Santé mentale : pourquoi j’ai osé demander de l’aide

 
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13 février 2019 - Audrey Gallant T.S., officier de liaison avec les familles


Shannon* est la conjointe d’un militaire souffrant d’un trouble de santé mentale. Elle a bien voulu partager son expérience avec les lecteurs de Servir afin de briser le silence et aider les autres personnes vivant une situation similaire à demander de l’aide. Elle explique comment le Centre de ressources pour les familles de militaires (CRFM) et les services de l’officier de liaison avec les familles (OLF) lui ont été utiles.



CRFM : Comment avez-vous entendu parler du CRFM pour la première fois?
Shannon : À la deuxième mutation de mon conjoint. Lors des procédures d’arrivée, j’ai rencontré la coordonnatrice à l’emploi et l’éducation et elle m’a présenté et expliqué tous les services offerts au CRFM. Je suis allée aux périodes pour les mamans pendant que mes enfants étaient à la halte-garderie. Je me suis fait un réseau, une nouvelle famille parce que ma famille était loin. Je n’avais pas besoin de tout expliquer, car les autres conjointes comprenaient ma réalité de conjointe de militaire. C’est le meilleur support que tu ne peux pas avoir comme femme de militaire et comme maman aussi. 

CRFM : Comment en êtes-vous venue à utiliser les services du CRFM de la région de Montréal?
Shannon : Étant donné que je connaissais déjà les services, je suis venue chercher la même chose ici. J’ai utilisé les services de halte-garderie pendant notre déménagement. Par la suite, j’ai participé à des activités offertes par le CRFM. Ce qui est le fun aussi, c’est qu’il y a une espèce de standard à travers le Canada. Tu sais que tous les CRFM vont offrir des services parents-enfants, des ateliers, etc. 

CRFM : Pouvez-vous nous décrire brièvement ce qui vous a amenée à chercher des ressources d’aide ? 
Shannon : C’est le retour ou le non-retour de mon conjoint d’Afghanistan… Il est revenu physiquement, mais il n’est jamais vraiment revenu. En plus, les conditions de travail pour lui étaient difficiles, ce qui a aggravé la situation. J’avais besoin de renouveler mes outils pour être une meilleure conjointe, une meilleure amie. Je ne le reconnaissais plus et je ne savais plus comment dealer avec lui. C’était difficile à vivre.

CRFM : Comment avez-vous entendu parler des services offerts par l’OLF?
Shannon : Ça faisait un bout de temps que je cherchais de l’aide, mais je ne me sentais pas à l’aise d’en demander aux coordonnatrices du CRFM. Je commençais à connaître plus de gens et je ne voulais pas que tout le monde sache que ça n’allait pas à la maison. Par hasard, j’ai entendu parler de l’OLF par l’entremise de quelqu’un qui travaillait avec elle. J’étais contente de savoir que son bureau était à l’extérieur des locaux du CRFM. 

CRFM : Pouvez-vous nous parler des services offerts par l’OLF?
Shannon : En fait, c’est un bon support, beaucoup d’écoute et une grande aide. J’ai reçu de nouveaux outils et ma qualité de vie a augmenté. Il y a aussi les services de garde qui nous ont permis, à mon conjoint et moi, d’avoir un peu temps. C’est petit, mais c’est immense pour un couple qui s’est perdu de vue et pour qui la famille est éloignée. 

CRFM : Que vous ont apporté vos rencontres avec l’OLF?
Shannon : Ça m’a permis de réaliser que je n’étais pas seule puisqu’à travers ce qu’elle me disait et les lectures qu’elle m’a suggérées, je comprenais mieux ce que je vivais et je réalisais que je n’étais pas la seule à vivre cela. Ça m’a permis de retrouver l'espoir et de voir les choses sous une nouvelle perspective. J’ai compris que mon conjoint vivait des choses difficiles et que parfois, je ne réagissais pas toujours de la bonne façon. Ça m’a permis d’ajuster mes comportements.

