Quitter le gym pour servir nos troupes

 
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12 septembre 2019 - Yves Bélanger, Servir

Les militaires sont déployés sur diverses opérations, un peu partout sur la planète. Mais saviez-vous que des moniteurs du Conditionnement physique et des Sports des Programmes de soutien du personnel (PSP) le sont aussi afin d’appuyer leur mission ? Servir s’est entretenu avec trois d’entre eux.

Ces employés civils sont présents sur les navires ou sur les sites où sont déployés les membres des Forces armées canadiennes (FAC). Leurs rôles : s’assurer que les troupes restent actives en s’entraînant régulièrement, et ce, de diverses façons selon les installations disponibles, organiser des activités de loisirs et gérer les opérations administratives qui s’y rattachent.

Déployés sur une base volontaire, il s’agit pour eux d’une occasion de voir du pays et d’augmenter leur bagage de compétences. Pierre-Luc Désormeaux, gestionnaire du Conditionnement physique et des Sports à la Garnison Saint-Jean et responsable de ces employés, commente : « Au retour, nous retrouvons des personnes transformées par cette expérience unique. Devoir sortir de sa zone de confort amène les gens à se dépasser tant professionnellement que personnellement. Cette expérience amène aussi nos employés à connaître davantage notre clientèle militaire pour l’avoir côtoyée de près et surtout, en action, ce qui ne peut être appris dans les livres. Il est évident que se déployer représente un sacrifice. Toutefois, les effets positifs d’une telle décision sont multiples et ce, sur plusieurs plans. »


Janika Chartrand

Photo : courtoisie

Janika Chartrand est monitrice et a trois déploiements à son actif, réalisés entre 2015 et 2016. Les deux premiers, d’une durée de cinq semaines chacun, étaient à bord du Navire canadien de Sa Majesté (NSCM) Athabaskan.   

Elle explique que lorsqu’elle a pris la décision de soumettre sa candidature, c’était avant tout dans le but de vivre une expérience hors du commun. « Chaque jour, je côtoyais des candidats de l’École de leadership et de recrues des Forces canadiennes. J’avais envie de voir le travail qu’ils font après leur formation. »

Elle se souvient de son premier déploiement où elle a dû s’adapter au mouvement de la mer. « La première journée, j’ai été tellement malade ! J’ai eu peur que cela dure tout le long du voyage, mais dès le lendemain, ça allait mieux. »

Son dernier déploiement a eu lieu au Koweït, dans le cadre de l’Opération IMPACT. Elle a beaucoup aimé son expérience, même si elle devait travailler de nombreuses heures. « J’ai aimé que mes tâches soient plus diversifiées que sur une garnison. En plus des activités sportives pour les militaires, je gérais les activités de loisirs et les installations. »

Elle a aussi apprécié tisser des liens avec des gens d’un peu partout sur la planète. « En plus des Canadiens et des Américains, il y avait des Danois et des Italiens. C’était chouette d’échanger avec eux. »
Le plus difficile a été d’être limitée dans ses déplacements. « Nous étions sur une base américaine et, pour des raisons de sécurité, nous ne pouvions pas sortir à moins d’avoir une excellente raison. Moi qui aime voyager, j’aurais bien voulu explorer un peu plus cette région du globe ! »


Victor Caron-Clément

Photo: courtoisie

C’est au Koweït que Victor Caron-Clément a effectué son premier déploiement en 2015. Lui aussi s’est porté volontaire afin de vivre une expérience différente. « Cela ne faisait pas longtemps que je faisais partie de l’équipe des PSP de la région de Montréal. J’étais basé à Farnham et je sentais le besoin de relever des défis. »

Il avoue avoir adoré son expérience malgré la chaleur extrême qui règne sur cette région du globe. « Quand ils ont ouvert les portes de l’avion, c’était comme lorsqu’on ouvre la porte d’un four. Ce n’est pas facile de s’habituer à un tel climat. »

En 2016, le moniteur de conditionnement physique a passé un mois en Pologne. « Cette fois, nos tâches étaient différentes. Notre mission était de divertir les troupes en organisant des activités spéciales qui s’ajoutaient à celles déjà offertes par les PSP. On a même réussi à offrir aux militaires un spectacle de l’humoriste Eddy King. C’était génial. »

Son dernier déploiement a eu lieu en 2018, lorsqu’il a vécu quatre mois sur le NCSM Ottawa. Bien qu’en général il ait aimé son expérience, il mentionne avoir trouvé difficile d’être principalement confiné en mer. « Nous avions plus de temps libre que dans mes autres déploiements. Toutefois, on a vite fait le tour du navire. Pour me désennuyer, j’allais aider les gars dans les cuisines ou dans d’autres secteurs. » Il a toutefois eu la chance de se rendre sur la terre ferme. « Une des escales était à Hawaï, un endroit que j’ai trouvé magnifique. J’ai donc été choyé. »


Amélie Côté

Photo : courtoisie

Revenue à son poste de monitrice le 23 août d’un séjour de trois mois sur le NCSM Regina, Amélie Côté raconte que c’est un collègue qui l’a convaincue de suivre la formation nécessaire aux déploiements. « Il m’a tout expliqué sur notre travail et m’a parlé de l’opportunité que nous avons d’être déployés sur un navire ou une base militaire à l’étranger. »

Elle s’est donc inscrite pour la formation offerte par l’équipe nationale des PSP, à Ottawa. « À la fin de la formation, ils nous ont demandé si nous avions un intérêt pour les déploiements en mer. J’ai été la seule à répondre affirmativement. »

En mai dernier, elle s’est donc envolée vers Dubaï pour rejoindre l’équipage. « J’étais heureuse, car cela m’a permis d’aller rendre visite à une grande amie qui vit là-bas. »

Elle confie s’être sentie tout de suite à l’aise sur le navire. « Je n’ai eu aucun malaise. J’étais rassurée, car je n’avais jamais navigué et j’avais un peu peur d’avoir de la difficulté à m’adapter. » Son expérience lui a offert la chance de découvrir le monde. « Nous avons entre autres fait des escales au Vietnam, au Japon, en Australie et à Hawaï. J’ai adoré découvrir ces magnifiques endroits. »

Chaque jour, elle offrait trois sessions d’entraînements aux membres de l’équipage en plus de préparer quelques programmes d’entraînement personnalisés pour les militaires qui en faisaient la demande. Elle mentionne qu’en étant seule à offrir ces services, elle a développé son sens de l’organisation. « J’ai vraiment appris à me faire confiance et à faire preuve de leadership. »

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