Peut-on s’adapter à la déshydratation ?

 
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13 février 2019 - Yves Bélanger, Servir

Dans la dernière édition du journal Servir, il était annoncé que plus de 160 contrats ont été octroyés dans le cadre du Programme Innovation pour la défense, l’excellence et la sécurité (IDEeS). Un groupe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke a obtenu l’un de ces contrats afin de déterminer si les militaires peuvent s’adapter à la déshydratation lors de missions se déroulant dans des climats chauds et secs. 


Le major Marin Lamontagne-Lacasse, des Fusiliers de Sherbrooke, teste l’équipement qui sera utilisé par les sujets tout au long des 14 semaines de l’étude.
Photo : courtoisie


Régulièrement, des militaires canadiens sont confrontés à des missions dans des régions où la chaleur est extrême et où l’eau potable n’est pas facilement accessible. Le risque de déshydratation y est très élevé et peut avoir des effets négatifs du point de vue physique, cognitif et psychologique. Éric Goulet, professeur à la Faculté des sciences de l’activité physique de l’Université de Sherbrooke (UdeS), a décidé de se pencher sur cette problématique et d’évaluer si le corps humain peut s’ajuster à une telle situation. 

Le major Martin Lamontagne-Lacasse, des Fusiliers de Sherbrooke, assistera Éric Goulet dans cette recherche pour laquelle ils ont reçu une subvention de 200 000 $. « C’est un projet très novateur et je suis très fier que le professeur Goulet ait fait appel à moi pour l’assister. » Huit hommes et huit femmes militaires sont actuellement recherchés pour participer à l’expérience. « Nous avons déjà quelques réservistes qui se sont montrés intéressés. Nous aimerions aussi avoir la participation de militaires de la Force régulière », explique Éric Goulet.

Les tests

L’expérience se déroulera dans un local spécialement aménagé pour simuler le climat chaud et sec que l’on retrouve dans les régions désertiques. « Trois fois par semaine, et ce pendant cinq semaines, nos sujets devront marcher plus de 13 kilomètres sur un tapis roulant en portant un sac à dos de 20 kg », explique le Pr Goulet.
Il poursuit en indiquant que la moitié des participants auront droit de s’hydrater tout au long de la marche alors que l’autre non. « Tout au long des semaines, nous effectuerons des analyses sur les sujets grâce, entre autres, à des prises de sang. Nous pourrons ainsi voir si le corps de ceux qui ne peuvent pas boire réussira à s’adapter à la situation comme il le fait lorsqu’il est confronté au stress thermique ou à l’altitude, et de quelle façon il le fait. »

Une pause de quatre semaines suivra. « Après, nous reprendrons l’expérience pendant cinq autres semaines, mais en inversant les sujets. Ainsi, ceux qui ne pouvaient boire lors de la première phase pourront le faire et vice-versa. » Le Maj Lamontagne-Lacasse termine en se disant impatient de débuter l’expérience et de pouvoir comparer les résultats à la fin des 14 semaines. « Ces résultats nous permettront  d’acquérir de nouvelles connaissances en ce domaine, et ce, autant pour les militaires que pour les sportifs. »

Notons que les résultats de cette recherche devaient être transmis au ministère de la Défense au cours de l’été 2019.

Les militaires qui souhaitent participer à la recherche peuvent communiquer avec le professeur Éric Goulet à l’adresse Eric.Goulet@USherbrooke.ca


Pour lire un autre article sur le Programme innovation pour la défense :
- Plus de 160 contrats octroyés (30 janvier 2019)