Comment se portent les arbres de la Garnison Montréal 

 
Le journal de la communauté militaire - Garnison Saint-Jean et région de Montréal Contactez-nous    Format PDF

17 janvier 2019 - Caporal Karine Boulay, technicienne médicale NQ5 et stagiaire au service de Conservation des ressources, Garnisons Montréal et Saint-Jean

Dans le contexte mondial actuel, plusieurs problématiques environnementales préoccupent la population. Pour y répondre, le gouvernement du Canada et la Défense nationale se sont fixé des objectifs en matière de protection de l’environnement et de développement durable. Le verdissement de la Garnison Montréal en fait partie et une étude est en cours pour en évaluer les effets. 


En 2017, quelque 3 000 arbres ont été plantés sur la garnison dans le cadre de la journée de la Terre. Rappelons que ce projet communautaire avait pour objectif d’augmenter de 3 % l’indice canopée de la grande région métropolitaine pour souligner le 375e anniversaire de Montréal. Il visait aussi à léguer aux générations futures 375 000 arbres qui continueront à grandir, à embellir le paysage métropolitain et à apporter leurs nombreux bienfaits. 
En lien avec ce projet, le caporal Karine Boulay a débuté à l’été 2018, en collaboration avec le service de Conservation des ressources de la Garnison Montréal et l’université TÉLUQ, un projet de recherche dont l’objectif principal consiste à analyser l’état de santé des arbres sur la Garnison Montréal, dont ceux plantés en 2017. 

Les deux composantes du projet 

La première composante vise à comparer les données d’échantillonnage des 536 arbres inventoriés en 2012 avec les données recueillies durant l’été 2018 alors que la deuxième composante consiste à faire une analyse comparative des deux types de plantations réalisées à l’été 2017.

Les deux plantations réalisées en 2017 se distinguent quant aux formats des arbres choisis à l’origine par jour de la Terre et Soverdi, les organisations ayant coordonné la plantation. Jour de la terre a préféré planter des arbres de petites dimensions et Soverdi a choisi des arbres plus matures, variant entre 1,5 m et 2,5 m de hauteur. Lors des travaux terrain, une appréciation générale et visuelle des arbres, de leur hauteur estimée, de leur diamètre à hauteur de poitrine et de leur géolocalisation a été effectuée. De plus, une base de données photographiques de chaque arbre mature ainsi que des arbres plantés par Soverdi a été montée. 
Un spécimen de la plantation Soverdi. (Photo : courtoisie)

Depuis l’inventaire de 2012, sur les 536 arbres matures inventoriés, 68 arbres ont dû être abattus pour des raisons de santé ou en présence de mortalité (39 étaient des frênes de Pennsylvanie atteints par l’agrile du frêne). 
Quant aux nouvelles plantations de 2017, du nombre initialement planté par Soverdi, 922 arbres ont été retrouvés vivants, 310 étaient morts et six ont été coupés au niveau de la tête pour tenter de leur donner un second souffle. Entre août et septembre 2018, en constatant le nombre important d’arbres morts, Soverdi a replanté 172 nouveaux arbres. En ce qui concerne les arbres plantés par jour de la Terre, 170 arbustes de petit format ont été trouvés morts, mais 1 128 sont toujours vivants. 
Donc, sur environ 3 000 arbres plantés, il en reste un peu plus de 2 200 qui ont résisté à notre hiver froid, à la sécheresse de l’été et aux plantes envahissantes et compétitrices.  

Des résultats utiles ailleurs

Cette recherche permettra de déterminer si une ou l’autre des approches de plantation confère une meilleure santé et un meilleur taux de survie aux arbres. Cette analyse permettra également d’identifier les essences les plus résistantes. 
Les résultats de ce projet de recherche seront partagés avec les autres garnisons du Groupe de soutien de la 2e Division du Canada, les partenaires des différents paliers de gouvernement ainsi que des organismes faisant la promotion du verdissement au sein des municipalités.

Ceci permettra d’orienter les décisions vers une ou l’autre des options de plantation. Ces informations seront utiles pour mieux planifier les aménagements forestiers dans les parcs et espaces verts, et ainsi réduire les impacts des changements climatiques. La bonne gestion des arbres en milieu urbain est importante et leur présence sera toujours bénéfique.

Rappel des objectifs en matière de lutte contre les changements climatiques

-Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada 2016-2019 : un des objectifs principaux est la réduction, d’ici à 2030, de 30 % des gaz à effet de serre par rapport aux émissions de 2005. 
-Stratégie énergétique et environnementale de la Défense : le ministère de la Défense nationale (MDN) s’y engage à réduire de 40 %, d’ici 2030, ses émissions de gaz à effet de serre en provenance de l’exploitation de ses bâtiments et de son parc de véhicules commerciaux par rapport aux niveaux de 2005. Le MDN est le plus grand consommateur d’énergie au gouvernement fédéral. 

L’utilité des arbres

Au cours de l’été 2018, la grande région métropolitaine de Montréal a été frappée par plusieurs épisodes de chaleur extrême. Afin de s’adapter à ces phénomènes météorologiques qui deviendront plus intenses, la gestion des territoires, particulièrement en milieu urbain, devra davantage considérer l’aménagement d’espaces verts et de forêts urbaines. 

Les arbres nous rendent de nombreux services. Ils permettent la réduction de la température en milieu urbain, ils nous protègent contre les rayons ultra-violets et ils contribuent à la modification des vents et à l’interception de l’eau de pluie. Ils participent à la production d’oxygène, à la séquestration du dioxyde de carbone (CO2) et à la purification de l’air en interceptant les particules et autres polluants atmosphériques. 

Pour en savoir davantage : www.agrireseau.net/horticulture-pepiniere/documents/pdf891.pdf