La gestion des espèces en péril : un défi pour le MDN

 
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8 mai 2019 - Éric Charbonneau, Officier environnement – Garnison Saint-Jean,  Section Environnement, Service Conservation des ressources, GS 2 Div CA 


Savez-vous combien d’espèces en péril sont présentes dans la région de la Garnison Saint-Jean ? Pour les protéger et assurer leur survie, tous les membres de l’Équipe de la Défense ont leur rôle à jouer. 

Pas moins de 19 espèces, dont cinq en voie de disparition ! « Les espèces en péril sont bienvenues sur nos terres ! », lance à la blague le commandant du détachement Saint-Jean de l’Unité des opérations immobilières (Québec), le major Maxime Bossé, qui constate que les propriétés de la Défense nationale sont de véritables refuges pour les espèces en péril. Et leur nombre augmentera au cours des prochaines années, car les populations de nombreuses espèces fauniques et floristiques diminuent significativement au Canada. 


Petit blongios, statut : menacée

Dans ce contexte et considérant ces obligations face à la Loi sur les espèces en péril, le Maj Bossé accorde une priorité à la gestion des espèces en voie de disparition et menacées présentes sur le site de Farnham, au champ de tir de Saint-Bruno, au secteur d’entraînement de Saint-Élie et au Collège militaire royal de Saint-Jean.

Date charnière : 31 mars 2019

En respect de l’Entente entre le ministère de la Défense nationale et Environnement et Changement climatique Canada concernant la coopération sur les questions relatives aux espèces en péril et de la Stratégie énergétique et environnementale de la Défense, tous les commandants d’établissement et de détachement au Canada ont signé, au 31 mars 2019, leur Plan de travail des espèces en péril. Ce document détaille les activités que le ministère de la Défense nationale (MDN) doit mettre en œuvre pour assurer une gestion responsable des espèces en péril. 

Les commandants de détachements, en vertu de la Directive du MDN concernant les espèces sauvages en péril, émise le 20 avril 2018 par le SMAIE, ont les responsabilités suivantes :
- Assurer que les projets, opérations, activités, politiques, plans et programmes du MDN et des Forces armées canadiennes (FAC), sous leur autorité, considèrent la protection des espèces en péril en vertu des exigences de la Loi sur les espèces en péril (LEP) et/ou des lois provinciales ; 
- Assurer que l’établissement de la Défense possède un Plan de travail visant les espèces en péril qui inclut les projets, opérations et activités des opérations immobilières ; 
- Signer le Plan de travail visant les espèces en péril, particulièrement les parties qui concernent les projets, opérations et activités des opérations immobilières ; et
- Assurer la mise en œuvre du Plan de travail visant les espèces en péril

Évaluation d’impacts à l’environnement

Le principal levier pour assurer une saine gestion des espèces en péril est de réaliser les évaluations d’impacts à l’environnement des projets et activités qui ont lieu sur le territoire du MDN et, bien entendu, de mettre en œuvre les mesures d’atténuation identifiées, dont celles qui ont pour objectif de protéger les habitats essentiels, les résidences et les individus des espèces en périls présentes. 

Responsabilités de chaque employé du MDN et membre des FAC

En vertu de la Directive du MDN concernant les espèces sauvages en péril, chaque employé du MDN et membre des FAC a, entres autres, les responsabilités suivantes :
- Collaborer à la mise en œuvre des activités du Plan de travail sur les espèces en péril ; 
- Déterminer dès le début de la planification des projets, activités et opérations, les répercussions sur les espèces en péril ; 
- Se conformer aux directives et orientations qui concernent les espèces en péril.

Ensemble, on peut relever le défi !

Avec le leadership de l’Unité des opérations immobilières (Québec) et du Groupe de soutien de la 2e Divison du Canada (GS 2 Div CA), la contribution de leur personnel et l’aide de l’équipe Environnement du Service conservation des ressources de la Garnison Saint-Jean, le défi de la gestion des espèces en péril peut être relevé !
      
Deux questions pour mieux comprendre 


Deux membres de l’Unité des opérations immobilières (Québec) ont demandé quelques éclaircissements à Éric Charbonneau, officier environnement – Garnison Saint-Jean au Service conservation des ressources. 

Mario Gingras, spécialiste en support aux programmes : Pourquoi y-a-t’il autant d’espèces animales et végétales en péril ? 

Eric Charbonneau : Le Canada reconnait que le taux d’extinction des espèces est maintenant estimé de 1 000 à 10 000 fois supérieur au taux naturel. Au cours des dernières décennies, l’homme a exercé une pression sur la nature comme jamais dans l’histoire de l’humanité. Les activités humaines causent cinq pressions importantes qui mettent en péril la survie des espèces, soit :

- La destruction d’habitats naturels ; 
- La pollution de l’air, de l’eau et des sols ; 
- La surexploitation des ressources naturelles ; 
- L’introduction d’espèces exotiques envahissantes ; et
- L’émission de gaz à effet de serre qui contribue aux changements climatiques.

Dany Boulianne, officier des finances : Pourquoi doit-on protéger la rainette faux-grillon au champ de tir de Saint-Bruno ?

Eric Charbonneau : Principalement parce qu’il y a eu un arrêté ministériel à l’été 2018 qui oblige le ministère de la Défense à la protéger. Mais on doit aussi protéger ce petit amphibien, car il a le potentiel d’offrir de grands services à l’homme. Les recherches démontrent que le bagage génétique de plusieurs espèces de grenouilles contient une multitude de substances ayant un potentiel fort intéressant en médecine, comme antifongiques, antiviraux, antibactériens et anti-tumoraux. À eux seuls, les antibiotiques naturels des amphibiens pourraient être très profitables à l’homme à notre époque où les bactéries ont développé une grande résistance aux antibiotiques traditionnels.

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