40 ans à enseigner les deux langues officielles

 
Le journal de la communauté militaire - Garnison Saint-Jean et région de Montréal Contactez-nous    Format PDF

10 avril 2019 - Yves Bélanger, Servir

En 2019, le Détachement Saint-Jean de l’École de langues des Forces canadiennes (Dét Saint-Jean – ÉLFC) célèbre ses 40 ans d’existence. Le travail demeure le même qu’en 1979, soit d’apprendre le français et l’anglais au personnel militaire. La différence majeure est toutefois l’apport de la technologie comme support à l’enseignement.


« Quand je suis arrivée ici en 1987, on préparait tout notre matériel à la main. Nous travaillions avec des dactylos et des projecteurs sur lesquels nous déposions nos acétates. Aujourd’hui, l’informatique nous permet de sauver du temps et d’avoir encore plus d’outils visuels pour faciliter l’apprentissage de nos étudiants » explique Sylvie Kucharsky, conseillère pédagogique principale, au Dét Saint-Jean – ÉLFC. 

Au fil des ans, Mme Kucharsky en a vu passer des militaires canadiens et étrangers. Elle avoue avoir eu un plaisir fou à enseigner. « J’adore le contact avec les étudiants et la complicité qui se développe entre nous au fil des semaines. C’est très enrichissant. C’est d’ailleurs un élément qui me manque beaucoup depuis que j’occupe une fonction plus administrative. »

Elle poursuit en soutenant qu’une des choses qui s’est le plus améliorée au fil de ses années passée au sein du Dét Saint-Jean – ÉLFC est le rapport qu’ont les militaires anglophones avec la langue française. « Aujourd’hui, les étudiants sont plus ouverts à l’apprentissage de cette langue. Ils réalisent l’importance de comprendre les deux langues. C’est très différent du moment où j’ai commencé à enseigner ici. Je peux vous dire qu’à cette époque, j’en ai entendu des blagues déplacées sur les francophones. »

Virginie DiGiorgio, conseillère pédagogique intérimaire, travaille pour sa part depuis 17 ans au sein du Dét Saint-Jean – ÉLFC. Elle n’a jamais regretté le choix d’y avoir accepté un poste d’enseignante. « Je trouve très stimulant de travailler avec la clientèle militaire. Il arrive quelquefois que nous croisions quelques-uns de nos étudiants quelques années plus tard. C’est agréable d’avoir de leurs nouvelles et de constater le chemin qu’ils ont parcouru. »

Les défis des prochaines années

Rencontré récemment, le commandant du Dét Saint-Jean – ÉLFC, le major Sacha Amédé, explique que le principal défi de l’établissement est de s’adapter à la technologie et de se tenir à jour en ce qui concerne les méthodes d’enseignement. Le projet de classe virtuelle qui a fait l’objet d’un article dans l’édition du 27 mars 2019 du journal Servir en est un exemple. « Ce projet-pilote a fait ses preuves et je suis très heureux qu’il devienne au cours des prochains mois un programme officiel », explique-t-il.

Il précise que son principal mandat depuis son arrivée en poste en juillet 2018 est de développer ce programme de formation à distance. « C’est un produit innovateur. Nous avons déjà une liste d’attente de militaires intéressés à pouvoir en profiter. »

Le commandant Amédé compte mettre en place tout ce qu’il faut pour assurer sa croissance et augmenter le nombre de cours virtuels offerts. « Cela permet à des militaires qui ne peuvent se déplacer facilement d’accéder à de la formation de qualité et de profiter du professionnalisme de nos enseignants. »

Bien entendu, les cours offerts sur place avec la méthode traditionnelle continueront également d’être offerts. « Dans certains cas, il est plus facile pour les militaires de venir suivre leurs cours sur place. Le fait de pouvoir offrir deux types d’enseignement nous permettra toutefois de répondre aux besoin d’un plus grand nombre de candidats. »

Il soutient également que pour les militaires étrangers qui viennent apprendre l’anglais et le français ici grâce au Programme d'instruction et de coopération militaires, il est essentiel de maintenir la méthode d’enseignement classique. « Ces derniers ne viennent pas chez nous juste pour apprendre une langue, mais pour s’imprégner de la culture canadienne et québécoise. Voilà une chose qui ne peut être faite à distance », conclut-il.



Le Det Saint-Jean – ÉLFC en bref 

* Son équipe : 87 employés, dont 70 sont des civils. 
* Sa vision : être reconnu en tant qu'institution de formation linguistique de classe mondiale répondant aux besoins opérationnels des Forces armées canadiennes (FAC).
* Sa mission : 
- offrir des cours de langue seconde aux membres des FAC au moment opportun dans leur carrière, en conjonction avec les besoins opérationnels des FAC ;
- offrir l'enseignement en langue étrangère aux membres des FAC qui occuperont des postes d'attaché militaire ou d’autres fonctions d'état-major à l'étranger, en conjonction avec les besoins opérationnels des FAC ;
- offrir l'enseignement de l'anglais et du français comme langue étrangère ainsi que la formation d’enseignant en anglais aux pays participant au Programme d'instruction et de coopération militaires ;
- représenter les FAC aux congrès nationaux et internationaux relatifs à l’enseignement de l’anglais, du français et de langues étrangères (par exemple, le Bureau of International Language Coordination). 
* Nombre d’étudiants formés annuellement par la Division canadienne : 150
* Nombre d’étudiants formés annuellement par la Division étrangère : 200
* Nombre d’heures de cours données annuellement : 75 000



À quelques mois de la retraite

Sylvie Kucharsky, conseillère pédagogique principale au Détachement Saint-Jean de l’École de langues des Forces canadiennes, quittera sous peu l’établissement. Le 12 juin prochain, elle franchira les portes une dernière fois pour vivre une retraite bien méritée.

Bien qu’elle se dise encore passionnée par le milieu de l’enseignement, Mme Kucharsky se dit prête à franchir cette étape importante de sa vie. « J’adore ce que je fais, mais je rêve d’avoir des matins sans routine. Me lever et avoir tout le temps que je veux pour profiter de la vie. »
Étant de nature très sociale, elle craint un peu de se sentir isolée. « J’aime bien le contact avec les gens du travail et pouvoir échanger avec eux. » Elle conclut toutefois en mentionnant que si elle se retrouve confrontée à une telle réalité, elle trouvera sans aucun doute une façon de créer des liens avec d’autres gens.
 

Sylvie Kucharsky, conseillère pédagogique principale. Photo : archives


Vous aimeriez lire Servir dans son intégralité ? Cliquez sur ce lien pour accéder à la version PDF.