L’ONU, les conflits armés et les femmes

 
Le journal de la communauté militaire - Garnison Saint-Jean et région de Montréal Contactez-nous    Format PDF

CLICK HERE TO ACCESS THE ENGLISH VERSION

27 février 2019, Brigadier-général Christian Mercier, Commandant-adjoint, 2e Division du Canada

Le 8 mars, nous célébrons la Journée internationale des femmes et, comme militaire, je croyais pertinent d’aborder cette journée thématique sous l’angle des conflits dans le monde. Les conflits armés font partie de la réalité contemporaine et je trouve opportun de s’y arrêter pour un court instant. 

Pendant longtemps, les hommes ont été considérés comme les principaux intervenants dans les conflits. Pourtant, les conflits armés ont manifestement des conséquences différentes sur les femmes et les enfants. Ces derniers subissent, des premières loges, les effets collatéraux et préjudiciables de ces conflits. À preuve, selon l’organisation ONU Femmes, la mortalité maternelle durant et après les conflits armés est deux fois supérieure à la normale. Dans les conflits, les femmes, tout comme les enfants soldats, sont fréquemment exclues, marginalisées ou ignorées. Qui plus est, les combattants les prennent souvent comme cibles et elles sont évidemment plus vulnérables à la violence sexuelle. 


Le capitaine Geneviève Martel, contrôleur par intérim de la 2e Division du Canada, donne un compte-rendu sur le budget au brigadier-général Christian Mercier. 

Au courant des deux dernières décennies, la violence faite aux femmes (y compris la violence sexuelle) a été rendue plus visible aux yeux du monde. D’ailleurs, il suffit de visionner des documentaires comme Syrie, le cri étouffé, facilement accessible sur internet, pour mesurer l’ampleur de cette violence. Celles qui sont violentées, violées et font l’objet d’exploitation sexuelle sont par la suite souvent bannies de leurs communautés, ostracisées et abandonnées à leur sort, ce qui a des effets désastreux sur les familles et les communautés pour plusieurs générations. 

Reconnaissant l’effet dévastateur des conflits armés sur les femmes et par ricochet sur leur communauté, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a reconnu qu’il y a un lien étroit entre la participation des femmes aux opérations de maintien de la paix et la mise en place d’une paix durable. Elles ont accès à des tribunes et à des segments de population qui ne sont pas normalement accessibles aux hommes. Pour des raisons culturelles, leur présence favorise l’accès aux membres des communautés et évidemment aux femmes. La présence de femmes peut réduire l’usage de la force excessive et ainsi permettre d’aborder différemment les enjeux.
De plus, la contribution des femmes augmente les chances de gagner l’appui de la communauté. Or, l’ONU rapporte que les femmes continuent d’être sous-représentées dans les opérations de maintien de la paix.

Mais attention : la présence des femmes n’est pas une panacée dont notre succès est tributaire. En 2019, nous sommes à même de constater que les femmes et les hommes atteignent de meilleurs résultats quand ils travaillent ensemble. D’autre part, les femmes ne sont pas les seules instigatrices de la paix et les hommes n’ont pas le monopole sur la guerre. Nous avons besoin de guerrières et de guerriers qui peuvent aussi agir comme artisans de la paix. 

Ensemble, nous avons parcouru beaucoup de chemin. Par exemple, nous avons su surmonter les préjugés selon lesquels les femmes étaient inaptes au combat et nuisaient à la cohésion de groupe. Je me réjouis que nous ayons actuellement 13 femmes au grade de général et quelque 57 femmes au grade d’adjudant-chef au sein des Forces armées canadiennes. Du jamais vu ! 

Mais il nous reste tout de même du travail à faire. Il nous incombe, à toutes et tous, de continuer à éliminer les barrières sociales, culturelles, structurelles et organisationnelles qui se dressent devant les femmes et autres minorités, donnant accès aux différents postes à tous les niveaux. Dans le même esprit, nous devons nous assurer que le travail de nos collègues féminines, tant militaires que civiles, soit reconnu au même titre que celui de nos collègues masculins afin qu’elles aient accès à tous les niveaux de leadership et que nous puissions profiter pleinement de leur talent. 

