jour en 2015. Depuis, le mot d’ordre est « tolérance zéro » pour toute parole ou tout geste qui dévalorise une personne ou un groupe de personnes en fonction de son sexe, de sa sexualité, de son orientation sexuelle, ou de son identité ou de son expression de genre. 



Depuis 2016, les Services de gestion des conflits et des plaintes supportent les membres des FAC et les chaînes de commandement en leur fournissant des conseils sur les différentes options possibles lorsque vient le moment de régler les conflits qui surviennent dans le milieu de travail. 

Isabelle Bussières, agente de gestion de conflits, explique son rôle lorsqu’il s’agit de situations liées au harcèlement sexuel ou aux comportements inappropriés : « Nous accueillons et nous guidons les militaires qui se disent victimes de tels actes. Notre mission est de les écouter, de leur expliquer les démarches, en plus de les diriger vers les ressources qui pourront enregistrer leur plainte. »

Lorsque les agents de gestion de conflits estiment qu’un comportement dénoncé est matière à des accusations de natures criminelles, le plaignant est transféré à la Police militaire. « Ce sont eux qui prennent automatiquement le dossier en main. »

Le principal objectif d’Isabelle Bussières et de ses collègues est de mettre les militaires à l’aise et de développer un lien de confiance avec eux. « Souvent, ce n’est pas évident pour ces personnes de venir nous voir et de dénoncer des gestes ou des paroles inacceptables de la part de leurs collègues de travail. Cela demande beaucoup de courage. Par contre, le fait de se sentir en confiance les aide à se confier. »

Les témoins

Mme Bussières mentionne que les victimes ne sont pas les seules personnes qui peuvent consulter les Services de gestion des conflits et des plaintes. « Nous sommes également là pour les témoins et nous pouvons les supporter dans leur démarche. Il arrive aussi que ce soit des collègues des victimes qui viennent nous rencontrer, car les personnes affectées se sentent incapables de le faire. Pour certains, une fois que le premier pas a été fait par un proche, cela devient plus facile de poursuivre la démarche. »

Dans le cas des témoins, Mme Bussières rappelle que toute personne qui voit des comportements inappropriés être posés sur le lieu du travail se doit d’agir. « Nous sommes tous responsables de voir à ce que l’ambiance au travail soit des plus saines. Fermer les yeux sur des situations inacceptables a de grandes conséquences sur l’ensemble de l’équipe. »

Notons en terminant qu’un service similaire existe pour les employés civils du ministère de la Défense. « Nous ne fermons pas la porte aux membres du personnel civil et nous pouvons les écouter, mais nous les redirigeons vers le service approprié. » 


Ressources 
Services de gestion des conflits et des plaintes 514 252-2777, poste 2549 (Garnison Montréal) et 450 358-7099, poste 7638 (Garnison Saint-Jean, le mercredi) - 
- Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle : 1-844-750-1648  24 heures par jour et 7 jours par semaine
- Op HONOUR : https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/services/avantages-militaires/conflits-inconduite/operation-honour.html
- Centre pour l’éthique et la résolution des conflits des Services de bien-être et moral des Forces canadiennes (pour les employés des Fonds non publics) : 1-800-506-6679 

Un guide disponible en ligne

En avril, les Forces armées canadiennes (FAC) ont publié un nouveau manuel sur la façon de gérer les cas d'inconduite sexuelle. Ce document d’une centaine de pages regroupe les informations qui se retrouvaient auparavant à plusieurs endroits. 
Ce nouveau guide a été préparé à la suite de consultations avec le Centre d'intervention sur l'inconduite sexuelle des FAC et un groupe d'experts de l'externe.

En plus de définir les inconduites sexuelles, il parle des rôles, des responsabilités et de la formation disponible pour chaque membre de l'Armée, ainsi que des responsabilités supplémentaires des commandants pour soutenir les victimes et enquêter sur les incidents. On y retrouve également plusieurs ressources utiles. 
Pour obtenir le guide : https://www.canada.ca/content/dam/dnd-mdn/documents/op-honour/op-honour-manual-2019-fr.pdf

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Sur l'Opération HONOUR

- Réfléchir sur la notion du respect : la formation Respect dans les Forces (2019-09-25)
- De l'aide pour les victimes d'inconduite sexuelle (2019-09-12)
- Le dernier sondage et les indicateurs de progressions : un texte du Bgén Jennie Carignan (2019-06-19)