Marcher à la rencontre de soi

 
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8 mai 2019 - Yves Bélanger, Servir

À 36 ans, le major Maxime Fournier, commandant de l’Escadron des transmissions du Service des technologies de l’information du Groupe de soutien de la 2e Division du Canada, vient de marcher 382 km sur un des chemins de Compostelle. Cette escapade d’une quinzaine de jours vécue en solo lui a permis d’aller à la rencontre de lui-même et de faire le point sur ses valeurs. 


Le major Maxime Fournier, commandant de l’Escadron des transmissions du Service des technologies de l’information, au cours de son parcours sur le Chemin d’Arles, un des parcours des Chemins de Compostelle. (Photo : courtoisie)

Après plusieurs mois tumultueux, le Maj Fournier avait besoin de reprendre contact avec lui-même, loin du tourbillon incessant de la vie quotidienne. « J’ai regardé diverses possibilités de voyage vers des destinations comme le Tibet ou des pays d’Amérique du Sud. Quand j’ai vu les informations sur les chemins de Compostelle, j’ai décidé que c’était ce qui correspondait le plus à ce que je cherchais. »

N’étant pas à la base un grand marcheur, il a donc débuté l’entraînement afin de bien préparer son corps à un tel exercice. Il a également effectué des recherches qui l’ont mené à l’organisation Du Québec à Compostelle. « Le but de celle-ci est de mettre en lien des gens qui souhaitent vivre l’expérience avec d’autres qui l’ont déjà vécu. J’ai entre autres participé à un atelier de préparation qui a été fort instructif. »

De marcheur à pèlerin

Le Maj Fournier avoue que bien qu’il avait hâte de vivre l’expérience, il craignait quelque peu de se retrouver face à lui-même. « Dans notre vie de tous les jours, nous sommes constamment étourdis par nos activités personnelles, notre travail et notre vie sociale. Avec les téléphones intelligents, nous sommes constamment sollicités. Là, je faisais le choix de mettre tout ça de côté et je ne savais vraiment pas comment j’allais le vivre. »
Au cours des deux premiers jours, le militaire a dû s’adapter à ce style de vie. « Je trouvais ça un peu intimidant, mais j’ai tranquillement apprivoisé le fait d’être seul. » Avant son départ, il avait dressé une liste de sujets sur lesquels il voulait réfléchir au cours de son périple. « Chaque jour, j’en choisissais un et j’y réfléchissais tout au cours de mon trajet. »

L’expérience militaire

Le Maj Fournier explique que son expérience militaire a été fort bénéfique tout au long de son aventure. « Au sein des Forces armées canadiennes, on apprend la débrouillardise, la discipline personnelle et l’organisation. Cela m’a beaucoup servi au cours de ces 15 jours de marche en solitaire. »

Le seul aspect militaire avec lequel il se trouvait en contradiction était le fait de s’ouvrir aux imprévus. « Dans l’armée, on planifie pour réduire au minimum les imprévus et c’est bien normal. Au cours des premiers jours, j’ai dû combattre cette idée bien ancrée afin de me permettre de vivre ce que m’emmenait le chemin et faire des rencontres exceptionnelles. »

Prendre soin de soi

Le Maj Fournier soutient que ce voyage lui a appris à mieux comprendre ce que signifiait le fait de prendre soin de soi. « J’ai saisi l’importance de s’écouter, de se respecter, et de s’aimer. Ce sont des valeurs qu’on a tendance à mettre de côté pour correspondre davantage à ce qui est attendu de nous et qui nous bombarde de toutes parts. »

Son aventure lui a également permis de faire des rencontres inoubliables. « Le fait d’être seul nous force à aller vers les autres en ne tenant pas compte de l’aspect matériel ou de leur statut social. Un jour, entre autres, un imprévu a fait en sorte que je me suis rendu dans un petit village. J’y ai découvert des gens fort chaleureux et accueillants. Ils m’ont permis de vivre de beaux moments. En fait, tout ce voyage m’a appris à faire confiance à la vie et à réaliser que les embûches sur notre route nous permettent de prendre des chemins différents, mais tout aussi, si non plus, enrichissants. »

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