Les océans contiendront plus de déchets plastiques que de poissons en 2050 : un mythe ?

 
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10 avril 2019 - Miriana Pointel-Abeto, Service Conservation des ressources, Groupe de soutien de la 2e Division du Canada

En cette période de crise climatique, les mouvements prônant l’environnement prennent de plus en plus d’ampleur, pensons à La planète s’invite au parlement, à la Grève mondiale pour le climat le 15 mars dernier et au Pacte pour la transition. À l’approche imminente du jour de la Terre le 22 avril prochain, nous devons faire le triste constat qu’il ne s’agit pas d’un mythe. 



D’où provient ce fait alarmant ? 

Dans le rapport du Forum économique mondial tenu à Davos en 2016, on apprend qu’en 2014, il y avait en moyenne une tonne de plastique pour cinq tonnes de poisson dans l’océan. Si la production de plastique persiste à augmenter annuellement, en 2050, l’égalité devrait être atteinte, soit une tonne de plastique pour une tonne de poisson. En 2017, à l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement, ce propos inquiétant a été réitéré. 

L’ONU a sonné l’alarme encore une fois, en décembre 2018, à la 24e Conférence des parties de la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques pour implorer les gouvernements d’agir afin de réduire leur production de plastique, considérant que quatre de ses 17 objectifs de développement durable entrent particulièrement en relation avec cette problématique. Il s’agit de l’objectif 3 (bonne santé et bien-être), l’objectif 12 (consommation et production responsables), l’objectif 13 (mesures relatives à la lutte aux changements climatiques) et l’objectif 14 (gestion prudente de nos océans et mers).

Quelle est l’ampleur de cette pollution ?

Vous avez probablement déjà entendu parler de l’Océan de plastique, de la Poubelle du Pacifique, du Septième continent, de Trois fois la France en plastique dans l’océan ou encore de la fameuse Soupe de plastique. Ces multiples expressions désignant l’enjeu de la pollution des eaux par le plastique se rejoignent unanimement en un point : l’ampleur de ce fléau environnemental est immense à ce jour. Près de huit millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans chaque année. Ces plastiques finissent par être ingérés par les animaux marins (planctons, poissons, etc.) et s’incrustent directement dans la chaîne alimentaire. Les microplastiques, soient les plastiques mesurant moins de cinq millimètres et étant souvent invisible à l’œil nu, finissent par s’intégrer à l’eau.  

Quelles sont les pistes de solution ?

Une solution de grande envergure récemment expérimentée est The Ocean Cleanup Project, une idée du jeune Néerlandais Boyan Slat. Le projet consiste en un barrage flottant de 600 mètres de long par trois mètres de profondeur, situé dans le Pacifique Nord, piégeant les déchets plastiques pour les réacheminer sur terre afin qu’ils soient recyclés ou récupérés. 

Que font les gouvernements ?

Au Canada, il n’y a pas de mesures nationales limitant la production ou l’utilisation de plastique, malgré l’appui envers La Charte sur les plastiques dans les océans qui invite les entreprises à diminuer leur usage des plastiques. Ottawa travaille actuellement sur l’objectif d’atteindre, d’ici 2030, un taux de recyclage et de récupération des plastiques produits de 75 %. Plusieurs régions du monde, dont l’Union Européenne ont déjà ou sont en processus d’interdiction du plastique à usage unique (sacs de plastique, pailles, ustensiles en plastique, etc.).

Quelles sont les actions citoyennes ?

Selon le ministère des Pêches et Océans Canada, l’objet de plastique le plus retrouvé dans les eaux est le sac de plastique. Qu’il y ait législation ou non, chaque personne peut poser des gestes concrets en limitant ou simplement en arrêtant son utilisation des sacs en plastique et autres produits à usage unique.

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