CRFM : Y a-t-il un message que vous aimeriez livrer aux lecteurs?
Shannon : Je voudrais leur dire de ne pas attendre trop longtemps avant d’aller chercher de l’aide. Même si tu es forte, même si tu as vécu un, deux ou trois déploiements, quatre transferts pis que tu as vécu ça toute seule, bien tu peux demander de l’aide et ne pas vivre ça toute seule?! 

* Prénom fictif

Information : Audrey Gallant
450 358-7099 # 5190 (Saint-Jean)
audrey.gallant@forces.gc.ca


La santé mentale est un sujet qui vous intéresse ? Consultez ces articles que Servir a publiés sur le sujet :
- La santé mentale au sein de la 2e Division du Canada (30 janvier 2019)  
- Du soutien émotionnel de toutes sortes  (17 janvier 2019) 

 

Why I dared to ask for help


Audrey Gallant, social worker - Family Liaison Officer

Shannon* is the wife of a CF member who suffers from a mental health problem. She agreed to share her experience with the readers of Servir in order to break the silence help others in a similar situation to seek help. She explains how the Military Family Resource Centre (MFRC) and the services of the Family Liaison Officer (FLO) assisted her.

MFRC: How did you first hear about the MFRC?
Shannon: It was when my husband was deployed for the second time. As part of the arrival procedures, I met the Employment and Education Coordinator and she introduced me to the MFRC and explained all of the services it offers. I attended the sessions for mothers while my children were in the drop-in daycare. I acquired a network—a new family—because my family was far away. I did not have to explain everything because the other wives understood my reality as a military wife. It is the best possible support that you can have as a military wife and also as a mother. 

MFRC: How did you start using the services of the MFRC Montreal Region?
Shannon: Since I already knew about the services, I sought out the same thing here. I used the drop-in daycare services during our move. Then, I participated in the activities offered by the MFRC. It’s great that there is one standard across Canada so you know that all the MFRCs offer parent-child services, workshops, etc. 

MFRC: Could you briefly describe what led you to seek help?
Shannon: It was the return, or rather the non-return of my husband from Afghanistan … He returned physically, but he did not really come back. In addition, his working conditions were difficult, which worsened the situation. I needed to hone my skills to be a better wife and a better friend. I didn’t recognize him anymore and I didn’t know how to “deal” with him. It was a difficult experience to go through.

MFRC: How did you hear about the services provided by the FLO?
Shannon: I had been looking for help for some time, but I didn’t feel comfortable asking the MFRC coordinators for help. I started to know more people and I didn’t want everyone to know about my problems at home. I happened to hear about the FLO through someone who was working with her. I was happy to learn that her office was outside the MFRC’s offices. 

MFRC: Could you tell us about the FLO’s services?
Shannon: It’s mainly good support, a lot of listening and considerable assistance. I have received new tools for coping and my quality of life has improved. There are also respite daycare services that have allowed my husband and me to have some time for ourselves. It’s not much but it is huge for a couple who have been apart and whose families live far away. 

MFRC: What benefits did you gain from your meetings with the FLO?
Shannon: The meetings helped me to realize that I was not alone because, from what she was saying and the readings she was suggesting, I was understanding better what I was living, and I realized that I wasn’t the only one to experience that. This allowed me to regain hope and see things from a new perspective. I understood that my husband was having difficulties and that sometimes I did not react in the proper way. It allowed me to adjust my behaviour.

MFRC: Is there a message that you would like to give our readers?
Shannon: I would like to advise them not to wait too long before going to seek help. Even if you are strong, even if you lived one, two or three deployments, four mutations and you think you can manage alone, well, you can ask for help and you don’t have to live the situation alone! 

* Fictitious first name

Information: Audrey Gallant
450-358-7099 # 5190 (Saint-Jean)
audrey.gallant@forces.gc.ca