Apprendre les uns des autres

 
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27 février 2019 - Yves Bélanger, Servir

Les relations entre les Inuits et les Forces armées canadiennes (FAC) sont excellentes. C’est ce qui ressort principalement de la thèse Les Rangers canadiens et les Rangers juniors canadiens : vecteur de sécurité humaine des Inuits canadiens écrite par la Française Magali Vullierme, docteur en sciences politiques, et soutenue à l’université de Versailles Saint-Quentin.


Le Dr Magali Vullierme. Photo : courtoisie

C’est de novembre 2014 à mai 2018, que Magali Vullierme a travaillé sur cette thèse. À quelques reprises, elle a traversé l’Atlantique pour venir rencontrer les Rangers canadiens du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC), basé à Saint-Jean-sur-Richelieu afin d’étudier l’intégration des Inuits au sein des FAC. Elle avoue qu’à la base, elle s’attendait à déceler du ressentiment de la part des Inuits face aux FAC en lien avec la façon dont ils ont été traités par le gouvernement par le passé. « Mais, au contraire, ils font très bien la différence entre les deux entités », confirme-t-elle.

Le Dr Vullierme a même découvert que les militaires sont très appréciés par les Inuits et que ceux-ci sont très fiers de pouvoir de devenir membres des Rangers canadiens. « Être réserviste au sein du 2 GPRC représente pour eux un véritable honneur. Ils ont une grande volonté de bien se préparer pour effectuer les tâches qui leur sont attribuées. »

Ce qu’elle a particulièrement aimé tout au long de ses visites, c’est le grand respect qu’ont les FAC envers ces Canadiens du Grand Nord. « Ce sont plus les instructeurs du 2 GPRC qui s’adaptent à la culture des Rangers que l’inverse. L’apprentissage qui est offert aux Rangers ne se fait aucunement au détriment de la culture inuite. On sent vraiment que le personnel du 2 GPRC et les Inuits apprennent les uns des autres. »

Les Rangers juniors

Au cours de ses voyages en sol canadien, le Dre Magali Vullierme a également constaté que les Inuits sont reconnaissants pour ce que les FAC font pour les jeunes de leurs communautés. « Le programme des Rangers juniors canadiens et les valeurs qu’il transmet ont une grande importance pour eux, notamment au niveau du développement personnel des jeunes de leur milieu. »

Sa thèse maintenant terminée, le Dr Vullierme ne compte pas pour autant cesser les études et les recherches sur la vie militaire. En novembre, elle a débuté un postdoctorat au sein de l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire, à Paris. Elle termine en remerciant la chaîne de commandement du 2 GPRC qui lui a ouvert les portes et facilité la tâche. « Ils m’ont entre autres permis de me rendre là où oeuvrent les Rangers canadiens pour échanger avec les Inuits. »

Un portrait réaliste

Rencontré par le journal Servir, le commandant du 2e Groupe de patrouilles des Rangers canadiens (2 GPRC), le lieutenant-colonel Benoit Mainville, estime que la thèse écrite par Magali Vullieme présente un portrait très réaliste de la situation.

Celui-ci avoue avoir bien apprécié la lecture du résumé des écrits de Mme Vullierme. « Elle a très bien saisi le type de relation que le 2 GPRC a avec les Inuits, et ce, depuis très longtemps », soutient-il. 
Il explique que pour les Forces armées canadiennes (FAC), il a toujours été primordial que les Inuits puissent conserver leur culture et leurs traditions. « Leurs connaissances ancestrales sont essentielles pour nous permettre de réaliser nos missions dans cette région du pays où les conditions climatiques sont entre autres très différentes. Ils ont autant à nous apprendre que nous avons à leur apporter. »

Le commandant Mainville poursuit en confirmant que pour les Inuits, joindre les rangs du 2 GPRC représente une grande fierté. « D’ailleurs, un peu plus d’un adulte sur dix de cette communauté est actuellement membre des Rangers canadiens. »

 
Les Rangers canadiens
Actuellement, on compte près de 5 000 Rangers canadiens répartis dans plus de 200 communautés. Ces réservistes travaillent dans les régions éloignées, côtières et isolées du Canada. Ils fournissent des forces mobiles autosuffisantes et dotées d’équipements légers pour appuyer les opérations des Forces armées canadiennes (FAC) en matière de sécurité nationale et de sécurité publique au sein du Canada. Ils s’entraînent régulièrement avec d’autres membres des FAC pour demeurer prêts.

Ils protègent le Canada en effectuant des patrouilles, en signalant les activités ou les phénomènes inhabituels, et en recueillant des données locales d’importance pour les FAC. Ils effectuent également des tâches liées à la souveraineté ou à la sécurité nationale et aident aux efforts de recherche et de sauvetage. Enfin, ils apportent du soutien lors de catastrophes naturelles comme les feux de forêt et les inondations.