Opération HONOUR, le dernier sondage et les indicateurs de progression

 
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19 juin 2019 - Brigadier-général Jennie Carignan, commandant de la 2e Division du Canada et de la Force opérationnelle interarmées Est


N.D.L.R. Ce texte a originalement été envoyé à la grande équipe de la 2e Division du Canada par courriel le 3 juin 2019.

Le 22 mai dernier, Statistique Canada a publié les résultats du sondage mené en 2018 au sujet de l’inconduite sexuelle au sein des Forces armées canadiennes (FAC). Comme vous l’avez sans doute remarqué, la publication du sondage a suscité bien des réactions, tant au sein de notre institution que dans la presse canadienne.  




Faisons un bref retour en arrière. Durant les années 1990, l’inconduite sexuelle a été mise en lumière dans les médias comme un problème majeur au sein des FAC ; en 2014, l’inconduite de nature sexuelle a de nouveau fait l’objet d’une couverture soutenue. Suite à une demande du chef d’état-major de la Défense, Mme Marie Deschamps, ancienne juge de la Cour Suprême, a soumis un rapport étoffé qui faisait état de l’existence d’une culture sexualisée. C’est sur cette toile de fond que l’Opération HONOUR a été officiellement lancée en août 2015 par le général Jonathan Vance. 

Un premier sondage de Statistique Canada a été publié en novembre 2016 et ce deuxième sondage a été conçu de façon à pouvoir comparer les résultats au sondage précédant à l’aide de points de repère. Sans entrer dans les détails, le sondage indique une légère diminution de la prévalence des comportements sexualisés et discriminatoires et très peu de changement concernant les agressions sexuelles. Plusieurs médias ont vertement fait état d’un constat d’échec et du fait que les FAC n’en font pas assez dans ce dossier.

De ma perspective, l’Opération HONOUR, dont l’objectif est d’éliminer les comportements sexuels dommageables et inappropriés au sein des FAC, s’opère par le biais d’un changement progressif de culture, de comportement et de perception. Comme Albert Einstein l’a si bien dit, « Aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré ». Il n’y a pas de feuille de route éprouvée à suivre dans la lutte contre ce fléau social ; dans ce territoire inexploré, nous sommes des leaders. Ne perdons pas de vue que l’éradication des inconduites sexuelles est un effort constant et continuel pour lequel il ne faut jamais baisser les bras.  

Est-ce que les résultats de sondages sont les uniques outils de mesure et les seuls indicateurs de  progression dans l’enjeu qui nous intéresse ? Je ne crois pas. Tout comme pour, par exemple, la violence au travail ou l’intimidation, il est illusoire de croire que nous contrôlons les faits et gestes des femmes et des hommes dans nos institutions. Nous influençons plutôt le comportement de diverses manières. Pour ce faire, dans l’enjeu qui nous intéresse, nous avons mis sur pied un ensemble de mesures agencées à des campagnes de sensibilisation et d’éducation.  Et donc - de mon point de vue - pour juger les avancées de l’Opération HONOUR, il faut aussi considérer l’étendue des actions qui ont été prises pour s’attaquer à l’enjeu de l’inconduite sexuelle. Ensemble de politiques, création du Centre d’intervention sur les inconduites sexuelles, programme de soutien aux victimes, formations destinées aux leaders à tous les niveaux, formation pour les témoins d’inconduites sexuelles, mesures contre les agresseurs, conférences données par des victimes, campagne d’information et de sensibilisation : voilà autant de mesures qui ont été mises sur pied pour opérer le changement de culture visé. Nous n’avons pas chômé.

Je ne me réjouis pas des résultats du sondage mené par Statistique Canada. Loin de là. Ce sondage indique clairement que nous avons du pain sur la planche et son analyse nous permettra de mieux comprendre le phénomène de l’inconduite sexuelle pour pouvoir constamment mettre de l’avant des mesures adaptées à la situation qui est en constante évolution. 

La portée et la variété des mesures que nous mettons de l’avant dans la lutte aux comportements sexuels dommageables et inappropriés renforcent nos équipes en mettant l’accent sur les comportements respectueux les uns envers les autres. Pour le bien de tous les membres civils et militaires de la 2e Division du Canada et afin de protéger l’intégrité de notre mission, je sais que je peux compter sur l’engagement inconditionnel de nos leaders à tous les niveaux. J’ai confiance. 

Forts. Fiers. Prêts.

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Operation HONOUR, the most recent survey and progress indicators

June 19, 2019 - Brigadier-General Jennie Carignan, Commander, 2nd Canadian Division and Joint Task Force (East)

Editor’s Note : this article was originally sent to the 2nd Canadian Division team via e-mail on 3 June 19.

On May 22, Statistics Canada published the results of a survey conducted in 2018 on sexual misconduct in the Canadian Armed Forces (CAF). As you have no doubt noticed, the publication of the survey has generated a strong response, both within our institution and in the national press.  


First, I will provide some background information. During the 1990s, sexual misconduct was reported in the media as being a major problem within the CAF. In 2014, sexual misconduct again received extensive coverage in the media. Subsequently, former Supreme Court justice Marie Deschamps was asked by the Chief of the Defence Staff to conduct an external review, and she submitted a comprehensive report that indicated the existence of a sexualized culture. This revelation led to the official launch of Operation HONOUR in August 2015 by General Jonathan Vance. 

An initial Statistics Canada survey was published in November 2016, and this second one was designed to permit a comparison of the results with those of the first survey through the use of benchmarks. Without going into the details, the survey indicates a slight decrease in the prevalence of sexualized and discriminatory conduct and very little change with respect to sexual assault. Several media outlets have called this a failure and are criticizing the CAF for not doing enough in this area. 

From my perspective, Operation HONOUR, the mission of which is to eliminate harmful and inappropriate sexual behaviour in the CAF, operates by effecting gradual changes in culture, behaviour and perception. As Albert Einstein so aptly put it, “Problems cannot be solved with the same mindset that created them”. There is no roadmap for us to follow in fighting against this social scourge; in this unexplored territory, we are leaders. Let us not lose sight of the fact that eradicating sexual misconduct will require ongoing efforts and that we must never let our guard down.  

Are survey results the only measurement tools at our disposal and the sole indicators of progress in this issue? I do not believe so. As, for example, with workplace violence or bullying, it is unrealistic to imagine that we control the actions of the men and women in our institutions. Instead, we influence their conduct in a variety of ways. To do so in this respect, we have implemented a set of measures in conjunction with awareness and educational campaigns. Therefore, from my point of view, to judge the success of Operation HONOUR, one must also consider the scope of the actions undertaken to combat sexual misconduct. A set of policies, the creation of the Sexual Misconduct Response Centre, a victim support program, training for leaders at every level, actions taken against aggressors, talks given by victims, an information and awareness campaign: all of these measures have been put in place to bring about the desired change of culture.  We have been busy. 

I am not satisfied with the results of the Statistics Canada survey. Far from it. This survey clearly indicates that we have a lot of work to do; analyzing it will help us better understand the phenomenon of sexual misconduct so that we may continue to take actions that are adapted to a constantly evolving situation. 

The scope and variety of measures that we are bringing to bear in the fight against harmful and inappropriate sexual misconduct are strengthening our teams by putting an emphasis on respectful conduct. For the good of all civilian and military members of 2nd Canadian Division and to protect the integrity of our mission, I know I can count on the steadfast commitment of our leaders at every level. I am confident.  

Strong. Proud. Ready.

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