Se faire du bien en sensibilisant ses pairs

 
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27 février 2019 - Yves Bélanger, Servir

Qu’ils soient militaires, policiers, pompiers ou ambulanciers, les premiers répondants doivent régulièrement faire face à des situations difficiles qui peuvent laisser des traces. Le sergent de police et caporal (retraité) Denis Perrier en sait quelque chose. C’est pourquoi, l’an dernier, il a accepté de partager son histoire personnelle à ses pairs, comme il l’a fait récemment aux Garnisons Montréal et Saint-Jean.


Denis Perrier a quitté les Forces armées canadiennes en 2016.
Photo : courtoisie


C’est en 1985 que Denis Perrier a joint le 2e Bataillon, Royal 22e Régiment en tant que militaire du rang. Trois ans plus tard, après quelques missions, il quitte la Force régulière et devient policier. Son expérience le mène au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) où il œuvre depuis 26 ans. Au fil des ans, la vie militaire lui manque. C’est pourquoi, en 1991, il s’enrôle comme réserviste au sein du 4e Bataillon, Royal 22e Régiment (Châteauguay). En 1995, il participe à sa deuxième mission en Bosnie-Herzégovine. Il revient au pays sept mois plus tard, marqué par des blessures invisibles. En 2016, il quitte définitivement les Forces armées canadiennes pour des raisons médicales. Il poursuit toutefois sa carrière au SPVM. 

Étant donné le nombre grandissant de suicides chez les policiers, le SPVM a mis sur pied il y a quelques années un programme de prévention. Réunis en petits groupes, les membres peuvent entendre le témoignage d’un pair et profiter des conseils d’un psychologue. L’an dernier, Denis Perrier s’est joint à cette équipe de prévention. « La policière qui avait l’habitude de témoigner de son expérience a décidé de prendre sa retraite. Connaissant mon histoire, elle a fait appel à moi pour prendre la relève. »

Au départ, le policier n’était pas chaud à l’idée de se mettre à nu devant ses collègues qui, pour la plupart, n’étaient pas au courant de son histoire. « J’ai eu peur de faire un suicide professionnel. Toutefois, après réflexion, je me suis dit que si mon histoire permettait d’aider ne serait-ce qu’une personne, cela en valait la peine. J’ai donc accepté l’offre. »

Dans son témoignage, Denis Perrier insiste sur l’importance de diversifier ses champs d’intérêt. « Il ne faut pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Le travail, c’est important et valorisant, mais il ne faut jamais négliger le côté social. C’est notre filet de sécurité lors des moments difficiles. »

Aujourd’hui, Denis Perrier ne regrette pas d’avoir accepté de témoigner devant ses collègues du SPVM. « Je réalise que cela me fait du bien de sentir que j’aide d’autres personnes à s’ouvrir et à aller chercher du soutien. »

Une première 

Ses passages aux Garnisons Montréal et Saint-Jean au début du mois de février représentaient pour lui un défi, celui de s’adresser pour la première fois à des militaires. « J’avoue que cela m’a stressé. Je craignais le jugement de mes frères d’armes. En plus, je me retrouvais seul à témoigner alors que je suis habitué à avoir un psychologue à mes côtés. »



Il explique que c’est Carl Coicou, spécialiste de la Promotion de la santé à la Garnison Montréal, qui a fait appel à ses services. « Il a assisté à l’une de nos rencontres et il s’est dit que cela serait bien que j’aille parler aux militaires dans le cadre de la Semaine de prévention du suicide. » Denis Perrier avoue avoir aimé son expérience. « Je serais même prêt à revenir si on m’en faisait la demande », conclut-il.

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