Rappelons que les nations les plus stables et les plus prospères sont celles dans lesquelles on constate une participation active des femmes et il y a peut-être un parallèle à faire avec notre organisation. La diversité nous rend plus créatifs et plus résilients. Aucun pays, organisation ou communauté ne peut atteindre son plein potentiel ni relever les défis inhérents au 21e siècle sans la participation paritaire de toutes les personnes qui composent cette même société. Je vous invite, en cette Journée internationale des femmes, à reconnaître la valeur de nos collègues féminines militaires et civiles. 

Il faut poursuivre nos efforts d’inclusion et continuer à travailler pour faire une place de choix aux femmes dans nos milieux de travail.  

The UN, armed conflict, and women

Brigadier-General Christian Mercier, Deputy Commander, 2nd Canadian Division

On March 8, we celebrate International Women’s Day, and as a soldier, I thought it relevant to address this theme day from the angle of world conflicts. Armed conflict is part of contemporary reality, and I find it opportune to address it briefly. 


For a long time, men were considered to be the principal actors in conflict. However, armed conflict has clearly different consequences for women and children. They suffer – first hand - the collateral and adverse effects of conflict. As evidence, according to the UN Women organization, maternal mortality during and after armed conflict is twice as high as normal. In conflict, women—like child soldiers—are frequently excluded, marginalized, or ignored. Moreover, combatants often target them, and they are clearly more vulnerable to sexual violence. 


Captain Geneviève Martel, Acting Comptroller of the 2nd Canadian Division, briefs Brigadier-General Christian Mercier on the budget.


In the past two decades, violence against women (including sexual violence) has become more visible in the world’s eyes. One need only watch documentaries like Syrie, le cri étouffé—easily accessible on the Internet—to gauge the extent of that violence. Women who are assaulted, raped, and sexually exploited are subsequently often banished from their communities, ostracized and abandoned to their fate, which has disastrous effects on families and communities for several generations. 

Recognizing the devastating effect of armed conflict on women—and by extension on their communities—the United Nations (UN) has acknowledged that there is a strong link between women’s participation in peacekeeping operations and building sustainable peace. Women have access to tribunes and to segments of populations that are not normally accessible to men. For cultural reasons, their presence fosters access to community members, and clearly to women.

The presence of women can reduce the use of excessive force and thus help to address issues differently. Moreover, women’s contribution increases the chances of winning community support. Still, UN reports that women continue to be under-represented in peacekeeping operations.

That said, women’s presence is not a panacea that guarantees our success. In 2019, we find that men and women achieve better results when they work together. Further, women are not the only instigators of peace, and men do not have a monopoly on war. We need men and women warriors who can also act as peacebuilders. 

Together, we have come a long way. For example, we have overcome prejudices to the effect that women were unfit for combat and adversely affected group cohesion. I am delighted that we currently have 13 women at the General rank and 57 women at the Chief Warrant Officer rank in the Canadian Armed Forces. That is a record! 

But we still have much work to do. It is incumbent on all—women and men alike—to continue to eliminate the social, cultural, structural and organizational barriers faced by women and other minorities, giving access to different positions at all levels. In the same spirit, we need to ensure that the work of our women colleagues, both military and civilian, is recognized in the same way as that of our male colleagues, so that women access all levels of leadership and we can benefit fully from their talents. 

Let’s remember that the most stable and prosperous nations are those with active participation by women, and there may be a parallel to draw with our own organization. Diversity makes us more creative and resilient. No country, organization or community can achieve its full potential or rise to the inherent challenges of the 21st century without the equal participation of all the people who make up that society. On this International Women’s Day, I invite you to recognize the value of our military and civilian women colleagues. 

We need to continue our efforts of inclusion and keep working to make a place of choice for women in our workplaces.